Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

Un premier groupe a soutenu que le cerveau est froid uniquement afin de refroidir la chaleur qui se trouve dans le cœur, pour la ramener de l’excès à l’équilibre.

Un second groupe a réfuté cette thèse (1) et a déclaré : « Si cela était vrai, le cerveau ne serait pas éloigné du cœur ; il devrait plutôt l’envelopper, comme les poumons, ou au moins se trouver tout près de lui dans la poitrine, afin d’en briser l’ardeur. »

Le premier groupe répliqua : « L’éloignement du cerveau par rapport au cœur n’ôte rien à la sagesse que nous avons exposée ; car s’il s’en approchait, la chaleur du cœur, par sa vigueur, le dominerait. On a donc instauré entre eux une distance telle qu’ils ne se corrompent pas mutuellement, et que la qualité de chacun soit équilibrée (2) par celle de l’autre. Il n’en va pas de même des poumons, qui ne sont qu’un instrument destiné à éventer le cœur et non à modérer sa chaleur. »

Un troisième groupe adopta une position médiane et dit : « Le cerveau est bien chaud, mais d’une chaleur atténuée ; il possède par nature un pouvoir rafraîchissant, car il constitue le siège de l’intellect (al-dhihn). Or l’intellect a besoin d’un lieu calme, stable, exempt d’impuretés (3) et de troubles, éloigné de tout tumulte et vacarme (4). »

C’est pourquoi la réflexion, la réminiscence et la découverte de la vérité s’épanouissent lorsque le corps est au repos, que ses mouvements se relâchent et que ses préoccupations et sollicitations sont rares. Le cœur ne convenait donc pas à cette fonction, tandis que le cerveau, grâce à son tempérament équilibré, y est parfaitement apte.

Ainsi, ces facultés excellent la nuit et dans les lieux retirés, et se détériorent

(1) Le manuscrit T porte : « cette opinion ». (2) Le manuscrit T porte : « et elle rectifie ». (3) Le manuscrit H porte : « les impuretés ». (4) Il s’agit ici de l’élévation de la voix ; les manuscrits D, Q et T donnent « wal-dakhl » (l’intrusion), leçon corrompue.
فقالت طائفة: إنما كان الدِّماغُ باردًا لتبريد الحرارة التي في القلب؛ ليردَّها عن الإفراط إلى الاعتدال. وردَّت طائفةٌ هذا (١)، وقالت: لو كان كذلك لم يكن الدِّماغُ بعيدًا عن القلب، بل كان ينبغي أن يحيط به كالرِّئة، أو يكون قريبًا منه في الصَّدر؛ ليكسِرَ حرارتَه. قالت الفرقةُ الأولى: بُعْدُ الدِّماغ من القلب لا يمنعُ ما ذكرناه من الحكمة؛ لأنه لو قَرُبَ منه لغلبَته حرارةُ القلب بقوَّتها، فجُعِلَ البُعدُ بينهما بحيثُ لا يتفاسَدان، وتعتدل (٢) كيفيةُ كلِّ واحدٍ منهما بكيفية الآخر، وهذا بخلاف الرِّئة، فإنها آلةٌ للتَّرويح على القلب لم تُجْعَل لتعديل حرارته. وتوسَّطت فرقةٌ أخرى وقالت: بل المخُّ حارٌّ لكنه فاترُ الحرارة، وفيه تبريدٌ بالخاصيَّة، فإنه مبدأٌ للذهن، ولهذا كان الذِّهنُ يحتاجُ إلى موضعٍ ساكنٍ قارٍّ، صافٍ عن الأقذاء (٣) والكَدَر، خالٍ من الجَلَبة والزَّجَل (٤). ولذلك تكونُ جودةُ الفِكْر والتذكُّرُ واستخراجُ الصَّواب عند سكون البدن، وفُتور حركاته، وقلَّة شواغله ومزعجاته، ولذلك لم يصلُح لها القلب، وكان الدِّماغُ معتدلًا في ذلك صالحًا له. ولذلك تجودُ هذه الأفعالُ في الليل، وفي المواضع الخالية، وتفسُد
(١) (ت): «هذا القول». (٢) (ت): «وتعدل». (٣) (ح): «الأقذار». (٤) وهو رفع الصوت. وفي (د، ق، ت): «والدخل»، تحريف.

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