où elle se rassemble. Il présente deux portes : une porte supérieure par laquelle la nourriture entre, et une porte inférieure par laquelle s’évacue son résidu⦗1⦘. La porte supérieure est plus large que l’inférieure, car la première est l’orifice d’entrée de ce qui est utile, tandis que la seconde est l’exutoire de ce qui est nuisible. La porte inférieure reste constamment fermée afin que l’aliment demeure en place ; lorsque la digestion s’achève, elle s’ouvre jusqu’à la fin de l’expulsion, raison pour laquelle on la nomme « le portier ». Quant à la porte supérieure, on l’appelle la bouche de l’estomac. La nourriture descend dans l’estomac sous forme comprimée⦗2⦘ ; une fois installée, elle se dilue et se dissout.
Une chaleur ardente entoure l’estomac, de l’intérieur comme de l’extérieur, parfois plus intense encore que le feu lui-même ; c’est elle qui y cuit la nourriture, comme le feu qui enveloppe une marmite. Cette chaleur fait fondre même les matières dures, tels des cailloux, jusqu’à les rendre liquides ; quand la fusion est accomplie, la partie la plus pure remonte à la surface tandis que les impuretés se déposent au fond.
De l’estomac partent des vaisseaux reliés à l’ensemble du corps ; ils transmettent à chaque membre ce qui lui convient⦗3⦘ et assure sa cohésion selon sa prédisposition et sa capacité de réception. Ce qu’il y a de plus noble, de plus subtil et de plus léger est envoyé vers les esprits⦗4⦘ ; il se dirige⦗5⦘ vers la vue et devient vision, vers l’ouïe et devient audition, vers l’odorat.