Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

vers l’odorat, comme olfaction, et vers chaque sens selon sa nature ; tel est ce qu’il y a de plus subtil dans ce que produit la nourriture. Une part est ensuite acheminée vers le cerveau, proportionnée à sa finesse et à son équilibre ; le reste se répartit vers les organes par ces mêmes conduits, chacun selon ses besoins, tandis qu’une part gagne les os, les cheveux et les ongles afin de les nourrir et de les préserver.

Ainsi, la nourriture pénètre dans l’estomac par divers chemins et canaux, puis en ressort vers les membres par d’autres chemins et canaux : celle-ci y afflue, celle-là en émane — sagesse parfaite et grâce incommensurable.

Or, lorsque l’aliment, après transformation dans l’estomac, se convertit en sang, en bile noire, en bile jaune et en flegme (1), Sa sagesse — exalté soit-Il — a voulu que chaque humeur dispose d’un réceptacle où elle s’écoule et s’accumule, et que seules les parties les plus parfaites soient envoyées vers les organes nobles. Il a donc assigné la vésicule biliaire comme déversoir pour la bile jaune, la rate comme dépôt pour la bile noire, tandis que le foie absorbe ce qu’il y a de plus noble, à savoir le sang ; puis il le distribue à tout le corps par une veine unique qui se ramifie en de nombreux conduits, apportant à chaque poil, nerf, os et vaisseau ce qui assure sa cohésion.

Puis, si tu considères ce qu’il renferme (2) de forces internes et externes, différentes dans

(1) Il s’agit des quatre humeurs du corps, dont les Anciens pensaient que le tempérament — c’est-à-dire la disposition physique et mentale propre à chacun — résulte du mélange ; une parfaite santé suppose leur équilibre, tandis que tout excès ou déficit par rapport à cette mesure introduit la maladie. Voir : Al-Muʿjam al-Wasit, entrée « mazaja », et les références pp. 714, 741, 780 et 1285. (2) C’est-à-dire : l’être humain.
شمًّا وإلى كلِّ حاسَّةٍ بحسبها، فهذا ألطفُ ما يتولَّدُ عن الغذاء، ثمَّ ينبعثُ منه إلى الدِّماغ ما يناسبُه في اللَّطافة والاعتدال، ثمَّ ينبعثُ من الباقي إلى الأعضاء في تلك المجاري بحسبها، وينبعثُ منه إلى العظام والشَّعر والأظفار ما يغذِّيها ويحفظُها. فيكونُ الغذاءُ داخلًا إلى المعدة من طُرقٍ ومَجارٍ، وخارجًا منها إلى الأعضاء من طُرقٍ ومَجارٍ؛ هذا واردٌ إليها وهذا صادرٌ عنها؛ حكمةٌ بالغةٌ ونعمةٌ سابغة. ولما كان الغذاءُ إذا استحال في المعدة استحال دمًا ومِرَّةً سوداءَ ومِرَّةً صفراءَ وبَلْغمًا (١)، اقتضت حكمتُه ﷾ أن جَعَل لكلِّ واحدٍ من هذه الأخلاط مَصرِفًا ينصبُّ إليه ويجتمعُ فيه، ولا ينبعثُ إلى الأعضاء الشريفة إلا أكملُه؛ فوضع المَرارةَ مَصَبًّا للمِرَّة الصَّفراء، ووضع الطِّحالَ مقرًّا للمِرَّة السَّوداء، والكبدُ تمتصُّ أشرفَ ما في ذلك، وهو الدَّم، ثمَّ تبعثُه إلى جميع البدن من عِرقٍ واحدٍ ينقسمُ على مجارٍ كثيرة، يوصِلُ إلى كلِّ واحدٍ من الشُّعور والأعصاب والعظام والعروق ما يكونُ به قِوامُه. ثمَّ إذا نظرتَ إلى ما فيه (٢) من القُوى الباطنة والظَّاهرة المختلفة في
(١) وهي أخلاطُ البدن الأربعة، التي كان يعتقد القدماءُ أن البدن ينشأ مِزَاجُه ــ وهو الاستعدادُ الجسميُّ العقليُّ الخاصُّ ــ عنها، فمن اعتدلت فيه كَمُلَت صحَّته، وبقدر الزيادة والنقصان فيها عن حدِّ الاعتدال يدخل السَّقم. انظر: «المعجم الوسيط» (مزج)، وما يأتي (ص: ٧١٤، ٧٤١، ٧٨٠، ١٢٨٥). (٢) أي: الإنسان.

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