Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

Une autre faction les contesta sur ce point et affirma : « L’origine de ces sens se trouve exclusivement dans le cerveau. » Elle nia qu’il existe entre le cœur et l’œil, l’oreille ou le nez des nerfs ou des vaisseaux, déclarant qu’une telle affirmation est un mensonge à l’égard de la création.

La position correcte consiste à ménager une voie médiane entre les deux camps : du cœur jaillit bel et bien une force qui atteint ces sens, mais il s’agit d’une force immatérielle qui n’a nul besoin, pour parvenir jusqu’à eux, de canaux ou de nerfs particuliers chargés de la transporter. La transmission des facultés à ces sens et à ces membres ne dépend que de leur réceptivité, de leur préparation et de l’approvisionnement du cœur, non de conduits ni de nerfs.

Ainsi se dissipe la confusion qui régnait dans ce domaine, où les discussions se sont prolongées et les polémiques multipliées. Allah sait mieux et c’est par Lui que l’on est guidé vers la justesse.

Notre intention n’est que de signaler la moindre parcelle des innombrables manifestations de sagesse qui se révèlent dans la création de l’être humain ; en réalité, la chose est d’un nombre d’exponentielles⦗1⦘ supérieur à tout ce qui peut effleurer l’esprit ou se dire par la langue. Si nous avons évoqué cette bribe – qui n’est presque rien au regard de ce qui la dépasse – c’est uniquement pour éveiller l’attention.

Que le serviteur se penche simplement sur sa nourriture : son entrée, son séjour et sa sortie, et il y contemplera leçons et merveilles. Voyez comment un instrument lui est donné pour la saisir, puis une porte par laquelle elle pénètre ; comment un dispositif la découpe en menues portions, puis un moulin la broie ; comment l’eau vient ensuite l’amalgamer ; comment enfin un conduit et un passage ont été ménagés, tout contre la voie respiratoire, de sorte que l’un descend tandis que l’autre monte, sans jamais se rencontrer malgré leur extrême proximité.

Puis des replis⦗2⦘ et des chemins ont été disposés pour la conduire jusqu’à l’estomac ; celui-ci est son grenier et le lieu

(1) Passage absent des manuscrits H, Q et T. (2) Il s’agit ici d’al-mariʾ (l’œsophage). Le mot al-ḥawāyā renvoie aux intestins ; voir Lisān al-ʿArab, entrée ḥ-w-y.
ونازعهم في ذلك طائفةٌ أخرى، وقالوا: مبدأ هذه الحواسِّ إنما هو الدِّماغ، وأنكروا أن يكون بين القلب والعين والأذن والأنف أعصابٌ أو عُروق، وقالوا: هذا كذبٌ على الخِلْقَة. والصوابُ التوسُّطُ بين الفريقين، وهو أنَّ القلب ينبعثُ منه قوَّةٌ إلى هذه الحواسِّ، وهي قوَّةٌ معنويةٌ لا تحتاجُ في وصولها إليها إلى مَجَارٍ مخصوصةٍ وأعصابٍ تكونُ حاملةً لها؛ فإنَّ وصول القُوى إلى هذه الحواسِّ والأعضاء لا تتوقَّفُ إلا على قبولها واستعدادها وإمداد القلب، لا على مَجَارٍ وأعصاب. وبهذا يزولُ الالتباسُ في هذا المقام الذي طال فيه الكلام، وكَثُر فيه النزاعُ والخصام، والله أعلم، وبه التوفيقُ للصَّواب. والمقصودُ التنبيهُ على أقلِّ القليل من وجوه الحكمة التي في خَلْقِ الإنسان، والأمرُ أضعافُ أضعاف (١) ما يخطرُ بالبال، أو يجري في المقال، وإنما فائدةُ ذكر هذه الشَّذْرَة ــ التي هي كَلا شيءٍ بالنسبة إلى ما وراءها ــ التنبيه. وإذا نظر العبدُ إلى غذائه فقط، في مَدْخَله ومستقرِّه ومخرجه، رأى فيه العِبَر والعجائب؛ كيف جُعِلَت له آلةٌ يتناولُه بها، ثم بابٌ يَدْخُل منه، ثمَّ آلةٌ تقطِّعُه صغارًا، ثمَّ طاحونٌ يطحنُه، ثمَّ أُعِينَ بماءٍ يعجنُه، ثمَّ جُعِل له مجرًى وطريقٌ إلى جانب مجرى النَّفَس، ينزلُ هذا ويصعدُ هذا، فلا يلتقيان مع غاية القُرب. ثمَّ جَعَل له حوايا (٢) وطرقًا تُوصِلُه إلى المعدة، فهي خِزانتُه وموضعُ
(١) ليست في (ح، ق، ت). (٢) يريد: المريء. والحوايا: الأمعاء. «اللسان» (حوا).

Entreprise

  • À propos
  • Tarifs
  • Pourquoi traduire ?

Support

  • Contactez-nous
  • Signaler un bug
  • Nous soutenir
  • Faire un don
  • Arène de combat IA

Suivez-nous

© 2026 Kutub. Tous droits réservés.
Conditions d'utilisationPolitique de confidentialitéCookies