Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

d’un seul os, ce serait un préjudice pour l’homme, au point qu’il faudrait l’extraire (1) ; et s’il en manquait un seul, il s’agirait d’une déficience qu’il conviendrait de réparer.

Le médecin examine ces os et la manière dont ils sont assemblés afin de connaître la voie du traitement qui permettra de les remettre, tandis que le connaissant contemple ces mêmes os pour y reconnaître la grandeur de Celui qui les a façonnés et créés, Sa sagesse, Sa science et Sa bienveillance subtile. Quelle distance entre ces deux regards !

Puis, – exalté soit-Il – Il a relié ces membres et ces parties par des ligaments ; Il les a ainsi solidement attachés, les rendant pareils à des pieux (2) qui les soutiennent et les protègent, si bien que leur nombre atteint cinq cent vingt-neuf ligaments (3). Ceux-ci diffèrent par leur épaisseur ou leur finesse, leur longueur ou leur brièveté, leur rectitude ou leur courbure, selon la diversité de leurs emplacements et de leurs points d’insertion.

Il a destiné vingt-quatre de ces ligaments à l’œil : ce sont eux qui assurent son mouvement, son ouverture, sa fermeture et la vision ; s’il manquait ne fût-ce qu’un seul de ces ligaments, l’œil serait déréglé. De la même façon (4), chaque membre possède des ligaments qui sont pour lui comme des instruments grâce auxquels il se meut, agit et accomplit toutes ses fonctions.

Telle est l’œuvre du Seigneur, le Sage, le décret du Tout-Puissant, l’Omniscient, à partir d’une simple goutte d’eau méprisable. Malheur aux négateurs, et loin soient les ingrats !

Parmi les merveilles de Sa création, Il a placé dans la tête trois réceptacles communiquant les uns avec les autres : un à l’avant, un au centre et un à l’arrière ; Il a déposé dans ces réservoirs, parmi Ses secrets, la mémoire, la réflexion et la faculté de raisonner.

(1) Le manuscrit N lit «qata‘ahu» («le couper»). (2) Les copies de base portent «ka-l-awtar» («comme des cordes»), mais la leçon adoptée dans l’édition paraît plus juste. (3) Les manuscrits Q et H donnent «balagha addaha» («leur nombre a atteint»). (4) Les manuscrits Q, T et D ont «wa hadha» («et ceci»).
عظمًا واحدًا لكان مَضرَّةً على الإنسان يحتاجُ إلى قَلْعِه (١)، ولو نقصت عظمًا واحدًا كان نقصانًا يحتاجُ إلى جَبْره. فالطَّبيبُ ينظرُ في هذه العظام وكيفية تركيبها ليعرفَ وجه العلاج في جَبْرِها، والعارفُ ينظرُ فيها ليستدلَّ بها على عظمة باريها وخالقها، وحكمته وعلمه ولُطْفِه. وكم بين النظرَين! ثمَّ إنه سبحانه رَبَط تلك الأعضاء والأجزاءَ بالرِّباطات، فشدَّ بها أسْرَها، وجعلها كالأوتاد (٢) تمسكُها وتحفظها، حتى بلغ عددُها (٣) إلى خمس مئةٍ وتسعةٍ وعشرين رباطًا، وهي مختلفةٌ في الغِلَظِ والدِّقَّة، والطُّول والقِصَر، والاستقامة والانحناء، بحسب اختلاف مواضعها ومَحَالِّها. فجعل منها أربعةً وعشرين رباطًا آلةً لتحريك العين وفَتحِها وضمِّها وإبصارها، لو نقصت منهنَّ رباطًا واحدًا اختلَّ أمرُ العين، وهكذا (٤) لكلِّ عضوٍ من الأعضاء رباطاتٌ هي له كالآلات التي بها يتحرَّكُ ويتصرَّفُ ويفعلُ كلَّ ذلك. صُنْعَ الرَّبِّ الحكيم، وتقديرَ العزيز العليم، في قطرةٍ من ماءٍ مَهين، فويلٌ للمكذِّبين، وبُعدًا للجاحدين. ومن عجائب خَلقِه أنه جَعَل في الرأس ثلاثَ خزائنَ نافذًا بعضُها إلى بعض؛ خِزانةً في مُقَدَّمه، وخِزانةً في وسطه، وخِزانةً في آخره، وأودع تلك الخزائنَ من أسراره ما أودَعها من الذِّكر والفِكر والتعقُّل.
(١) (ن): «قطعه». (٢) في الأصول: «كالأوتار». والمثبت أشبه. (٣) (ق، ح): «بلغ عدها». (٤) (ق، ت، د): «وهذا».

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