Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

L’un des initiés (1) déclara : « Si les cœurs des pieux, par la méditation, pouvaient contempler ce qui a été réservé (2) derrière les voiles de l’invisible comme biens de l’Autre Monde, aucune vie d’ici-bas ne leur semblerait douce et leurs yeux n’y trouveraient plus de quiétude. »

Al-Hasan (3) dit : « Une longue retraite rend la réflexion plus parfaite (4), et la constance dans la réflexion indique la voie du Paradis. »

Wahb (5) affirma : « Jamais la réflexion de quiconque ne s’est prolongée sans qu’il n’apprenne, et jamais un homme n’a appris sans qu’il ne mette en pratique. » (6)

ʿUmar b. ʿAbd al-ʿAzīz déclara : « Méditer sur les bienfaits d’Allah compte parmi les plus grandes (7) formes d’adoration. » (8)

Voyant l’un de ses compagnons absorbé dans la réflexion, ʿAbd Allāh b. al-Mubārak (9) lui dit : « Où… »

(1) Il s’agissait d’une femme bédouine résidant près de La Mecque, selon l’Ihya ulum ad-din (4/424). Al-Zabidi précise dans son commentaire (13/311) : « Ce récit est rapporté par Ibn Abi Dunya ». Il se trouverait sans doute dans son ouvrage At-tafakkur, mais nous n’y avons pas encore retrouvé le passage. (2) Lecture variante de l’Ihya : « on l’a déjà mise en réserve pour elle ». (3) Telle est la leçon des manuscrits de base ; l’Ihya (4/425) et le Tafsir d’Ibn Kathir (2/825) lisent : « Luqman ». (4) L’Ihya donne « afham » (« je lui fais comprendre »), tandis que le Tafsir d’Ibn Kathir lit « alhamu » (« je lui inspire »). (5) Wahb ibn Munabbih al-Sanʿani, tabiʿi fiable, abondant transmetteur de récits issus des Banou Israël (m. 114 H). Voir : Siyar (4/544). (6) Rapporté par Abu Chaykh dans Al-ʿazama, no 56. (7) L’Ihya et la Hilya portent la variante : « afdal » (« plus méritoire »). (8) Rapporté par Abu Nuʿaym dans Al-Hilya (5/314). (9) L’Ihya attribue ce propos à Sahl ibn ʿAli.
وقال بعض العارفين (١): «لو طالعَت قلوبُ المتقينَ بفِكْرها إلى ما قُدِّرَ (٢) في حُجُب الغيب من خير الآخرة، لم يَصْفُ لهم في الدنيا عَيْش، ولم تَقَرَّ لهم فيها عين». وقال الحسن (٣): «طولُ الوحدة أتمُّ (٤) للفكرة، وطولُ الفكرة دليلٌ على طريق الجنة». وقال وهب (٥): «ما طالت فكرةُ أحدٍ قطُّ إلا عَلِمَ، وما عَلِمَ امرؤٌ قطُّ إلا عَمِل» (٦). وقال عمر بن عبد العزيز: «الفكرةُ في نِعَم الله من أعظم (٧) العبادة» (٨). وقال عبد الله بن المبارك لبعض أصحابه (٩)، وقد رآه مفكِّرًا: أين
(١) امرأة كانت تسكن البادية قريبًا من مكة، كما في «إحياء علوم الدين» (٤/ ٤٢٤)، وقال الزبيدي في شرحه (١٣/ ٣١١): «رواه ابن أبي الدنيا». ولعله في كتاب «التفكر»، ولم يعثر عليه بعد. (٢) «الإحياء»: «قد ادُّخِر لها». (٣) كذا في الأصول. وفي «الإحياء» (٤/ ٤٢٥)، و «تفسير ابن كثير» (٢/ ٨٢٥): «لقمان». (٤) «الإحياء»: «أفهم». «تفسير ابن كثير»: «ألهمُ». (٥) وهب بن منبِّه الصنعاني؛ تابعيٌّ ثقة، كثير الرواية عن بني إسرائيل (ت: ١١٤). انظر: «السير» (٤/ ٥٤٤). (٦) أخرجه أبو الشيخ في «العظمة» (٥٦). (٧) «الإحياء»، و «الحلية»: «أفضل». (٨) أخرجه أبو نعيم في «الحلية» (٥/ ٣١٤). (٩) «الإحياء»: «لسهل بن علي».

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