- s’il en est atteint, quelle voie suivre pour l’éliminer (1) et en guérir ? Et, s’il n’en est pas atteint, comment préserver sa santé intérieure, demeurer dans l’intégrité et s’en prémunir ?
De même, la réflexion portant sur un trait aimé appelle trois considérations :
- est-il, oui ou non, aimé d’Allah et agréé par Lui ?
- le serviteur en est-il, ou non, doté ?
- s’il en est doté, quelle méthode adopter pour le conserver et le faire durer ? Et, s’il n’en est pas doté, comment se l’attacher et s’en parer ?
Sa méditation au sujet des actions doit, elle aussi, se conformer à ces deux mêmes perspectives.
Les champs où peuvent s’exercer ces pensées sont innombrables, presque impossibles à dénombrer ; on peut néanmoins les ramener à six catégories : les actes d’obéissance apparents, les actes d’obéissance intérieurs, les péchés apparents, les péchés intérieurs, les qualités et mœurs louables, les qualités et mœurs blâmables. Tels sont les domaines de la réflexion sur les traits de l’âme et ses œuvres (2).
Quant à la réflexion sur les attributs du Dieu adoré, sur Ses actes et Ses jugements, elle permet de distinguer la foi de la mécréance, l’unicité de l’association, l’affirmation de la négation ; elle conduit à proclamer la transcendance du Seigneur au-dessus de tout ce qui ne Lui sied pas et à Le décrire comme Il le mérite, par la majesté et la munificence.
Les voies qui conduisent à cette réflexion sont les suivantes : méditer Sa parole ; considérer ce par quoi, sur la langue de Ses messagers, Il S’est fait connaître à Ses serviteurs – Ses noms, Ses attributs et Ses actes –, ainsi que ce dont Il S’est exempté parce que cela ne convient ni ne sied à Sa majesté ; méditer encore Ses œuvres et les hauts faits qu’Il a opérés chez Ses alliés et Ses ennemis et qu’Il a racontés à Ses serviteurs ou leur a fait vivre, afin qu’ils en déduisent qu’Il est leur Dieu véritable et manifeste, que nul ne mérite l’adoration si ce n’est Lui ; afin qu’ils comprennent aussi qu’Il est capable de toute chose, qu’Il sait toute chose, qu’Il est dur dans le châtiment, Pardonneur, Miséricordieux, Tout-Puissant, Sage, qu’Il agit comme Il veut, qu’Il a embrassé toute chose de Sa miséricorde et de Sa science, et que tous Ses actes gravitent entre sagesse et miséricorde, justice et utilité : rien n’en sort jamais.
Cette récolte spirituelle ne s’obtient que par la méditation assidue de Sa parole et par la contemplation des traces de Ses œuvres.