Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

où elle se rassemble. Il présente deux portes : une porte supérieure par laquelle la nourriture entre, et une porte inférieure par laquelle s’évacue son résidu⦗1⦘. La porte supérieure est plus large que l’inférieure, car la première est l’orifice d’entrée de ce qui est utile, tandis que la seconde est l’exutoire de ce qui est nuisible. La porte inférieure reste constamment fermée afin que l’aliment demeure en place ; lorsque la digestion s’achève, elle s’ouvre jusqu’à la fin de l’expulsion, raison pour laquelle on la nomme « le portier ». Quant à la porte supérieure, on l’appelle la bouche de l’estomac. La nourriture descend dans l’estomac sous forme comprimée⦗2⦘ ; une fois installée, elle se dilue et se dissout.

Une chaleur ardente entoure l’estomac, de l’intérieur comme de l’extérieur, parfois plus intense encore que le feu lui-même ; c’est elle qui y cuit la nourriture, comme le feu qui enveloppe une marmite. Cette chaleur fait fondre même les matières dures, tels des cailloux, jusqu’à les rendre liquides ; quand la fusion est accomplie, la partie la plus pure remonte à la surface tandis que les impuretés se déposent au fond.

De l’estomac partent des vaisseaux reliés à l’ensemble du corps ; ils transmettent à chaque membre ce qui lui convient⦗3⦘ et assure sa cohésion selon sa prédisposition et sa capacité de réception. Ce qu’il y a de plus noble, de plus subtil et de plus léger est envoyé vers les esprits⦗4⦘ ; il se dirige⦗5⦘ vers la vue et devient vision, vers l’ouïe et devient audition, vers l’odorat.

(1) Le terme thufl désigne le dépôt d’impuretés qui se fixe au fond de toute substance ; cf. Lisân (entrée th-f-l). (2) Le ms. T lit « mutamallisan », les mss. Q et D « mutalammisan » (avec la mention « sic » en fine écriture dans D), et le ms. N « mutakîmusan ». Le mot kîmus, d’origine syriaque, signifie « mélange » ou « quintessence alimentaire » ; cf. al-Takmila d’al-Saghânî (rac. k-m-s), Lisân et le Muʿjam wasîṭ. Ce sens ne paraît toutefois pas visé ici. (3) Ms. T : « chaque vaisseau sanguin et chaque membre ». (4) Il s’agit de corpuscules subtils qui véhiculent les forces vitales et ne sont pas l’âme proprement dite ; voir al-Mûjaz d’Ibn al-Nafîs, p. 68, et Zâd al-Maʿâd, IV, 17 et 225. (5) Leçons divergentes : Q, T « fa-yabʿathu » ; N porte « baṣar… samʿ… sham » avec les mots au nominatif.
اجتماعه، ولها بابان: بابٌ أعلى يدخلُ منه الطَّعام، وبابٌ أسفلُ يخرجُ منهُ ثُفْلُه (١)، والبابُ الأعلى أوسعُ من الأسفل؛ إذ الأعلى مَدْخلٌ للحاصل، والأسفلُ مَصْرِفٌ للضَّارِّ منه، والأسفلُ منطبقٌ دائمًا ليستقرَّ الطعامُ في موضعه، فإذا انتهى الهضمُ فإن ذلك الباب ينفتحُ إلى انقضاء الدَّفع، ويسمَّى البوَّابَ لذلك، والأعلى يسمَّى فمَ المعدة، والطعامُ ينزلُ إلى المعدة مُنْكبِسًا (٢)، فإذا استقرَّ فيها انماعَ وذاب. ويحيطُ بالمعدة مِن داخلها وخارجها حرارةٌ ناريَّة، بل ربما تزيدُ على حرارة النَّار، ينضجُ بها الطعامُ فيها كما ينضجُ الطعامُ في القِدر بالنَّار المحيطة به، ولذلك تذيبُ ما هو مستحجِرٌ كالحصى وغيره، حتى تتركه مائعًا، فإذا أذابتهُ علا صَفْوُه إلى فوق، ورَسَا كدرُه إلى أسفل. ومن المعدة عروقٌ متصلةٌ بسائر البدن يُبْعَثُ فيها معلومُ كلِّ عضوٍ (٣) وقِوامُه بحسب استعداده وقبوله، فيُبْعَثُ أشرفُ ما في ذلك وألطفُه وأخفُّه إلى الأرواح (٤)؛ فينبعثُ (٥) إلى البصر بصرًا وإلى السَّمع سمعًا وإلى الشمِّ
(١) ثُفْلُ كلِّ شيء: ما استقرَّ تحته من كَدَرِه. «اللسان» (ثفل). (٢) (ت): «متملسا». (ق، د): «متلمسا»، وفوقها في (د) بخطٍّ دقيق: «كذا». (ن): «متكيمسا». والكيموس: لفظٌ سرياني، يعني: الخِلْط. والمراد به: الخلاصة الغذائية. انظر: «التكملة» للصغاني (كمس)، و «اللسان»، و «المعجم الوسيط». ولا يظهر أنه المقصود هنا. (٣) (ت): «كل عرق وعضو». (٤) وهي أجسامٌ لطيفةٌ تحمل القوى، وليست النفس. انظر: «الموجز» لابن النفيس (٦٨)، و «زاد المعاد» (٤/ ١٧، ٢٢٥). (٥) (ق، ت): «فيبعث». وفي (ن): «بصر ... سمع ... شم» بالرفع.

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