Parmi Ses signes les plus éclatants figure cet air subtil, maintenu prisonnier entre le ciel et la terre (1). On le saisit par le sens du toucher lorsqu’il se met à souffler ; sa substance se perçoit (2) tandis que sa forme demeure invisible. Il circule ainsi entre le ciel et la terre, les oiseaux y planant (3) et nageant de leurs ailes dans ses vagues comme les créatures marines nagent dans l’eau ; ses flancs et ses ondes s’agitent, lorsqu’il se déchaîne, à l’image des vagues de la mer.
Lorsque Dieu, exalté soit-Il, le veut, Il le met en branle par un mouvement de miséricorde : il devient alors une brise douce, une miséricorde et un heureux présage qui précède Sa grâce ; Il le fait encore féconder les nuages en les chargeant d’eau, comme le mâle féconde la femelle en la rendant enceinte.
Les vents de miséricorde portent les noms suivants : al-mubashshirât (« les annonciatrices »), an-nushur (4) (« les dispensatrices »), adh-dhâriyât (« les disséminatrices »), al-mursalât (« les envoyées »), ar-rukhâʾ (« la douce brise ») et al-lawâqiḥ (« les fécondantes »).
Quant aux vents du châtiment, on les appelle : al-ʿâṣif (« la tempétueuse ») et al-qâṣif (« la fracassante »), qui sévissent en mer, ainsi que al-ʿaqîm (« la stérile ») et aṣ-ṣarṣar (« la cinglante »), ceux-là se levant sur la terre ferme (5).
Et s’Il le veut, Il le met en mouvement pour le châtiment : il devient alors stérile, Il y loge un tourment douloureux et en fait un fléau pour qui Il veut parmi Ses serviteurs, de sorte qu’il se transforme en vent ṣarṣar (« glacial cinglant »), en vent de mauvais augure (naḥs), ou en vent ʿâtî (« violent »),