Sa sagesse a voulu que les deux lèvres soient faites de chair pure, sans os ni nerf, afin que l’homme puisse, grâce à elles, aspirer les boissons et qu’il lui soit aisé de les ouvrir comme de les fermer.
Il a réservé la mobilité à la mâchoire inférieure : en effet, il est plus judicieux de mettre en mouvement la partie la plus légère ; de plus, l’autre (1) renferme des organes nobles, et Il n’a pas voulu les exposer au moindre danger en les soumettant au mouvement.
Dieu — exalté soit-Il — a façonné les larynx selon des formes variées, plus ou moins étroites ou larges, rugueuses ou lisses, dures ou souples, longues ou courtes ; de cette diversité découle une extrême variété de voix, à tel point qu’il est rare que deux d’entre elles se confondent.
C’est pour cette raison que l’on tient pour valide le témoignage de l’aveugle (2), puisqu’il distingue les personnes à la seule audition de leurs voix, tout comme le voyant les reconnaît à leurs traits ; la méprise occasionnelle qui peut survenir entre des voix n’est pas différente de celle qui apparaît parfois entre les visages.
Il a encore embelli la tête par les cheveux, qu’Il a faits comme un vêtement pour elle, car elle en a besoin ; Il a orné le visage des divers poils qu’Il y fait pousser : Il l’a embelli de sourcils, qu’Il a établis comme un écran contre ce qui descend (3) du cuir chevelu vers les yeux, Il leur a donné une courbure harmonieuse et en a perfectionné la ligne ; Il a paré les paupières de cils ; Il a encore ennobli le visage de la barbe, qu’Il a voulue parachevement, dignité et prestige pour l’homme ; et Il a orné les lèvres de ce qu’Il y fait pousser