Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

, de Sa science, de Sa miséricorde, de Sa sagesse, ainsi que de la possibilité de ce qu’Il a annoncé : ressusciter les créatures après leur mort, de même qu’Il a redonné vie à cette terre après qu’elle fut morte.

Ces réalités ne se perçoivent qu’avec la vue du cœur – c’est-à-dire l’intellect –, car le sens physique montre le signe, tandis que l’intellect dévoile ce dont le signe est l’indice. C’est pourquoi le Très-Haut a mentionné à la fois le signe visible à l’œil et la réalité que l’intellect atteste, lorsqu’Il dit : « Parmi Ses signes : Il vous montre l’éclair, inspirant crainte et espoir ; Il fait descendre du ciel une eau par laquelle Il rend la terre à la vie après sa mort. Il y a certes là des signes pour des gens qui raisonnent. » [30 : 24].

Béni soit donc Celui qui a fait de Sa parole la vie des cœurs et la guérison des poitrines.

En somme, rien n’est plus profitable au cœur que la lecture du Coran dans la méditation et la réflexion ; car il réunit toutes les stations des cheminants, les états des pratiquants et les degrés des connaisseurs. Il fait naître l’amour, l’ardeur, la crainte, l’espérance, le retour repentant, l’abandon confiant, l’agrément, la remise totale, la gratitude, la patience et tous les autres états qui assurent la vie et la perfection du cœur. Il détourne également de toutes les qualités et actions blâmables qui corrompent le cœur et causent sa perte.

Si les gens connaissaient le bienfait qu’il y a à lire le Coran en le méditant, ils s’y consacreraient au point de délaisser toute autre occupation. Ainsi, lorsque le lecteur réfléchit et rencontre un verset dont il a besoin pour guérir son cœur, qu’il le répète même cent fois, voire toute la nuit ; car la lecture d’un seul verset médité et compris vaut mieux qu’une récitation complète sans méditation ni compréhension : elle est plus bénéfique au cœur, plus apte à susciter la foi et à faire goûter la douceur du Coran.

Telle était la pratique des Anciens : l’un d’eux répétait le même verset jusqu’à l’aube (1), et il est authentiquement établi

(1) Voir : le Mukhtasar de «Qiyam al-Layl» de Muhammad b. Nasr, p. 148-151 ; ainsi que «Nataij al-Afkar» d’Ibn Hajar, t. 3, p. 191-195.
وعلمه ورحمته وحكمته وإمكان ما أخبر به من إحياء الخلائق بعد موتهم كما أحيا هذه الأرض بعد موتها. وهذه أمورٌ لا تُدْرَكُ إلا ببصر القلب ــ وهو العقل ــ؛ فإنَّ الحِسَّ دلَّ على الآية، والعقلَ دلَّ على ما جُعِلَت آيةً له، فذكر سبحانه الآيةَ المشهودةَ بالبصر، والمدلولَ عليه المشهودَ بالعقل، فقال: ﴿وَمِنْ آيَاتِهِ يُرِيكُمُ الْبَرْقَ خَوْفًا وَطَمَعًا وَيُنَزِّلُ مِنَ السَّمَاءِ مَاءً فَيُحْيِي بِهِ الْأَرْضَ بَعْدَ مَوْتِهَا إِنَّ فِي ذَلِكَ لَآيَاتٍ لِقَوْمٍ يَعْقِلُونَ﴾ [الروم: ٢٤]. فتباركَ الذي جعل كلامَه حياةً للقلوب وشفاءً لما في الصدور. وبالجملة؛ فلا شيء أنفعُ للقلب من قراءة القرآن بالتدبُّر والتفكُّر؛ فإنه جامعٌ لجميع منازل السائرين، وأحوال العاملين، ومقامات العارفين، وهو الذي يورثُ المحبةَ والشوقَ والخوفَ والرجاءَ والإنابةَ والتوكُّل والرضا والتفويض والشكرَ والصبرَ وسائر الأحوال التي بها حياةُ القلب وكمالُه، وكذلك يزجرُ عن جميع الصفات والأفعال المذمومة التي بها فسادُ القلب وهلاكُه. فلو عَلِمَ الناسُ ما في قراءة القرآن بالتدبُّر لاشتغلوا بها عن كلِّ ما سواها، فإذا قرأه بتفكُّرٍ حتى مرَّ بآيةٍ هو محتاجٌ إليها في شفاء قلبه كرَّرها ولو مئة مرَّة، ولو ليلة؛ فقراءةُ آيةٍ بتفكُّرٍ وتفهُّمٍ خيرٌ من قراءة ختمةٍ بغير تدبُّرٍ وتفهُّم، وأنفعُ للقلب، وأدعى إلى حصول الإيمان وذَوْقِ حلاوة القرآن. وهذه كانت عادة السَّلف، يردِّدُ أحدُهم الآيةَ إلى الصباح (١)، وقد ثبت
(١) انظر: مختصر «قيام الليل لمحمد بن نصر» (١٤٨ - ١٥١)، و «نتائج الأفكار» لابن حجر (٣/ ١٩١ - ١٩٥).

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