En revanche, la science qui vise une finalité intrinsèque, dont le fruit recherché provient d’elle-même, ne saurait être tenue pour inférieure à la simple action.
Comment la seule adoration corporelle pourrait-elle être meilleure que la connaissance d’Allah, de Ses noms, de Ses attributs et de Ses jugements à l’égard de la création et de l’ordre qu’Il a établi ; que la science des œuvres du cœur, des maladies de l’âme, des voies qui corrompent les actes et les empêchent de parvenir du cœur jusqu’à Allah ; que la compréhension des distances séparant les actes du cœur puis le cœur du Seigneur — et des moyens permettant de franchir ces distances ; bref, que tout le savoir relatif à la foi, à ce qui la renforce ou l’affaiblit ?
Comment donc prétendre que la simple dévotion extérieure accomplie par les membres l’emporterait sur cette science ? Certes, celui qui réunit les deux dimensions est le plus accompli ; et s’il fallait reconnaître un surcroît de mérite à l’une d’elles, c’est la science qui l’emporterait sur l’adoration. Ainsi, si le serviteur dispose d’un surplus — en temps ou en énergie — au-delà de ce qui lui est obligatoire, l’investir dans la science héritée des prophètes est préférable à le consacrer à la seule adoration.
Telle est la conclusion irréfutable en la matière. Allah sait mieux.
152e aspect : Il a été rapporté par l’imam Aḥmad et at-Tirmidhî, d’après Abû Kabsha al-Anmârî, que le Messager d’Allah (qu’Allah le bénisse et le salue) a dit :
« La vie d’ici-bas concerne seulement quatre catégories de gens :
- Un serviteur qu’Allah a gratifié de richesse et de science ; il craint (1) son Seigneur dans ses biens, entretient par eux les liens de parenté et reconnaît le droit d’Allah à leur sujet ; celui-là occupe la meilleure position auprès d’Allah.
- Un homme à qui Allah a donné la science sans lui accorder de biens ; il dit : “Si je possédais des richesses, j’agirais comme untel.” Grâce à son intention, tous deux (2) obtiennent la même récompense. »