et la permanence de ces délices, ainsi que leur supériorité sur les jouissances d’ici-bas ; lorsqu’il a la certitude intime de ces deux vérités, il en découle pour lui une troisième : l’au-delà, avec ses félicités plus nobles et impérissables, mérite chez tout homme raisonnable d’être préféré à cette vie éphémère, entachée de troubles.
Viennent alors deux états possibles concernant sa connaissance de l’au-delà :
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Le premier est qu’il n’en ait entendu parler que par autrui, sans que la fraîcheur de la certitude en ait jamais touché son cœur, ni que celui-ci ait eu à se confronter (1) directement à la réalité de l’au-delà. Tel est le cas de la plupart des gens.
Dans cette situation, deux appels se disputent son âme :
• l’appel de la vie immédiate et de sa préférence ; c’est le plus puissant des deux, car il est pour lui visible et tangible ;
• l’appel de l’au-delà, plus faible à ses yeux, parce qu’il ne repose que sur l’audition : son cœur n’a pas goûté la certitude qui s’y rapporte, ni affronté sa vérité scientifique.S’il renonce alors à l’ici-bas au profit de l’au-delà, son âme lui fait croire qu’il abandonne une réalité acquise pour quelque chose de seulement probable, ou une chose certaine pour une illusion. Son état intérieur lui crie : « Je ne lâcherai pas la moindre parcelle sonnante pour une perle promise ! » (2)
C’est ce fléau qui a détourné les âmes de la préparation à l’au-delà et de la diligence qu’elle requiert ; il provient de la faiblesse de la connaissance et de la conviction à son sujet. Car avec une certitude pleine et sans