Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

Il s’est fait connaître à Ses créatures de multiples façons ; Il a dressé pour eux des indices et leur a exposé des signes parfaitement évidents : « afin que périsse celui qui doit périr en pleine connaissance de cause et que vive celui qui doit vivre en pleine connaissance de cause. Allah, certes, est l’Audient, l’Omniscient » ⦗8 : 42⦘.

Dirige donc ton regard vers le ciel (1) ; contemple ses astres et leur révolution, leurs levers et leurs couchers, le soleil et la lune, la diversité de leurs points d’apparition et de disparition. Observe leur mouvement perpétuel : jamais ils ne se lassent ni ne dévient de leur course ; ils parcourent au contraire les stations qui leur ont été assignées selon un calcul précis, sans excès ni défaut, jusqu’à ce que Celui qui les a créés et façonnés les replie.

Considère la multitude de ses étoiles, la variété de leurs couleurs et de leurs dimensions : certaines tirent sur le rouge, d’autres sur le blanc, d’autres encore présentent une nuance plombée.

Porte ensuite ton attention sur la course annuelle du soleil dans son orbite ; remarque aussi qu’il se lève et se couche chaque jour selon la trajectoire que son Créateur lui a tracée, sans jamais la dépasser ni y manquer. Sans ce lever et ce coucher, nul n’aurait connu la nuit ni le jour, ni les horaires ; les ténèbres (2) ou la lumière couvriraient le monde, et le temps du travail ne se distinguerait plus de celui du sommeil et du repos.

Vois enfin comment le Puissant, l’Omniscient, lui a assigné deux grands voyages : le premier est son ascension jusqu’à son zénith (3).

(1) Ihya’ ‘ulum ad-din, t. 4, p. 445. (2) Le manuscrit signalé par la lettre (T) porte : «wa-la nutbiq az-zulma» («et nous ne refermons pas l’obscurité»). Le texte imprimé suit les autres copies et l’édition de l’Ihya’. (3) al-awj : la hauteur. Terme arabisé du persan «awg» (gâf persan). Cf. Burhan qati‘, 1/181 ; Mafatih al-‘ulum, p. 221 ; Al-alfaz al-farsiyya, Adi Shir, p. 13. Al-Khafaji, dans Shifa’ al-‘alil, p. 15, suivi par al-Muhibbi, Qasd as-sabil, 1/222, le rapproche du persan «awod». Shaykhuna al-Islahi juge cette étymologie fautive : «awod» signifie «courbure» en persan.
لقد تعرَّف إلى خَلْقه بأنواع التَّعرُّفات، ونَصَب لهم الدَّلالات، وأوضحَ لهم الآيات البيِّنات؛ ﴿لِيَهْلِكَ مَنْ هَلَكَ عَنْ بَيِّنَةٍ وَيَحْيَى مَنْ حَيَّ عَنْ بَيِّنَةٍ وَإِنَّ اللَّهَ لَسَمِيعٌ عَلِيمٌ﴾ [الأنفال: ٤٢]. * * * فارجِع البصرَ إلى السَّماء (١) وانظر فيها وفي كواكبها ودورانها، وطلوعها وغروبها، وشمسها وقمرها، واختلاف مشارقها ومغاربها، ودُؤوبها في الحركة على الدَّوام مِنْ غير فُتورٍ في حركتها ولا تغيُّرٍ في سَيْرها، بل تجري في منازل قد رُتِّبت لها بحسابٍ مقدَّرٍ لا يزيدُ ولا ينقصُ إلى أن يَطْوِيها فاطرُها وبديعُها. وانظر إلى كثرة كواكبها، واختلاف ألوانها ومقاديرها، فبعضُها يميل إلى الحُمْرة، وبعضُها إلى البياض، وبعضُها إلى اللون الرَّصاصيِّ. ثمَّ انظر إلى مسير الشمس في فَلَكها في مدَّة سنة، ثمَّ هي في كلِّ يومٍ تطلعُ وتغربُ بسَيرٍ سخَّرها له خالقُها، لا تتعدَّاه ولا تَقْصُرُ عنه، ولولا طلوعُها وغروبها لما عُرِفَ الليلُ والنهارُ ولا المواقيت، ولأطبقَ الظلامُ (٢) على العالم أو الضياء، ولم يتميَّز وقتُ المَعاش عن وقت السُّبات والراحة. وكيف قدَّر لها العزيزُ العليمُ سَفَرين متباعدَين: أحدهما: سفرُها صاعدةً إلى أوْجِها (٣).
(١) «الإحياء» (٤/ ٤٤٥). (٢) (ت): «ولا نطبق الظلام». والمثبت من باقي النسخ و «الإحياء». (٣) الأوج: العُلو. معرَّب «أوگ» بالكاف الفارسية. انظر: «برهان قاطع» (١/ ١٨١)، و «مفاتيح العلوم» (٢٢١)، و «الألفاظ الفارسية» لأدي شير (١٣). وذهب الخفاجي في «شفاء العليل» (١٥) وتبعه المحبِّي في «قصد السبيل» (١/ ٢٢٢) إلى أنه معرَّب «أود». قال شيخنا الإصلاحي: وهو خطأ. و «أود» بالفارسية تعني العِوَج.

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