Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

Il dit également : « Rapporter le hadith et le diffuser parmi les gens vaut mieux que l’adoration de mille dévots. » (1)

Puisque la quête du savoir, sa recherche, sa consignation par écrit et l’examen critique qu’on lui applique relèvent tout à la fois du cœur et des membres, elles comptent parmi les œuvres les plus méritoires. Au sein des actes extérieurs, la place qu’occupe l’étude de la science est comparable à celle qu’occupent, parmi les œuvres intérieures du cœur, la sincérité, la confiance (tawakkul), l’amour, le retour repentant (inâba), la crainte révérencielle, l’agrément et autres actes similaires.

Si l’on objecte : « La science n’est qu’un moyen menant à la pratique, laquelle est la finalité ; or la fin l’emporte sur le moyen. Comment, dès lors, le moyen pourrait-il être préféré à sa fin ? », nous répondrons : la science comme la pratique se divisent toutes deux en deux catégories : l’une sert de moyen, l’autre constitue une fin.

Ainsi, la science n’est pas dans sa totalité un simple moyen ordonné à autre chose ; la connaissance d’Allah, de Ses noms et de Ses attributs est, sans conteste, la plus noble des sciences : elle est recherchée pour elle-même, voulue pour sa propre valeur.

Allah — exalté soit-Il — a dit : « Allah est Celui qui a créé sept cieux, et de la terre leur équivalent ; Son ordre descend entre eux afin que vous sachiez qu’Allah est capable de toute chose et qu’Allah embrasse toute chose de Sa science. » [At-Talâq, 12] — Il informe ainsi qu’Il a créé les cieux et la terre et fait descendre Son ordre entre eux pour que Ses serviteurs sachent qu’Il est Omniscient et Tout-Puissant ; cette connaissance est donc la finalité même pour laquelle la création a été voulue.

Il dit encore : « Sache donc qu’il n’est de divinité digne d’adoration qu’Allah. » [Muḥammad, 19] — la connaissance de Son unicité et du fait qu’il n’existe pas d’autre dieu que Lui est recherchée pour elle-même, même si elle ne saurait suffire seule : elle doit être accompagnée de Son adoration exclusive, sans associé. Ces deux choses sont donc poursuivies pour elles-mêmes : qu’Il soit connu

(1) Ibn ʿAbd al-Barr le rapporte dans al-Jâmiʿ, vol. 1, p. 132, d’après Jaʿfar b. Muḥammad.
وقال أيضًا: «روايةُ الحديث وبثُّه في الناس أفضلُ من عبادة ألف عابد» (١). ولمَّا كان طلبُ العلم والبحثُ عنه وكتابتُه والتفتيشُ عليه من عمل القلب والجوارح كان من أفضل الأعمال، ومنزلتُه من عمل الجوارح كمنزلة أعمال القلب من الإخلاص والتوكُّل والمحبة والإنابة والخشية والرِّضا ونحوها من الأعمال الظاهرة. فإن قيل: فالعلمُ إنما هو وسيلةٌ إلى العمل ومرادٌ له، والعملُ هو الغاية، ومعلومٌ أنَّ الغايةَ أشرفُ من الوسيلة، فكيف تُفَضَّلُ الوسائلُ على غاياتها؟ قيل: كلٌّ من العلم والعمل ينقسمُ قسمين: منه ما يكونُ وسيلة، ومنه ما يكونُ غاية. فليس العلمُ كلُّه وسيلةً مرادةً لغيرها؛ فإنَّ العلمَ بالله وأسمائه وصفاته هو أشرفُ العلوم على الإطلاق، وهو مطلوبٌ لنفسه مرادٌ لذاته. قال الله تعالى: ﴿اللَّهُ الَّذِي خَلَقَ سَبْعَ سَمَاوَاتٍ وَمِنَ الْأَرْضِ مِثْلَهُنَّ يَتَنَزَّلُ الْأَمْرُ بَيْنَهُنَّ لِتَعْلَمُوا أَنَّ اللَّهَ عَلَى كُلِّ شَيْءٍ قَدِيرٌ وَأَنَّ اللَّهَ قَدْ أَحَاطَ بِكُلِّ شَيْءٍ عِلْمًا﴾ [الطلاق: ١٢]؛ فقد أخبر سبحانه أنه خلقَ السموات والأرض ونزَّل الأمرَ بينهنَّ ليَعْلَم عبادُه أنه بكلِّ شيءٍ عليم، وعلى كلِّ شيءٍ قدير؛ فهذا العلمُ هو غايةُ الخلق المطلوبة. وقال تعالى: ﴿فَاعْلَمْ أَنَّهُ لَا إِلَهَ إِلَّا اللَّهُ﴾ [محمَّد: ١٩]؛ فالعلمُ بوحدانيَّته تعالى وأنه لا إله إلا هو مطلوبٌ لذاته، وإن كان لا يُكتفى به وحده، بل لا بدَّ معه من عبادته وحده لا شريك له؛ فهما أمران مطلوبان لأنفسهما: أن يُعْرَفَ
(١) علَّقه ابن عبد البر في «الجامع» (١/ ١٣٢) عن جعفر بن محمد.

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