Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

sur mer, le vent de la miséricorde n’est mentionné qu’au singulier, comme le dit le Très-Haut : « C’est Lui qui vous fait voyager sur terre et sur mer ; lorsque vous êtes à bord des vaisseaux et qu’ils voguent grâce à un vent doux et bienfaisant, et que vous vous en réjouissez, il survient alors un vent tempétueux, et les vagues fondent sur eux de toutes parts… » (Yûnus, 22). En effet, les navires ne progressent qu’avec un vent unique venant d’une seule direction ; si les vents se multiplient autour d’eux et se font face, leur marche devient impossible. Ainsi, l’objectif recherché en mer diffère de celui poursuivi sur terre : sur mer, il faut un seul vent bienfaisant, qu’aucune brise contraire ne vienne contrecarrer ; d’où son emploi au singulier ici, alors qu’il est mis au pluriel pour la terre ferme (1).

Puis le Très-Haut a accordé à cette créature subtile – que la plus faible des créatures peut mouvoir et traverser – une puissance, une force et une vigueur telles qu’elle peut ébranler (2) les corps les plus durs et les plus résistants, les arracher à leur place, les pulvériser et même les porter sur son dos.

Considère donc : malgré sa finesse et sa légèreté, lorsque l’air pénètre, par exemple, dans une outre (3) et la remplit, puis qu’on place dessus un objet lourd – un homme (4), par exemple – et qu’on tente de l’enfoncer dans l’eau, on n’y parvient pas ; alors que si l’on dépose un bloc de fer massif et pesant à la surface de l’eau, il coule aussitôt. Ainsi, cet élément ténu a résisté à la contrainte de l’eau, là où l’élément fort et robuste n’y a pas résisté.

Par cette sagesse, Allah – exalté soit-Il – maintient les navires à flot, malgré leur poids et celui de leur cargaison ; de même, tout objet creux qui renferme de l’air ne sombre pas, parce que

(1) Voir : Bada’iʿ al-Fawā’id, p. 206 ; et Al-Burhān d’al-Zarkashī, t. 4, p. 9. (2) Les manuscrits H, T et N portent « taqluq » ; l’exemplaire Q lit « taʿallaq ». (3) Récipient en cuir servant à contenir des boissons et assimilés. (4) Dans l’Iḥyāʾ, on lit : « al-rajulu al-qawiyy » (l’homme robuste).
في البحر فجاءت ريحُ الرَّحمة فيه بلفظ الواحد، كقوله تعالى: ﴿هُوَ الَّذِي يُسَيِّرُكُمْ فِي الْبَرِّ وَالْبَحْرِ حَتَّى إِذَا كُنْتُمْ فِي الْفُلْكِ وَجَرَيْنَ بِهِمْ بِرِيحٍ طَيِّبَةٍ وَفَرِحُوا بِهَا جَاءَتْهَا رِيحٌ عَاصِفٌ وَجَاءَهُمُ الْمَوْجُ مِنْ كُلِّ مَكَانٍ﴾ [يونس: ٢٢]؛ فإنَّ السُّفُنَ إنما تسيرُ بالرِّيح الواحدة التي تأتي من وجهٍ واحد، فإذا اختلفت الرِّياحُ على السُّفُن وتقابلت لم يتمَّ سيرُها؛ فالمقصودُ منها في البحر خلافُ المقصود منها في البرِّ، إذ المقصودُ في البحر أن تكون واحدةً طيِّبةً لا يعارضها شيء؛ فأُفرِدَت هنا وجُمِعَت في البرِّ (١). ثمَّ إنه سبحانه أعطى هذا المخلوقَ اللطيفَ الذي يحرِّكه أضعفُ المخلوقات ويَخْرِقُه، من الشدَّة والقوَّة والبأس ما يُقْلِقُ (٢) به الأجسامَ الصُّلبة القويَّة الممتنعة، ويُزعِجُها عن أماكنها، ويفتِّتها، ويحملُها على مَتْنِه. فانظر إليه مع لطافته وخفَّته إذا دخل في الزِّقِّ (٣) ــ مثلًا ــ وامتلأ به، ثمَّ وُضِعَ عليه الجسمُ الثَّقيلُ ــ كالرَّجُل (٤) وغيره ــ وتحامل عليه ليَغمِسَه في الماء لم يُطِق، وتضعُ الحديدَ الصُّلبَ الثَّقيلَ على وجه الماء فيَرسُبُ فيه؛ فامتنَع هذا اللطيفُ مِنْ قهر الماء له ولم يمتنع منه القويُّ الشديد! وبهذه الحكمة أمسك الله سبحانه السُّفنَ على وجه الماء، مع ثِقَلِها وثِقَل ما تحويه، وكذلك كلُّ مجوَّفٍ حلَّ فيه الهواء فإنه لا يَرسُبُ فيه؛ لأنَّ
(١) انظر: «بدائع الفوائد» (٢٠٦)، و «البرهان» للزركشي (٤/ ٩). (٢) (ح، ت، ن): «تقلق». (ق): «تعلق». (٣) وهو الوعاء من الجلد، يتَّخذُ للشَّراب ونحوه. (٤) في «الإحياء»: «الرجل القوي».

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