— le plus souvent, de sorte que l’autre demeure libre pour la respiration ; ou bien qu’elles s’écoulent par les deux, se partageant alors, de telle sorte que le nez ne se bouche pas entièrement, mais qu’il y subsiste toujours une ouverture (1) pour l’air.
Par ailleurs, comme le nez constitue un seul membre et n’abrite qu’un seul sens, contrairement aux oreilles et aux yeux dont la sagesse a exigé la duplication — car il peut arriver que l’un d’eux soit touché ou qu’une infirmité l’empêche d’accomplir parfaitement sa fonction, tandis que l’autre reste intact, préservant ainsi l’utilité de l’espèce — et parce que la présence de deux nez au milieu du visage eût été une disgrâce manifeste, Il a installé un nez unique auquel Il a pourtant donné deux conduits qu’Il a séparés par une cloison, remplissant ainsi, quant à l’avantage recherché, le rôle qu’assurent la paire d’yeux et la paire d’oreilles, tout en demeurant un seul organe. Exalté soit Allah, Seigneur des mondes, le Meilleur des créateurs !
Ensuite, le Très-Haut a taillé à Son serviteur la bouche à l’emplacement le plus harmonieux et le plus approprié, y déposant des bienfaits ainsi que les instruments du goût, de la parole, du broyage et de la découpe, prodiges dont la raison reste ébahie. Il y a placé la langue, l’un de Ses signes les plus éloquents, et l’a faite l’interprète du roi des organes, qui expose et transmet pour son compte, de même qu’Il a fait de l’oreille une messagère chargée de lui apporter et de lui transmettre ; de sorte que l’oreille est son émissaire et son courrier qui lui rapporte les nouvelles, tandis que la langue est son courrier et son messager qui exprime vers l’extérieur ce qu’il veut.
La sagesse de notre Seigneur — glorifié soit-Il — a voulu que ce messager fût préservé, protégé, tenu à l’abri, et non pas saillant et exposé comme l’oreille, l’œil ou le nez ; car ces organes, étant destinés à faire parvenir ce qui vient de l’extérieur jusqu’à lui, ont été laissés apparents et visibles, tandis que la langue, qui transmet de l’intérieur vers l’extérieur, a été cachée (2), préservée, puisqu’il n’est d’aucune utilité de la laisser à découvert : elle ne prend pas