Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

Et Allah, exalté soit-Il, a dit : « Il y a certes là une leçon pour celui qui craint (Allah). » [An-Nâziʿât : 26] ; et Il a dit : « Il y a certes là une leçon pour les clairvoyants. » [Âl ʿImrân : 13 ; An-Nûr : 44].

• On l’appelle aussi : tadabbur (réflexion approfondie), parce qu’il consiste à examiner l’envers des choses, autrement dit leur terme et leurs conséquences. Il en va ainsi du tadabbur de la parole. À ce propos, le Très-Haut dit : « N’ont-ils donc pas médité sur la Parole ? » [Al-Muʾminûn : 68], et Il dit : « Ne méditent-ils donc pas le Coran ? S’il provenait d’un autre qu’Allah, ils y trouveraient maintes contradictions. » [An-Nisâʾ : 82]. Méditer une parole consiste à en considérer le début et la fin, puis à renouveler cet examen encore et encore ; c’est pourquoi le mot appartient à la forme tafaʿʿul, tout comme tajarruʿ (boire à petites gorgées), tafahhum (cher­cher à comprendre) ou tabayyun (s’assurer).

• On l’appelle encore : istibsâr (clairvoyance intérieure) ; c’est la forme istifʿâl de tabassur : le fait de discerner une chose, de la voir se dévoiler et se manifester à la pénétration du cœur. (1)

Chacun, le rappel (tadhakkur) et la méditation (tafakkur), possède une utilité qui n’est pas celle de l’autre. Le rappel fait revenir le cœur, à maintes reprises, sur ce qu’il sait et connaît déjà pour que cela s’y enracine, s’y affermisse et ne s’efface pas, de sorte que son empreinte ne disparaisse pas entièrement du cœur. La méditation, quant à elle, sert à accroître la connaissance et à faire venir au cœur ce qu’il ne possède pas encore : la méditation l’acquiert, le rappel le conserve. (2)

C’est pourquoi al-Ḥasan a dit : « Les gens de science n’ont cessé d’alterner le rappel avec la méditation, et la méditation avec le rappel ; ils font alors parler les cœurs jusqu’à ce qu’ils proclament la sagesse. » (3)

Ainsi, la méditation et le rappel sont la semence du savoir ; l’arroser consiste à le débattre, et l’échange mutuel en est la pollinisation, comme

(1) Dans les manuscrits Qâf et Hâ, on lit « tabyin al-amr » (« éclaircir la chose »), leçon fautive. (2) Les manuscrits Qâf et Dâl portent : « fa-l-tafakkur taḥsiluhu wa-t-tadhakkur tahaffuzuhu » (« la réflexion en assure l’acquisition et la remémoration en assure la conservation »). (3) La source a été citée un peu plus haut.
وقال الله تعالى: ﴿إِنَّ فِي ذَلِكَ لَعِبْرَةً لِمَنْ يَخْشَى﴾ [النازعات: ٢٦]، وقال: ﴿إِنَّ فِي ذَلِكَ لَعِبْرَةً لِأُولِي الْأَبْصَارِ﴾ [آل عمران: ١٣، النور: ٤٤]. * ويسمَّى: تدبُّرًا؛ لأنه نظرٌ في أدبار الأمور وهي أواخرُها وعواقبُها. ومنه: تدبُّر القول، قال تعالى: ﴿أَفَلَمْ يَدَّبَّرُوا الْقَوْلَ﴾ [المؤمنون: ٦٨]، وقال: ﴿أَفَلَا يَتَدَبَّرُونَ الْقُرْآنَ وَلَوْ كَانَ مِنْ عِنْدِ غَيْرِ اللَّهِ لَوَجَدُوا فِيهِ اخْتِلَافًا كَثِيرًا﴾ [النساء: ٨٢]، وتدبُّرُ الكلام أن ينظرَ في أوَّله وآخره، ثمَّ يعيدَ نظره مرَّةً بعد مرَّة؛ ولهذا جاء على بناء التفعُّل، كالتجرُّع والتفهُّم والتبيُّن. * ويسمَّى: استبصارًا؛ وهو استفعالٌ من التبصُّر، وهو تبيُّنُ الأمر (١) وانكشافُه وتجلِّيه للبصيرة. وكلٌّ من التذكُّر والتفكُّر له فائدةٌ غيرُ فائدة الآخر؛ فالتذكُّر يفيدُ تكرارَ القلب على ما علمه وعرفه ليرسَخ فيه ويثبت، ولا ينمحي فيذهبَ أثرُه من القلب جملة، والتفكُّرُ يفيدُ تكثيرَ العلم واستجلابَ ما ليس حاصلًا عند القلب؛ فالتفكُّرُ يحصِّلُه والتذكُّرُ يحفظُه (٢). ولهذا قال الحسن: «ما زال أهلُ العلم يعودون بالتذكُّر على التفكُّر، وبالتفكُّر على التذكُّر، ويُناطِقون القلوب، حتى نَطَقَت بالحكمة» (٣). فالتفكُّرُ والتذكُّرُ بِذَارُ العلم، وسَقْيُه مطارحتُه، ومذاكرتُه تلقيحُه، كما
(١) (ق، ح): «تبيين الأمر». خطأ. (٢) (ق، د): «فالتفكر تحصيلُه والتذكر تحفُّظه». (٣) تقدَّم تخريجه قريبًا.

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