Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

tout comme on le dit :

Celui dont la bouche est amère et malade
trouvera l’amertume jusque dans l’eau la plus limpide. (1)

Puis Allah — exalté soit-Il — a dressé le canal nasal au centre du visage ; Il en a parfait la forme, la disposition et l’emplacement, a percé en lui les deux narines et les a séparées par une cloison. Il y a déposé le sens de l’odorat, grâce auquel se perçoivent les diverses senteurs, qu’elles soient agréables ou fétides, bénéfiques ou nocives, et c’est par elles que l’on aspire l’air, lequel parvient jusqu’au cœur, le rafraîchit et le nourrit.

Il n’a pas introduit à l’intérieur de ce canal les sinuosités et replis qu’Il a créés dans l’oreille, afin qu’il ne retienne pas l’odeur, ne l’affaiblisse pas et n’en interrompe pas le passage ; Il en a plutôt fait un exutoire où descendent les sécrétions du cerveau : elles s’y rassemblent puis s’en écoulent. (2)

Sa sagesse a voulu encore que la partie supérieure du nez fût plus étroite que sa partie inférieure : ainsi, le bas plus large reçoit ces sécrétions et les laisse s’évacuer aisément, et le nez prend sa pleine mesure d’air, lequel s’élève ensuite dans le conduit, peu à peu, jusqu’à atteindre le cœur sans le blesser ni le gêner.

Il a de surcroît séparé les deux narines par une cloison, par sagesse et par miséricorde ; car, ce canal servant à la fois de cache aux déchets qui descendent de la tête et de voie au souffle qui en remonte, Il y a placé une cloison centrale pour qu’il ne se bouche pas (3) sous l’effet de ce qui le traverse et n’empêche l’aspiration de l’air, mais plutôt pour que les sécrétions s’écoulent, le cas échéant, par l’un des deux orifices (4) —

(1) Ce vers est d’al-Mutanabbî ; voir son Dîwân, p. 130. (2) Les manuscrits D et Q donnent : « sâ tir-an limâ yanhadiru min-hu » (« un écran pour ce qui s’en écoule »), tandis que le manuscrit T porte : « sâʾiru al-mâʾ yanhadiru min-hu » (« toute l’eau s’en écoule »). (3) Les manuscrits H, N, T et Q lisent « yafsud » (« se gâte ») ; il s’agit d’une leçon altérée. (4) Les manuscrits H et N portent « taʿtamid ».
ومن يَكُ ذا فَمٍ مُرٍّ مريضٍ ... يَجِدْ مُرًّا بِه الماءَ الزُّلالا (١) ونَصَب سبحانه قَصَبة الأنف في وسط الوجه، فأحسنَ شكلَه وهيئتَه ووضعَه، وفَتَح فيه المَنْخِرَين، وحَجَز بينهما بحاجز، وأودَع فيهما حاسَّة الشَّمِّ التي تُدْرَكُ بها أنواعُ الروائح الطيِّبة والخبيثة والنافعة والضارَّة، وليستنشقَ به الهواءَ فيوصِلَه إلى القلب فيتَروَّح به ويتغذَّى به. ثمَّ لم يجعل في داخله من الاعوجاجات والغُضون ما جَعَل في الأذن؛ لئلَّا يُمسِك الرائحةَ فيُضعِفَها ويقطع مجراها، وجعله سبحانه مَصَبًّا تنحدِرُ إليه فضلاتُ الدِّماغ فتجتمعُ فيه ثمَّ تخرجُ منه. واقتضت حكمتُه أنْ جَعَل أعلاه أدقَّ من أسفله؛ لأنَّ أسفله إذا كان واسعًا اجتمعت فيه تلك الفضلاتُ فخرجت بسهولة، ولأنه يأخذُ من الهواء مَلأه ثمَّ يتصاعدُ في مجراه قليلًا قليلًا، حتى يصل إلى القلب وصولًا لا يضرُّه ولا يزعجُه. ثمَّ فَصَل بين المَنْخِرَين بحاجزٍ بينهما حكمةً منه ورحمة؛ فإنه لما كان قَصَبةً ومجرًى ساترًا لما ينحدرُ فيه (٢) من فضلاتِ الرأس ومجرى النَّفَس الصَّاعد منه= جَعَل في وسطه حاجزًا؛ لئلا ينسدَّ (٣) بما يجري فيه فيمنعَ نَشْقَه للنَّفَس، بل إمَّا أن يعتمدَ (٤) الفضلاتِ نازلةً من أحد المنفذين ــ في
(١) البيت للمتنبي، في ديوانه (١٣٠). (٢) (د، ق): «ساترا لما ينحدر منه». (ت): «سائر الماء ينحدر منه». (٣) (ح، ن، ت، ق): «يفسد». تحريف. (٤) (ح، ن): «تعتمد».

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