De même, lorsqu’il médite sur la dernière étape des nourritures raffinées (1) pour lesquelles des âmes, à l’image du bétail, se consument, et sur ce qu’elles deviennent lorsqu’elles sont évacuées, son ambition se détourne de s’y appliquer : il refuse d’en faire l’idole de son cœur (2), vers laquelle il se tourne, pour laquelle il se réjouit ou s’emporte, s’affaire et peine, se lie d’amitié ou se déclare ennemi. Comme il est rapporté dans le Musnad (3), le Prophète ﷺ a dit : « Allah a fait de la nourriture du fils d’Adam l’image de ce bas monde : même s’il l’assaisonne (4) et la sale, il sait très bien ce qu’elle deviendra. » Lorsque sa pensée s’arrête donc sur cette issue et son terme, et que son âme est libre et noble, il la juge trop élevée pour la réduire en esclavage à ce dont la fin est la plus fétide, la plus vile et la plus abjecte.
Section (5)
Une fois cela compris, la réflexion consiste à réunir dans le cœur deux connaissances afin d’en faire naître (6) une troisième.
Par exemple : qu’il présente à son cœur la vie d’ici-bas, son existence, ses jouissances, les fléaux qui les accompagnent, ainsi que leur interruption et leur disparition ; puis qu’il fasse venir à son cœur l’au-delà, ses délices et ses voluptés