— sous aucun rapport.
Et si cet amour se porte sur autre que Lui, sur l’un de ces attachements illusoires et évanescents qui s’anéantissent tandis que les rancœurs des âmes(1) demeurent intactes, il a détourné l’amour de son lieu légitime, se faisant à lui-même l’injustice la plus grave et la plus odieuse, et son âme s’est ainsi préparée à l’ultime malheur et à la douleur.
Lorsqu’on saisit cela, on comprend que l’orientation de l’amour vers autre que le Dieu véritable est, en soi, la cause même de la misère et de la perdition du serviteur ; toutes les pensées qu’il y consacre sont vaines et ne lui procurent que nuisance dans cette vie comme après la mort.
Quant à l’amant dont le bien-aimé a conquis toutes les pensées du cœur, son esprit ne sort jamais de deux directions : soit il demeure attaché à son bien-aimé, soit à lui-même.
Sa réflexion au sujet de son bien-aimé ne dépasse pas deux états :
- méditer sur Sa beauté et Ses attributs ;
- contempler Ses actes, Sa bienfaisance, Sa bonté et Sa délicatesse, autant de signes attestant la perfection de Ses qualités.
Et si sa pensée se reporte à lui-même, elle ne sort pas, là encore, de deux cas :
• soit il examine les traits blâmables que son bien-aimé déteste, pour lesquels il le réprouve et le fait déchoir à Ses yeux ; il reste alors continuellement sur ses gardes, décidé à les éviter et à s’en éloigner ;
• soit, au contraire, il réfléchit aux qualités, dispositions et actes qui le rapprochent de Lui et le rendent aimable à Ses yeux, jusqu’à ce qu’il s’en pare lui-même.