Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

Et comme elle domine le reste du corps, Il y a logé les cinq sens, tous les instruments de la perception : l’ouïe, la vue, l’odorat, le goût et le toucher. Il a placé la faculté de voir à l’avant de la tête, telle une avant-garde, une sentinelle, un éclaireur au service du corps. Chaque œil a été constitué de sept couches, chacune ayant sa propriété, sa dimension et son utilité particulières ; qu’une seule de ces sept couches (1) vienne à manquer ou quitte sa forme et son emplacement (2), et l’œil cesserait aussitôt de voir.

Puis — exalté soit-Il — Il a implanté, au sein même de ces sept enveloppes, une merveille : la pupille, de la taille d’une lentille, par laquelle l’homme embrasse d’un regard l’Orient et l’Occident, la terre et le ciel. Il l’a placée dans l’œil comme le cœur au milieu des membres : elle en est la souveraine, tandis que ces couches, les paupières et les cils ne sont que ses serviteurs, ses portiers et ses gardes. Béni soit Allah, le meilleur des créateurs !

Vois encore comment Il a embelli la forme, la disposition et la mesure des deux yeux, puis les a ornés de paupières — couverture, voile, protection et parure à la fois — ; celles-ci se rejoignent (4) pour préserver l’œil des impuretés, des grains de poussière et des débris, et le mettent (5) à l’abri du froid nuisible (6) comme de la chaleur nocive, puis

(1) Le manuscrit T lit «al-sabʿ ṭabaqāt» («les sept couches»), tandis que H ne donne que «al-ṭabaqāt» («les couches»). (2) Les manuscrits Q et D portent «wa mawādiʿihā» («et leurs emplacements»). (3) Le manuscrit N propose «rakkaza». (4) Cette leçon se trouve dans D, Q, H, N ainsi que dans tous les exemplaires d’«Aymān al-Qurʾān» (p. 459). Le manuscrit T lit «yulqiyān» et nous avons corrigé en «yatalqiyān». L’emploi de «iltaqā» à la place de «talqā» est courant chez les auteurs tardifs ; voir Dozy, Takmila al-maʿāǧim, IX, 270. (5) Le manuscrit T donne «wa yaknafanahā». (6) Les manuscrits T et Q portent «al-mawdī» («le voué à la perte»). Il faut probablement lire «al-murdī», comme on le verra p. 729 ; ce glissement de sons restitue mieux le jeu de mots recherché par l’auteur.
ولما كان عاليًا على البدن جَعَل فيه الحواسَّ الخمسَ وآلات الإدراك كلَّها من السَّمع والبصر والشَّمِّ والذَّوق واللَّمس. وجَعَل حاسَّة البصر في مُقَدَّمه؛ ليكون كالطَّليعة والحَرَس والكاشف للبدن، وركَّب كلَّ عينٍ من سبع طبقات، لكلِّ طبقةٍ وصفٌ مخصوص، ومقدارٌ مخصوص، ومنفعةٌ مخصوصة، لو فُقِدَت طبقةٌ من تلك السَّبع الطِّباق (١) أو زالت عن هيئتها وموضعها (٢) لتعطَّلت العينُ عن الإبصار. ثمَّ أركزَ (٣) سبحانه داخل تلك الطَّبقات السَّبع خلقًا عجيبًا، وهو إنسانُ العَيْن، بقَدْر العَدَسَة، يبصرُ به ما بين المشرق والمغرب والأرض والسماء، وجَعَله من العين بمنزلة القلب من الأعضاء، فهو مَلِكُها، وتلك الطَّبقاتُ والأجفانُ والأهدابُ خَدَمٌ له وحُجَّابٌ وحُرَّاس، فتبارك الله أحسنُ الخالقين. فانظر كيف حسَّن شكلَ العينين وهيأتهما ومقدارهما، ثمَّ جمَّلهما بالأجفان غطاءً لهما وسترًا وحفظًا وزينة؛ فهما يلتقيان (٤) عن العين الأذى والقذى والغُبار، ويُكِنَّانهما (٥) من البارد المؤذي (٦) والحارِّ المؤذي، ثمَّ
(١) (ت): «السبع طبقات». (ح): «الطبقات». (٢) (ق، د): «ومواضعها». (٣) (ن): «ركز». (٤) كذا في (د، ق، ح، ن) وجميع نسخ «أيمان القرآن» (٤٥٩). وفي (ت): «يلقيان». وأصلحت في (ط) إلى «يتلقيان». واستعمال «التقى» موضع «تلقى» يقع في كلام المتأخرين. انظر «تكملة المعاجم» لدوزي (٩/ ٢٧٠). (٥) (ت): «ويكنفانها». (٦) (ت، ق): «المودي». والمودي: الهالك. ولعلها: المردي. كما سيأتي (ص: ٧٢٩). والجناس أليق بأسلوب المصنف.

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