rait dans la désobéissance envers Allah ; celui-là vient immédiatement après le riche ignorant dans l’échelle des hommes et l’égale dans la faute, en raison de son intention ferme à laquelle s’adosse la part de capacité qui lui est possible ; tout ce qu’il a pu faire se réduit à cette déclaration, incapable qu’il était d’aller plus loin.
Ainsi, le Prophète ﷺ a divisé les bienheureux en deux groupes et a fait du savoir, conjoint à sa mise en pratique, la cause de leur félicité ; il a pareillement partagé les malheureux en deux groupes et a attribué leur infortune à l’ignorance et à ses conséquences. En définitive, tout le bonheur revient à la science et à ce qu’elle implique, et tout le malheur à l’ignorance et à ses fruits.
153ᵉ aspect : il est rapporté de certains Pieux Prédécesseurs qu’ils disaient : « Une heure de méditation vaut mieux que soixante années d’adoration » (1).
Un homme interrogea Umm ad-Dardâ’, après la mort d’Abu ad-Dardâ’, sur son culte. Elle répondit : « Il passait toute sa journée, retiré dans un coin, à méditer » (2).
(1) Rapporté par Abou Cheikh al-Isfahani dans Al-ʿAzama, n° 43 ; repris par Ibn al-Djawzi dans Al-Mawdouʿat, n° 1627, sous forme marfouʿ d’après Abou Hourayra, avec une chaîne de transmission très faible. Cf. également : Silsilat al-aḥadith al-ḍaʿifa, n° 173. — Abou Cheikh mentionne encore (n° 48), par l’intermédiaire de ʿAmr b. Qays al-Malāʾi : «Il m’est parvenu qu’une heure de réflexion vaut mieux que l’œuvre d’un âge tout entier.»
(2) Les manuscrits de base portent «badiyat al-tafakkur» ; le premier mot manque dans les témoins D et Q, lecture fautive par rapport au texte retenu. Dans l’Iḥyāʾ (4/424) — source de l’auteur — on lit : «dans un coin de la maison, il méditait». Abou Nuʿaym rapporte dans Ḥilyat al-awliyāʾ (1/164) d’après Oumm Dharr : interrogée sur Abou Dharr, elle déclara : «Il passait toute la journée retiré à méditer» ; version abrégée dans Ṣifat al-ṣafwa (1/591) : «dans un coin, il méditait». — Ibn Abî Chayba, Al-Muṣannaf (13/703) ; Hannâd, Al-Zuhd (n° 958) ; Ibn al-Moubârak, Al-Zuhd (n° 286, 872) ; Aḥmad, Al-Zuhd (n° 135) ; Abou Nuʿaym, Ḥilya (1/208, 4/352) ; Abou Cheikh, Al-ʿAzama (n° 45-46) et d’autres, rapportent par diverses chaînes qu’on demanda à Oumm ad-Dardâʾ : «Quel était le meilleur acte d’Abou ad-Dardâʾ ?». Elle répondit : «La méditation», certains ajoutant : «et la prise de leçon».