Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

comme l’a dit l’un des pieux prédécesseurs : « La rencontre des hommes est la pollinisation de leurs esprits » (1) ; ainsi, l’échange de savoir constitue la fécondation de l’intelligence.

Le bien et le bonheur se trouvent dans un trésor dont la clé est la méditation ; car il faut nécessairement une réflexion puis un savoir qui est le fruit de la pensée (2), ainsi qu’un état qui naît dans le cœur de ce savoir. En effet, quiconque apprend quelque chose, qu’il l’aime ou le déteste, voit inévitablement son cœur conserver un certain état (3) et se teindre (4) de la couleur de cette connaissance ; cet état engendre une volonté, et cette volonté entraîne l’action.

Il y a donc ici cinq éléments : la pensée, dont le fruit est la connaissance ; le fruit de ces deux-là, l’état qui naît dans le cœur ; le fruit de cet état, la volonté ; et, enfin, le fruit de la volonté, l’action.

La pensée est donc le point de départ et la clé de tous les biens.

Cela (5) te dévoile le mérite et la noblesse de la méditation, et montre qu’elle compte parmi les meilleures œuvres du cœur et les plus profitables pour lui, au point qu’on a dit : « Méditer une heure vaut mieux que l’adoration d’une année » (6).

La méditation est ce qui fait passer de la mort de l’insouciance à la vie de l’éveil, et des choses déplaisantes

(1) Rapporté par ad-Dinawari dans « al-Mujālasa » (no 1924) d’après al-Ahnaf b. Qays ; également dans « Bahjat al-Majālis », t. 1, p. 54, et ailleurs. (2) Le manuscrit Q porte : « at-tafakkur ». (3) Le manuscrit D lit : « ḥālahu » (« son état »). (4) Le manuscrit T lit : « lā budda an yabqā bi-qalbihi wa-yanṭabiʿa » (« il faut qu’il demeure dans son cœur et s’y imprime »). (5) Passage absent des manuscrits Q et T. (6) Parole attribuée à Sari as-Saqaṭi ; elle est également transmise comme ḥadith marfūʿ, mais sans chaîne authentique. Voir : « al-Mughnī ʿan ḥaml al-asfār » (no 1193) ; « al-Maṣnūʿ », p. 82 ; « Silsilat al-aḥādīth aḍ-ḍaʿīfa » (no 173).
قال بعض السَّلف: «ملاقاةُ الرجال تلقيحٌ لألبابها» (١)؛ فالمذاكرةُ به لِقاحُ العقل. فالخيرُ والسعادةُ في خزانةٍ مفتاحُها التفكُّر؛ فإنه لا بد من تفكُّرٍ وعلمٍ يكونُ نتيجة الفكر (٢)، وحالٍ يحدثُ للقلب من ذلك العلم؛ فإنَّ كلَّ من عَلِمَ شيئًا من المحبوب أو المكروه لا بدَّ أن يبقى لقلبه حالةٌ (٣) وينصبغَ (٤) بصبغةٍ من علمه، وتلك الحالُ توجبُ له إرادة، وتلك الإرادةُ توجبُ وقوعَ العمل. فهاهنا خمسةُ أمور: الفكر، وثمرتُه العلم، وثمرتُهما الحالةُ التي تحدثُ للقلب، وثمرةُ ذلك الإرادة، وثمرتُها العمل. فالفكرُ إذًا هو المبدأ والمفتاحُ للخيرات كلِّها. وهذا يكشفُ لك (٥) عن فضل التفكُّر وشرفه، وأنه من أفضل أعمال القلب وأنفعها له، حتى قيل: «تفكُّرُ ساعةٍ خيرٌ من عبادة سنة» (٦). فالفكرُ هو الذي ينقلُ من موت الغفلة إلى حياة اليقظة، ومن المكاره
(١) أخرجه الدينوري في «المجالسة» (١٩٢٤) عن الأحنف بن قيس. وهو في «بهجة المجالس» (١/ ٥٤)، وغيره. (٢) (ق): «التفكر». (٣) (د): «حاله». (٤) (ت): «لا بد أن يبقى بقلبه وينطبع». (٥) ليست في (ق، ت). (٦) من كلام السَّري السقطي. ويروى مرفوعًا، ولا يصح. انظر: «المغني عن حمل الأسفار» (١١٩٣)، و «المصنوع» (٨٢)، و «السلسة الضعيفة» (١٧٣).

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