Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

et la permanence de ces délices, ainsi que leur supériorité sur les jouissances d’ici-bas ; lorsqu’il a la certitude intime de ces deux vérités, il en découle pour lui une troisième : l’au-delà, avec ses félicités plus nobles et impérissables, mérite chez tout homme raisonnable d’être préféré à cette vie éphémère, entachée de troubles.

Viennent alors deux états possibles concernant sa connaissance de l’au-delà :

  1. Le premier est qu’il n’en ait entendu parler que par autrui, sans que la fraîcheur de la certitude en ait jamais touché son cœur, ni que celui-ci ait eu à se confronter (1) directement à la réalité de l’au-delà. Tel est le cas de la plupart des gens.

    Dans cette situation, deux appels se disputent son âme :
    • l’appel de la vie immédiate et de sa préférence ; c’est le plus puissant des deux, car il est pour lui visible et tangible ;
    • l’appel de l’au-delà, plus faible à ses yeux, parce qu’il ne repose que sur l’audition : son cœur n’a pas goûté la certitude qui s’y rapporte, ni affronté sa vérité scientifique.

    S’il renonce alors à l’ici-bas au profit de l’au-delà, son âme lui fait croire qu’il abandonne une réalité acquise pour quelque chose de seulement probable, ou une chose certaine pour une illusion. Son état intérieur lui crie : « Je ne lâcherai pas la moindre parcelle sonnante pour une perle promise ! » (2)

    C’est ce fléau qui a détourné les âmes de la préparation à l’au-delà et de la diligence qu’elle requiert ; il provient de la faiblesse de la connaissance et de la conviction à son sujet. Car avec une certitude pleine et sans

(1) Kafaha, mukafahatan et kifahan : il le rencontra face à face, en l’affrontant. Cf. Lisân (racine k-f-h). (2) Voir : Sharh Maqamat al-Hariri, t. 5, p. 338 ; al-Daʾ wa-l-Dawâʾ, p. 79 ; Madarij as-Sâlikîn, t. 3, p. 350 ; ʿUddat as-Sâbirîn, p. 466.
ودوامَه وفضلَه على نعيم الدنيا، وجَزَم بهذين العِلمَين= أثمرَ له ذلك علمًا ثالثًا، وهو أنَّ الآخرةَ ونعيمَها الفاضلَ الدائمَ أولى عند كلِّ عاقلٍ بإيثاره من العاجلة المنقطعة المنغَّصة. ثمَّ له في معرفة الآخرة حالتان: إحداهما: أن يكون قد سمع ذلك من غيره، من غير أن يُباشِرَ قلبَه بَرْدُ اليقين به، ولم يُفْضِ قلبُه إلى مُكافَحة (١) حقيقة الآخرة. وهذا حالُ أكثر الناس. فيتجاذبُه داعيان: * أحدهما: داعي العاجلة وإيثارها، وهو أقوى الداعيَيْن؛ لأنه مُشاهَدٌ له محسوس. * وداعي الآخرة، وهو أضعفُ الداعيَيْن عنده؛ لأنه داعٍ عن سماع، لم يُباشِر قلبَه اليقينُ به، ولا كافحَه حقيقتُه العلمية. فإذا تركَ العاجلةَ للآخرة تُرِيه نفسُه بأنه قد تركَ معلومًا لمظنون، أو متحقِّقًا لموهوم، فلسانُ الحال ينادي عليه: لا أدعُ ذَرَّةً مَنْقودةً لدُرَّةٍ موعودة (٢). وهذه الآفةُ هي التي منعت النفوسَ من الاستعداد للآخرة وأن تسعى لها سعيَها، وهي مِنْ ضعف العلم بها وتيقُّنها، وإلا فمع الجزم التامِّ الذي لا
(١) كافحه مكافحةً وكفاحًا: لقيه مواجهةً. «اللسان» (كفح). (٢) انظر: «شرح مقامات الحريري» (٥/ ٣٣٨)، و «الداء والدواء» (٧٩)، و «مدارج السالكين» (٣/ ٣٥٠)، و «عدة الصابرين» (٤٦٦).

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