Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

ou en vent ʿâtî (« violent »), le rendant ravageur pour tout ce qu’il traverse.

Les vents, quant à eux, diffèrent selon la direction d’où ils soufflent : on distingue le Ṣabā (vent d’est), le Dabūr (vent d’ouest), le Janūb (vent du sud) et le Shamāl (vent du nord) (1). Leur utilité et leurs effets connaissent des variations bien plus grandes encore : telle brise, douce et humide, nourrit la végétation et les corps des animaux ; telle autre les dessèche ; une troisième les détruit et les abîme ; une quatrième les raffermit (2) et les durcit ; une cinquième enfin les affaiblit et les mine.

C’est pourquoi le Très-Haut parle des « vents de miséricorde » au pluriel : leurs bienfaits sont multiples et les phénomènes qu’ils provoquent sont variés. L’un soulève les nuages, un autre les féconde, un troisième les porte sur son dos, tandis qu’un dernier entretient la végétation.

Or, comme le vent varie par sa direction et sa nature, Il a assigné à chaque vent un autre vent qui lui fait contre-poids : il brise son impétuosité (3) et sa rudesse, tout en lui laissant sa douceur et sa clémence ; ainsi les vents de miséricorde sont nombreux.

Le vent du châtiment, en revanche, n’est qu’un souffle unique, envoyé d’une seule direction pour anéantir ce qu’il est chargé de détruire. Aucun autre vent ne se lève pour lui tenir tête, tempérer sa fureur ou repousser sa violence ; il est tel une armée gigantesque qu’aucune force ne saurait affronter : il dévaste tout ce qu’il atteint.

Contemple donc la sagesse, la majesté et l’éloquence du Coran : vois comme cette règle s’y vérifie de façon constante lorsqu’il s’agit de la terre ferme, tandis que

(1) Voir : Ibn Khalawayh, « Asmaʾ ar-rih » ; Abu Hilal al-ʿAskari, « at-Talkhis », 1/426 ; Ibn Qutayba, « al-Anwaʾ », p. 158 ; « al-Azmina wa-l-amkina », 2/74. (2) (T) : « tusaddiduhu » (le rectifie). (3) C’est-à-dire : elle en adoucit l’extrémité tranchante.
ومُفْسِدًا لما يمرُّ عليه. وهي مختلفةٌ في مَهابِّها، فمنها صَبًا، ودَبُورٌ، وجَنُوبٌ، وشَمال (١)، وفي منفعتها وتأثيرها= أعظمَ اختلاف؛ فريحٌ ليِّنةٌ رطبةٌ تغذِّي النَّباتَ وأبدانَ الحيوان، وأخرى تجفِّفه، وأخرى تهلكُه وتُعْطِبُه، وأخرى تَشُدُّه (٢) وتصلِّبُه، وأخرى تُوهِنُه وتضعِفُه. ولهذا يخبرُ سبحانه عن رياح الرَّحمة بصيغة الجمع؛ لاختلاف منافعها وما يحدُث منها، فريحٌ تُثِيرُ السَّحاب، وريحٌ تَلْقَحُه، وريحٌ تحملُه على متُونها، وريحٌ تغذِّي النَّبات. ولمَّا كانت الرِّيحُ مختلفةً في مَهابِّها وطبائعها جعَل لكلِّ ريحٍ ريحًا مقابِلتَها، تكسِرُ سَوْرتها (٣) وحدَّتها، وتبقي لِينَها ورحمتَها؛ فرياحُ الرَّحمة متعدِّدة. وأمَّا ريحُ العذاب، فإنه ريحٌ واحدةٌ تُرسَلُ من وجهٍ واحدٍ لإهلاك ما تُرسَلُ بإهلاكه، فلا تقومُ لها ريحٌ أخرى تقابلُها، وتكسِرُ سَوْرتها، وتدفعُ حدَّتها، بل تكونُ كالجيش العظيم الذي لا يقاومُه شيء، يدمِّرُ كلَّ ما أتى عليه. وتأمَّل حكمةَ القرآن وجلالتَه وفصاحتَه كيف اطَّرد هذا فيه في البرِّ، وأمَّا
(١) انظر: «أسماء الريح» لابن خالويه، و «التلخيص» لأبي هلال العسكري (١/ ٤٢٦)، و «الأنواء» لابن قتيبة (١٥٨)، و «الأزمنة والأمكنة» (٢/ ٧٤). (٢) (ت): «تسدده». (٣) أي: تخفِّفُ حدَّتها.

Entreprise

  • À propos
  • Tarifs
  • Pourquoi traduire ?

Support

  • Contactez-nous
  • Signaler un bug
  • Nous soutenir
  • Faire un don
  • Arène de combat IA

Suivez-nous

© 2026 Kutub. Tous droits réservés.
Conditions d'utilisationPolitique de confidentialitéCookies