Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

Parmi les merveilles de Sa création figure encore tout ce qu’elle renferme d’organes invisibles : le cœur, le foie, la rate, les poumons, les intestins, la vessie, et tout ce que recèle son intérieur (1) comme mécanismes prodigieux, dotés de forces multiples et aux utilités diverses.

Quant au cœur, il est le roi qui fait œuvre de l’ensemble (2) des instruments du corps et les met à son service. Il est cerné par eux, servi d’eux, trônant au centre ; il est l’organe le plus noble, sur lequel repose la vie. De lui jaillissent l’âme vitale (3) et la chaleur innée ; il est la source de l’intelligence, du savoir, de la mansuétude, du courage, de la générosité, de la patience et de l’endurance, de l’amour et de la volonté, de la satisfaction et de la colère, ainsi que de toutes les qualités de perfection.

Tous les membres, apparents ou cachés, avec leurs facultés, ne sont que des soldats du cœur. L’œil est son éclaireur et son guide : il met à découvert pour lui les réalités visibles ; dès qu’il voit quelque chose, il le lui transmet. Tant le lien est fort entre eux que, quand quelque chose s’établit dans le cœur, cela se trahit dans l’œil : il est son miroir, révélant à l’observateur ce qu’il porte en lui (4). De même, la langue est son interprète, transmettant à l’ouïe ce qu’il contient.

C’est pourquoi Allah, exalté soit-Il, associe souvent ces trois facultés (5) dans Son Livre, comme lorsqu’Il dit : « En vérité, l’ouïe, la vue et le cœur : à propos de tout cela, l’homme sera interrogé » [Al-Isrâ’ 17 : 36] ; ou encore : « Nous leur avons accordé l’ouïe, la vue et des cœurs » [Al-Ahqâf 46 : 26] ; et : « Sourds, muets, aveugles » [Al-Baqarah 2 : 18].

(1) Les manuscrits T et Q lisent « batnuhu » (son ventre). (2) Les manuscrits D, Q et T portent « al-mushtaghil bi-jamī‘ » (occupé par l’ensemble) ; il semblerait toutefois qu’il faille lire « al-mustaghil » – avec un sīn non pointé. (3) Les manuscrits Q, T et D donnent « ar-rūḥānī » (spirituel), mais la leçon adoptée dans le texte est la correcte. Cf. Ayman al-Qurʾān, p. 592-594, et Zād al-Maʿād, t. 4, p. 17. (4) Voir supra, p. 290, ainsi que le commentaire afférent. (5) Cf. Ayman al-Qurʾān, p. 614.
ومن عجائب خَلقِه ما فيه من الأمور الباطنة التي لا تشاهَد؛ كالقلب والكبد والطِّحال والرِّئة والأمعاء والمَثانة، وسائر ما في باطنه (١) من الآلات العجيبة، والقُوى المتعدِّدة المختلفة المنافع. فأما القلبُ، فهو الملكُ المستعمِلُ لجميع (٢) آلات البدن، المستخدِمُ لها، فهو محفوفٌ بها مَحْشودٌ مَخْدومٌ مستقرٌّ في الوسط، وهو أشرفُ أعضاء البدن، وبه قِوامُ الحياة، وهو منبعُ الرُّوح الحيوانيِّ (٣) والحرارة الغريزيَّة، وهو معدنُ العقل والعلم والحلم، والشجاعة والكرم والصَّبر والاحتمال، والحبِّ والإرادة، والرضا والغضب، وسائر صفات الكمال. فجميعُ الأعضاء الظَّاهرة والباطنة وقُواها إنما هي جُندٌ من أجناد القلب؛ فإنَّ العينَ طليعتُه ورائدُه الذي يكشفُ له المرئيَّات، فإن رأت شيئًا أدَّتهُ إليه، ولشدَّة الارتباط الذي بينها وبينه إذا استقرَّ فيه شيءٌ ظهر فيها، فهي مرآتُه المترجِمةُ للناظر ما فيه (٤)، كما أنَّ اللسانَ تَرْجُمانُه المؤدِّي للسَّمع ما فيه. ولهذا كثيرًا ما يقرنُ سبحانه في كتابه بين هذه الثَّلاث (٥)، كقوله: ﴿إِنَّ السَّمْعَ وَالْبَصَرَ وَالْفُؤَادَ كُلُّ أُولَئِكَ كَانَ عَنْهُ مَسْئُولًا﴾ [الإسراء: ٣٦]، وقوله: ﴿وَجَعَلْنَا لَهُمْ سَمْعًا وَأَبْصَارًا وَأَفْئِدَةً﴾ [الأحقاف: ٢٦]، وقوله: ﴿صُمٌّ بُكْمٌ عُمْيٌ﴾ [البقرة: ١٨].
(١) (ت، ق): «بطنه». (٢) (د، ق، ت): «المشتغل بجميع». ولعلها: «المستغل»، بالمهملة. (٣) (ق، ت، د): «الروحاني». والصواب المثبت. انظر: «أيمان القرآن» (٥٩٢، ٥٩٤)، و «زاد المعاد» (٤/ ١٧). (٤) انظر ما مضى (ص: ٢٩٠) والتعليق عليه. (٥) انظر: «أيمان القرآن» (٦١٤).

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