de l’extérieur vers le cœur.
De plus, comme il est le plus noble des organes après le cœur, tenant à l’égard de celui-ci la place de son interprète et de son ministre, un dais a été dressé afin de le voiler et de le préserver, et, sous ce dais, il fut installé comme le cœur l’est dans la poitrine.
Par ailleurs, cet organe est l’un des plus délicats, des plus souples et des plus humides ; il n’agit qu’à travers l’humidité qui l’entoure. S’il avait été exposé, il aurait été livré à la chaleur, à la sécheresse et à l’assèchement, qui l’auraient empêché de fonctionner.
— Et cela sans compter d’autres sagesses et avantages encore.
Puis, Dieu — exalté soit-Il — a orné la bouche des dents, parure et embellissement pour elle, et, grâce à elles, subsistence et nourriture pour l’homme. Il a fait de certaines des meules pour la mastication (1), d’autres des instruments pour la découpe ; Il en a raffermi les racines, affûté les couronnes, blanchi la teinte, et ordonné les rangées, leurs sommets uniformes et leur disposition harmonieuse, telles des perles alignées par leur blancheur, leur éclat et leur beauté.
Il a ensuite encerclé le tout (2) de deux murailles auxquelles Il a conféré les bienfaits et les sagesses qu’Il a voulus : les lèvres. Il en a embelli la couleur, la forme, la position et la tenue, les faisant couvercle et fermeture de la bouche, les instituant comme point d’achèvement des sorties phonétiques de la parole, de même qu’Il a fait de l’extrémité du pharynx son commencement et de la langue, avec ce qui l’environne, le milieu. C’est pourquoi la majeure part du travail dans cet ensemble (3) revient à la langue, puisqu’elle en est l’intermédiaire.