Il a été dit : le champ de la réflexion et l’objet auquel elle s’attache se ramènent à quatre réalités :
- une fin aimée dont on recherche l’obtention ;
- la voie qui mène à cette fin ;
- un préjudice que l’on veut faire disparaître et dont on hait la survenue ;
- la voie qui y conduit et le fait advenir.
La pensée des gens sensés ne dépasse pas ces quatre points ; toute réflexion qui s’en écarte appartient aux pensées médiocres, aux chimères et aux vœux illusoires. Ainsi le pauvre démuni se figure-t-il parmi les hommes les plus riches, distribuant et reprenant, accordant des bienfaits ou les refusant ; de même, l’impuissant se voit comme l’un des plus puissants monarques, gouvernant pays et sujets. Pareilles fantaisies relèvent des cogitations de cœurs oisifs (1), parentes des divagations de l’ivrogne, de l’homme sous stupéfiants (2) ou de l’esprit faible.
Les pensées médiocres sont la nourriture des âmes viles (3), d’une extrême bassesse : contentes de l’imaginaire, elles se satisfont de l’impossible. Puis ces pensées ne cessent de croître et de se renforcer, jusqu’à produire des effets néfastes, des obsessions et des maladies dont on se défait difficilement.
Et puisque la réflexion bénéfique ne sort pas des quatre catégories que nous venons d’énumérer, elle a donc