sur mer, le vent de la miséricorde n’est mentionné qu’au singulier, comme le dit le Très-Haut : « C’est Lui qui vous fait voyager sur terre et sur mer ; lorsque vous êtes à bord des vaisseaux et qu’ils voguent grâce à un vent doux et bienfaisant, et que vous vous en réjouissez, il survient alors un vent tempétueux, et les vagues fondent sur eux de toutes parts… » (Yûnus, 22). En effet, les navires ne progressent qu’avec un vent unique venant d’une seule direction ; si les vents se multiplient autour d’eux et se font face, leur marche devient impossible. Ainsi, l’objectif recherché en mer diffère de celui poursuivi sur terre : sur mer, il faut un seul vent bienfaisant, qu’aucune brise contraire ne vienne contrecarrer ; d’où son emploi au singulier ici, alors qu’il est mis au pluriel pour la terre ferme (1).
Puis le Très-Haut a accordé à cette créature subtile – que la plus faible des créatures peut mouvoir et traverser – une puissance, une force et une vigueur telles qu’elle peut ébranler (2) les corps les plus durs et les plus résistants, les arracher à leur place, les pulvériser et même les porter sur son dos.
Considère donc : malgré sa finesse et sa légèreté, lorsque l’air pénètre, par exemple, dans une outre (3) et la remplit, puis qu’on place dessus un objet lourd – un homme (4), par exemple – et qu’on tente de l’enfoncer dans l’eau, on n’y parvient pas ; alors que si l’on dépose un bloc de fer massif et pesant à la surface de l’eau, il coule aussitôt. Ainsi, cet élément ténu a résisté à la contrainte de l’eau, là où l’élément fort et robuste n’y a pas résisté.
Par cette sagesse, Allah – exalté soit-Il – maintient les navires à flot, malgré leur poids et celui de leur cargaison ; de même, tout objet creux qui renferme de l’air ne sombre pas, parce que