Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

puis Il a implanté, au bord de ces paupières, les cils, parure et ornement, mais encore pour d’autres utilités dépassant la seule beauté. Ensuite, Il leur a confié cette lumière qui fait voir et cet éclat éblouissant qui traverse l’espace entre le ciel et la terre, puis perce la voûte céleste pour atteindre la vision des astres qui se trouvent au-delà. Il — exalté soit-Il — a condensé ce secret prodigieux dans un organe si infime que l’image des cieux, malgré l’immensité de leurs confins et l’éloignement de leurs extrémités, s’y imprime tout entière.

Il a ensuite ouvert pour l’homme l’ouïe et façonné l’oreille dans la plus parfaite configuration, la plus apte à remplir sa fonction : Il l’a creusée telle une conque, afin qu’elle recueille le son et le conduise vers le conduit auditif (1), qu’elle perçoive le moindre bruissement d’un animal qui s’y glisserait et permette aussitôt de l’en faire sortir. Il y a ménagé des replis, des cavités et des sinuosités qui retiennent l’air et le son entrants, en amortissent la rudesse avant de les transmettre au conduit auditif.

Parmi ses sagesses également : allonger par là le trajet d’accès pour l’insecte, de sorte qu’il n’atteigne pas le conduit auditif avant que la personne ne se réveille ou n’en prenne conscience pour le saisir. Il y a, dans tout cela, d’autres sagesses encore.

Puis la sagesse du Seigneur, le Créateur — exalté soit-Il —, a voulu que le liquide de l’oreille fût d’une amertume extrême ; aucun animal ne la franchit ni ne la traverse pour pénétrer plus avant ; s’il y parvient, il s’ingénie aussitôt à rebrousser chemin. Quant au liquide de l’œil, Il l’a voulu salé (2) pour le protéger, car l’œil est un tissu graisseux enclin à la corruption ; la salinité de son eau est donc sauvegarde et préservation. Enfin, Il a fait de la salive une eau douce et agréable afin que l’homme perçoive les saveurs des aliments telles qu’elles sont ; si elle avait été d’une autre nature, elle aurait altéré ces saveurs selon sa propre qualité, tout comme celui dont la bouche est gagnée par l’amertume sent ce goût persister même dans des aliments qui ne sont pas amers, ainsi qu’on l’a dit :

(1) As-simakh : orifice interne de l’oreille qui débouche dans la tête ; cf. Lisân, racine smkh. (2) Les manuscrits D, Q et T lisent « malihan » ; la leçon retenue dans le texte est jugée plus élégante.
غَرَس في أطراف تلك الأجفان الأهدابَ جمالًا وزينة، ولمنافع أُخَر وراء الجمال والزِّينة، ثمَّ أودعهما ذلك النُّورَ الباصرَ والضوءَ الباهرَ الذي يَخْرقُ ما بين السماء والأرض، ثمَّ يخرقُ السماء مجاوزًا لرؤية ما فوقها من الكواكب. وقد أودعَ سبحانه هذا السرَّ العجيبَ في هذا المقدار الصَّغير بحيث تنطبِعُ فيه صورةُ السَّموات مع اتساع أكنافِها وتباعُد أقطارها. وشَقَّ له السَّمع، وخلق الأذنَ أحسنَ خِلقةٍ وأبلغَها في حصول المقصود منها، فجعلها مجوَّفةً كالصَّدفة؛ لتجمعَ الصَّوتَ فتؤدِّيه إلى الصِّماخ (١)، وليُحِسَّ بدبيب الحيوان فيها فيبادر إلى إخراجه، وجَعَل فيها غُضونًا وتجاويفَ واعوجاجاتٍ تمسكُ الهواءَ والصَّوتَ الدَّاخل فتكسرُ حِدَّته ثم تؤدِّيه إلى الصِّماخ. ومن حكمة ذلك أيضًا: أن يُطَوَّل به الطريقُ على الحيوان، فلا يَصِلُ إلى الصِّماخ حتى يستيقظ أو ينتبه لإمساكه. وفيه ــ أيضًا ــ حِكَمٌ غيرُ ذلك. ثمَّ اقتضت حكمةُ الربِّ الخالق سبحانه أنْ جَعَل ماء الأذن مرًّا في غاية المَرارة، فلا يجاوزُه الحيوانُ ولا يقطعُه داخلًا إلى باطن الأذن، بل إذا وصل إليه أعمَل الحيلةَ في رجوعه، وجَعَل ماء العَين مِلْحًا (٢) ليحفظها؛ فإنها شَحْمةٌ قابلةٌ للفساد، فكانت ملوحةُ مائها صيانةً لها وحفظًا، وجَعَل ماء الفم عَذبًا حُلوًا ليُدرِك به طُعومَ الأشياء على ما هي عليه؛ إذ لو كان على غير هذه الصِّفة لأحالها إلى طبيعته، كما أنَّ مَنْ عَرَض لفمه المرارةُ استمرَّ طعمَ الأشياء التي ليست بمُرَّة، كما قيل:
(١) الصِّماخ: خَرقُ الأذن الباطنُ الذي يفضي إلى الرأس. «اللسان» (صمخ). (٢) (د، ق، ت): «مالحا». والمثبت أفصح.

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