Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

Parmi Ses signes les plus éclatants figure cet air subtil, maintenu prisonnier entre le ciel et la terre (1). On le saisit par le sens du toucher lorsqu’il se met à souffler ; sa substance se perçoit (2) tandis que sa forme demeure invisible. Il circule ainsi entre le ciel et la terre, les oiseaux y planant (3) et nageant de leurs ailes dans ses vagues comme les créatures marines nagent dans l’eau ; ses flancs et ses ondes s’agitent, lorsqu’il se déchaîne, à l’image des vagues de la mer.

Lorsque Dieu, exalté soit-Il, le veut, Il le met en branle par un mouvement de miséricorde : il devient alors une brise douce, une miséricorde et un heureux présage qui précède Sa grâce ; Il le fait encore féconder les nuages en les chargeant d’eau, comme le mâle féconde la femelle en la rendant enceinte.

Les vents de miséricorde portent les noms suivants : al-mubashshirât (« les annonciatrices »), an-nushur (4) (« les dispensatrices »), adh-dhâriyât (« les disséminatrices »), al-mursalât (« les envoyées »), ar-rukhâʾ (« la douce brise ») et al-lawâqiḥ (« les fécondantes »).

Quant aux vents du châtiment, on les appelle : al-ʿâṣif (« la tempétueuse ») et al-qâṣif (« la fracassante »), qui sévissent en mer, ainsi que al-ʿaqîm (« la stérile ») et aṣ-ṣarṣar (« la cinglante »), ceux-là se levant sur la terre ferme (5).

Et s’Il le veut, Il le met en mouvement pour le châtiment : il devient alors stérile, Il y loge un tourment douloureux et en fait un fléau pour qui Il veut parmi Ses serviteurs, de sorte qu’il se transforme en vent ṣarṣar (« glacial cinglant »), en vent de mauvais augure (naḥs), ou en vent ʿâtî (« violent »),

(1) Al-Ghazâlî, Ihyâʾ ʿulûm ad-dîn, vol. 4, p. 443. (2) Terme omis dans le manuscrit Qâf ; le manuscrit Tâ lit « hissahu » ; la leçon retenue suit les manuscrits Dâl, Hâ, Nûn, ainsi que l’édition de l’Ihyâʾ. (3) Les manuscrits Qâf, Dâl et Tâ portent « mukhtalifatun fîhi ». (4) Voir le verset : « Il envoie les vents annonciateurs (nushran) de Sa miséricorde » (lecture d’Abû ʿAmr) ; les deux sources citées lisent « wal-nâshirât ». (5) Rapporté d’après ʿAbd Allâh b. ʿAmr et Ibn ʿAbbâs par Ibn Abî ad-Dunyâ, Al-Matar wa-r-Raʿd wa-l-Barq wa-r-Rîh, nos 172 et 174, ainsi que par Abû Shaykh, Al-ʿAzama, nos 798, 829 et 838.
ومن آياته الباهرة: هذا الهواءُ اللطيفُ المحبوسُ بين السَّماء والأرض (١)، يُدْرَكُ بحِسِّ اللَّمس عند هُبوبه، يُدْرَكُ جسمُه (٢) ولا يُرى شخصُه، فهو يجري بين السَّماء والأرض، والطَّيرُ محلِّقةٌ فيه (٣) سابحةٌ بأجنحتها في أمواجه كما تَسْبَحُ حيواناتُ البحر في الماء، وتضطربُ جوانبُه وأمواجُه عند هَيَجانه كما تضطربُ أمواجُ البحر. فإذا شاء ﷾ حرَّكه بحركة الرَّحمة، فجعَله رُخاءً ورحمةً وبُشْرًا بين يَدَي رحمته، ولاقحًا للسَّحاب يَلْقَحُه بحَمْل الماء كما يَلْقَحُ الذَّكرُ الأنثى بالحَمْل. وتسمَّى رياحُ الرَّحمة: المبشِّرات، والنُّشُر (٤)، والذَّاريات، والمرسَلات، والرُّخاء، واللَّواقِح. ورياحُ العذاب: العاصِف، والقاصِف، وهما في البحر، والعقيم، والصَّرْصَر، وهما في البرِّ (٥). وإن شاء حرَّكه بحركة العذاب، فجعَله عقيمًا، وأودَعه عذابًا أليمًا، وجعَله نِقمةً على من يشاءُ من عباده، فيجعلُه صَرْصَرًا، ونَحْسًا، وعاتيًا،
(١) «الإحياء» (٤/ ٤٤٣). (٢) مهملة في (ق). (ت): «حسه». والمثبت من (د، ح، ن) و «الإحياء». (٣) (ق، د، ت): «مختلفة فيه». (٤) كما في قوله تعالى: ﴿يُرْسِلُ الرِّيَاحَ نُشُرًا بَيْنَ يَدَيْ رَحْمَتِهِ﴾ في قراءة أبي عمرو. وفي المصدرين التاليين: والناشرات. (٥) ورد ذلك عن عبد الله بن عمرو وابن عباس، عند ابن أبي الدنيا في «المطر والرعد والبرق والريح» (١٧٢، ١٧٤)، وأبي الشيخ في «العظمة» (٧٩٨، ٨٢٩، ٨٣٨).

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