Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

, la moustache au-dessus et, au-dessous, la petite touffe (ʿanfaqa) qui s’étend entre la lèvre inférieure et le menton.

De même, considérez la création — exalté soit-Il — des deux mains, outil du serviteur, son arme, son principal capital et son gagne-pain (1). Il les a allongées afin qu’elles puissent atteindre n’importe quelle partie de son corps, et Il a élargi la paume pour qu’elle soit apte à saisir et à relâcher. Il l’a partagée en cinq doigts, a subdivisé chacun d’eux en trois phalanges, sauf le pouce qui en compte deux, et Il a placé les quatre doigts d’un côté et le pouce de l’autre, de sorte que celui-ci puisse pivoter autour de tous les autres. Les mains se présentent ainsi dans la disposition la plus parfaite, propre à la préhension, à l’ouverture, à la fermeture et à l’exécution des tâches. Si les premiers et les derniers des hommes s’unissaient pour imaginer, à force de réflexions affinées, une autre configuration pour les doigts, ils en seraient incapables.

Qu’Il soit donc exalté ! Car, s’Il l’avait voulu, Il aurait pu les aplanir et en faire une seule plaque semblable à une feuille de métal ; le serviteur aurait alors été incapable de s’acquitter de ses intérêts, de la diversité de ses gestes, des métiers de haute précision, de la calligraphie et de bien d’autres choses. Lorsqu’il étend ses doigts, ceux-ci deviennent une surface sur laquelle il dépose ce qu’il veut ; lorsqu’il les resserre et les ferme, ils se transforment en une massue (2), instrument de frappe ; lorsqu’il les maintient à mi-chemin entre l’ouverture et la fermeture, ils font office de cuillère avec laquelle il prélève et retient ce qu’il souhaite.

Il a en outre fixé les ongles à l’extrémité des doigts comme parure, soutien (3) et protection, afin que l’on puisse, grâce à eux, saisir les objets minuscules que la pulpe du doigt ne peut atteindre. Il en a fait une arme pour d’autres animaux et pour les oiseaux, un moyen de subsistance pour eux, et Il a voulu que l’être humain puisse, au besoin, se gratter le corps avec eux. Ainsi, l’ongle, le plus petit et le plus insignifiant des membres : que l’homme en soit privé, et qu’une démangeaison vienne alors à le tourmenter

(1) Les manuscrits H et N portent : « et le capital de sa subsistance ». (2) Le terme dabus désigne une massue à tête renflée ; voir plus loin, p. 1035. (3) Les manuscrits D, Q et T lisent « wa-iʿtimadan » ; la leçon adoptée suit les manuscrits N, H ainsi que l’Ihyâ.
فوقهما من الشارب وتحتهما من العَنْفَقَة. وكذلك خَلْقُه سبحانه لليدين اللتين هما آلةُ العبد وسلاحُه ورأسُ ماله ومعاشُه (١)، فطوَّلهما بحيث يَصِلان إلى ما شاء من بدنه، وعرَّض الكفَّ ليتمكَّن بها من القبض والبسط، وقسَّم فيه الأصابعَ الخمس، وقسَّم كلَّ إصبعٍ بثلاث أناملَ والإبهامَ باثنتين، ووضعَ الأصابعَ الأربعةَ في جانبٍ والإبهامَ في جانب؛ لتدور الإبهامُ على الجميع؛ فجاءت على أحسن وضعٍ صَلحت به للقبض والبسط ومباشرة الأعمال، ولو اجتمع الأولون والآخِرون على أن يستنبطوا بدقيق أفكارهم وضعًا آخر للأصابع سوى ما وُضِعَت عليه لم يجدوا إليه سبيلًا. فتبارك من لو شاء لسوَّاها وجَعَلها طَبَقًا واحدًا كالصَّفيحة، فلم يتمكَّن العبدُ بذلك من مصالحه وأنواع تصرُّفاته ودقيق الصَّنائع والخطِّ وغير ذلك، فإن بَسَط أصابعه كانت طَبَقًا يضعُ عليه ما يريد، وإن ضمَّها وقبضَها كانت دبُّوسًا (٢) وآلةً للضَّرب، وإن جَعَلها بين الضَّمِّ والبسط كانت مِغْرَفةً له يتناولُ بها ويمسكُ فيها ما يتناولُه. وركَّبَ الأظفارَ على رؤوسها زينةً لها وعِمادًا (٣) ووقاية، وليلتقط بها الأشياء الدَّقيقة التي لا ينالها جسمُ الأصبع، وجَعَلها سلاحًا لغيره من الحيوان والطَّير، وآلةً لمعاشه، وليَحُكَّ الإنسانُ بها بدنه عند الحاجة؛ فالظُّفرُ الذي هو أقلُّ الأعضاء وأحقرُها لو عَدِمَه الإنسانُ ثمَّ ظهرت به حِكَّةٌ
(١) (ح، ن): «ورأس مال معاشه». (٢) الدبوس: هراوةٌ مدملكة الرأس، كما سيأتي (ص: ١٠٣٥). (٣) (د، ق، ت): «واعتمادا». والمثبت من (ن، ح) و «الإحياء».

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