Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

Sa sagesse a voulu que les deux lèvres soient faites de chair pure, sans os ni nerf, afin que l’homme puisse, grâce à elles, aspirer les boissons et qu’il lui soit aisé de les ouvrir comme de les fermer.

Il a réservé la mobilité à la mâchoire inférieure : en effet, il est plus judicieux de mettre en mouvement la partie la plus légère ; de plus, l’autre (1) renferme des organes nobles, et Il n’a pas voulu les exposer au moindre danger en les soumettant au mouvement.

Dieu — exalté soit-Il — a façonné les larynx selon des formes variées, plus ou moins étroites ou larges, rugueuses ou lisses, dures ou souples, longues ou courtes ; de cette diversité découle une extrême variété de voix, à tel point qu’il est rare que deux d’entre elles se confondent.

C’est pour cette raison que l’on tient pour valide le témoignage de l’aveugle (2), puisqu’il distingue les personnes à la seule audition de leurs voix, tout comme le voyant les reconnaît à leurs traits ; la méprise occasionnelle qui peut survenir entre des voix n’est pas différente de celle qui apparaît parfois entre les visages.

Il a encore embelli la tête par les cheveux, qu’Il a faits comme un vêtement pour elle, car elle en a besoin ; Il a orné le visage des divers poils qu’Il y fait pousser : Il l’a embelli de sourcils, qu’Il a établis comme un écran contre ce qui descend (3) du cuir chevelu vers les yeux, Il leur a donné une courbure harmonieuse et en a perfectionné la ligne ; Il a paré les paupières de cils ; Il a encore ennobli le visage de la barbe, qu’Il a voulue parachevement, dignité et prestige pour l’homme ; et Il a orné les lèvres de ce qu’Il y fait pousser

(1) C.-à-d. la mâchoire supérieure. (2) Pour toute question accessible par l’ouïe, dès lors qu’il reconnaît la voix. Cf. Ibn al-Qayyim, I‘lam al-muwaqqi‘in, t. 1, p. 121 ; Id., al-Turuq al-hukmiyyah, p. 551 ; Id., Ayman al-Qur’an, p. 614. Pour la divergence sur la recevabilité de son témoignage, voir : al-Jassas, Ahkam al-Qur’an, t. 2, p. 226 ; Ibn Hazm, al-Muhalla, t. 9, p. 433 ; Ibn Qudama, al-Mughni, t. 14, p. 178. (3) Ms. N : « yataḥaddar » (« s’écoule »).
واقتضت حكمتُه أنْ جَعَل الشفتين لحمًا صِرفًا لا عَظمَ فيه ولا عَصَب؛ ليتمكَّن بهما من مَصِّ الشَّراب، ويَسْهُل عليه فتحُهما وطَبْقُهما. وخَصَّ الفكَّ الأسفل بالتحريك؛ لأنَّ تحريكَ الأخفِّ أحسن، ولأنه (١) يشتملُ على الأعضاء الشريفة فلَم يخاطِر بها في الحركة. وخلق سبحانه الحناجرَ مختلفةَ الأشكال في الضِّيق والسَّعة، والخشونة والمَلاسة، والصَّلابة واللِّين، والطُّول والقِصَر؛ فاختلفَت بذلك الأصواتُ أعظمَ اختلاف، ولا يكادُ يشتبهُ صوتان إلا نادرًا. ولهذا كان الصحيحُ قبول شهادة الأعمى (٢)؛ لتمييزه بين الأشخاص بأصواتهم كما يميِّزُ البصيرُ بينهم بِصُوَرهم، والاشتباهُ العارض بين الأصوات كالاشتباه العارض بين الصُّوَر. وزيَّن سبحانه الرأسَ بالشَّعر، وجَعَله لباسًا له؛ لاحتياجه إليه، وزيَّن الوجه بما أنبت فيه من الشُّعور المختلفة الأشكال والمقادير، فزيَّنه بالحاجبين، وجعلهما وقايةً لما ينحدر (٣) مِن بَشَرَة الرأس إلى العينين، وقَوَّسهما، وأحسنَ خطَّهما، وزيَّن أجفانَ العينين بالأهداب، وزيَّن الوجه أيضًا باللِّحية، وجعلها كمالًا ووقارًا ومهابةً للرَّجُل، وزيَّن الشفتين بما أنبت
(١) أي: الفك الأعلى. (٢) فيما طريقُه السمع، إذا عَرَفَ الصوت. انظر: «إعلام الموقعين» (١/ ١٢١)، و «الطرق الحكمية» (٥٥١)، و «أيمان القرآن» (٦١٤). وانظر للخلاف في قبول شهادته: «أحكام القرآن» للجصاص (٢/ ٢٢٦)، و «المحلى» (٩/ ٤٣٣)، و «المغني» (١٤/ ١٧٨). (٣) (ن): «يتحدر».

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