Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

En revanche, la science qui vise une finalité intrinsèque, dont le fruit recherché provient d’elle-même, ne saurait être tenue pour inférieure à la simple action.

Comment la seule adoration corporelle pourrait-elle être meilleure que la connaissance d’Allah, de Ses noms, de Ses attributs et de Ses jugements à l’égard de la création et de l’ordre qu’Il a établi ; que la science des œuvres du cœur, des maladies de l’âme, des voies qui corrompent les actes et les empêchent de parvenir du cœur jusqu’à Allah ; que la compréhension des distances séparant les actes du cœur puis le cœur du Seigneur — et des moyens permettant de franchir ces distances ; bref, que tout le savoir relatif à la foi, à ce qui la renforce ou l’affaiblit ?

Comment donc prétendre que la simple dévotion extérieure accomplie par les membres l’emporterait sur cette science ? Certes, celui qui réunit les deux dimensions est le plus accompli ; et s’il fallait reconnaître un surcroît de mérite à l’une d’elles, c’est la science qui l’emporterait sur l’adoration. Ainsi, si le serviteur dispose d’un surplus — en temps ou en énergie — au-delà de ce qui lui est obligatoire, l’investir dans la science héritée des prophètes est préférable à le consacrer à la seule adoration.

Telle est la conclusion irréfutable en la matière. Allah sait mieux.

152e aspect : Il a été rapporté par l’imam Aḥmad et at-Tirmidhî, d’après Abû Kabsha al-Anmârî, que le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) a dit :
« La vie d’ici-bas concerne seulement quatre catégories de gens :

  1. Un serviteur qu’Allah a gratifié de richesse et de science ; il craint (1) son Seigneur dans ses biens, entretient par eux les liens de parenté et reconnaît le droit d’Allah à leur sujet ; celui-là occupe la meilleure position auprès d’Allah.
  2. Un homme à qui Allah a donné la science sans lui accorder de biens ; il dit : “Si je possédais des richesses, j’agirais comme untel.” Grâce à son intention, tous deux (2) obtiennent la même récompense. »
(1) Le manuscrit T porte « yabghi ». (2) Les manuscrits N et Ḥ lisent « wahuma ».
وأما العلمُ المقصودُ الذي تنشأ ثمرتُه المطلوبةُ منه من نفسه فهذا لا يقال: إنَّ العمل المجرَّد أشرفُ منه. فكيف يكونُ مجرَّدُ العبادة البدنيَّة أفضلَ من العلم بالله وأسمائه وصفاته وأحكامه في خلقه وأمره، ومن العلم بأعمال القلوب، وآفاتِ النفوس، والطرقِ التي تُفسِدُ الأعمالَ وتمنعُ وصولها من القلب إلى الله، والمسافاتِ التي بين الأعمال والقلب وبين القلب والربِّ تعالى وبم تُقْطَعُ تلك المسافات، إلى غير ذلك من علم الإيمان وما يقوِّيه وما يُضْعِفُه؟! فكيف يقال: إنَّ مجرَّد التعبُّد الظاهر بالجوارح أفضلُ من هذا العلم؟! بل من قام بالأمرين فهو أكمل، وإذا كان في أحدهما فضلٌ ففضلُ هذا العلم خيرٌ مِنْ فضل العبادة، فإذا كان في العبد فَضْلةٌ عن الواجب كان صرفُها إلى العلم الموروث عن الأنبياء أفضلَ من صرفها إلى مجرَّد العبادة. فهذا فصلُ الخطاب في هذه المسألة والله أعلم. الوجه الثاني والخمسون بعد المئة: ما رواه الإمام أحمد والترمذي من حديث أبي كبشة الأنماري قال: قال رسولُ الله ﷺ: «إنما الدنيا لأربعة نفر: * عبد رزقه الله مالًا وعلمًا، فهو يتقي (١) في ماله ربَّه، ويَصِلُ فيه رَحِمَه، ويعلمُ لله فيه حقًّا؛ فهذا بأحسن المنازل عند الله. * ورجلٍ آتاه اللهُ علمًا ولم يُؤْتِه مالًا، فهو يقول: لو أنَّ لي مالًا لعملتُ بعمل فلان؛ فهو بنيَّته، فهما (٢) في الأجر سواء.
(١) (ت): «يبغي». (٢) (ن، ح): «وهما».

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