Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

à Son égard, l’humilité qu’il manifeste envers lui-même pour avoir commis cette faute (1), la conviction qu’il nourrit (2) qu’Allah l’a interdite et qu’il a un Seigneur qui, à la fois, pardonne le péché et châtie celui qui l’a commis, ainsi que bien d’autres attitudes qu’Il agrée : tout cela recouvre la faute, en affaiblit la revendication et en efface l’empreinte. Quant à l’ignorant de ces réalités, ou de la plupart d’entre elles, il ne possède que l’obscurité du péché, sa laideur et ses conséquences funestes ; ces deux situations (3) ne sauraient donc être mises sur le même plan.

Voici la parole décisive sur ce point : il apparaît nettement que les deux affirmations sont vraies, qu’elles ne se contredisent nullement, et que, chez le savant comme chez l’ignorant, l’aggravation de la laideur du péché provient de l’ignorance et du fait que la faute se trouve dépourvue de tout ce qui pourrait la contrebalancer, en atténuer l’effet et en effacer la trace. Ainsi, dans les deux cas, la laideur renvoie à l’ignorance et à ce qu’elle implique, tandis que sa rareté et son affaiblissement proviennent de la science et de ce qu’elle suppose. Voilà une preuve manifeste de la noblesse et du mérite du savoir. Qu’Allah accorde la réussite.

Cent cinquante et unième point : le savant occupé à l’étude et à l’enseignement se trouve constamment en adoration ; le simple fait d’apprendre et d’enseigner est, en soi, un acte cultuel.

Ibn Masʿûd a dit : « Le juriste ne cesse de prier. » — « Comment prie-t-il ? » lui demanda-t-on. Il répondit : « Le rappel d’Allah emplit son cœur et sa langue. » Rapporté par Ibn ʿAbd al-Barr (4).

Dans un hadith attribué à Muʿâdh, tantôt comme parole prophétique, tantôt comme parole du Compagnon, il est dit : « Apprenez la science ; l’apprendre pour Allah est crainte, la rechercher est adoration, et l’étudier en commun est glorification. » Ce texte a déjà été cité (5), et l’avis le plus juste est qu’il s’arrête à Muʿâdh (mawqûf).

(1) C’est-à-dire : le péché. (2) Le manuscrit (T) lit : « et sa science ». (3) Ainsi dans les manuscrits de base, tournure correcte ; l’édition (T) la remplace par : « alors ils ne sont pas égaux ». (4) Jamiʿ bayan al-ʿilm wa faḍlih, vol. 1, p. 233 : citation muʿallaqa (sans chaîne de transmission complète). (5) Ibid., p. 337.
منه، وإزرائه على نفسه بارتكابه (١)، وإيمانه (٢) بأنَّ الله حرَّمه، وأنَّ له ربًّا يغفرُ الذنبَ ويأخذُ به، إلى غير ذلك من الأمور المحبوبة للربِّ= ما يَغْمُرُ الذنب، ويُضْعِفُ اقتضاءه، ويزيلُ أثرَه، بخلاف الجاهل بذلك أو أكثره، فإنه ليس معه إلا ظلمةُ الخطيئة وقُبْحُها وآثارُها المُرْدِية، فلا سواءٌ (٣) هذا وهذا. وهذا فصلُ الخطاب في هذا الموضع، وبه يتبيَّنُ أنَّ الأمرين حق، وأنه لا منافاة بينهما، وأنَّ كلَّ واحدٍ من العالم والجاهل إنما زاد قبحُ الذنب منه على الآخر بسبب جهله، وتجرُّد خطيئته عمَّا يقاومها، ويُضْعِفُ تأثيرَها، ويزيلُ أثرها؛ فعاد القبحُ في الموضعين إلى الجهل وما يستلزمُه، وقلَّتُه وضعفُه إلى العلم وما يستلزمُه؛ وهذا دليلٌ ظاهرٌ على شرف العلم وفضله، وبالله التوفيق. الوجه الحادي والخمسون بعد المئة: أن العالِم المشتغلَ بالعلم والتعليم لا يزالُ في عبادة، فنفسُ تعلُّمه وتعليمه عبادة. قال ابن مسعود: «لا يزالُ الفقيهُ يصلِّي». قالوا: وكيف يصلي؟ قال: «ذِكرُ الله على قلبه ولسانه». ذكره ابنُ عبد البر (٤). وفي حديث معاذٍ مرفوعًا وموقوفًا: «تعلَّموا العلم؛ فإنَّ تعلُّمَه لله خشية، وطلبَه عبادة، ومذاكرتَه تسبيح»، وقد تقدَّم (٥)، والصوابُ أنه موقوف.
(١) أي: الذنب. (٢) (ت): «وعلمه». (٣) كذا في الأصول، وهو فصيح. وغيِّرت في (ط) إلى: «فلا يستوي». (٤) في «جامع بيان العلم وفضله» (١/ ٢٣٣) معلَّقًا. (٥) (ص: ٣٣٧).

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