Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

de la punition, comme on l’a dit :
« Si l’être cher en vient à commettre une seule faute, ses mérites surviennent par milliers pour intercéder en sa faveur » (1).

Un autre a déclaré (2) :
« Quand l’acte qui afflige n’est qu’un, ses actes qui réjouissent sont en grand nombre. »

Allah – exalté soit-Il – fera, au Jour de la Résurrection, la balance entre les bonnes œuvres du serviteur et ses mauvaises ; la partie qui l’emportera sera décisive. Ainsi usera-t-Il envers les gens (3) riches en bonnes actions – ceux qui ont préféré ce qu’Il aime et agrée, même si, parfois, les élans de leur nature l’ont emporté sur eux – d’une indulgence et d’un pardon qu’Il n’accordera pas aux autres.

De plus, lorsqu’un savant trébuche, il sait revenir promptement sur la bonne voie (4), réparer ce qui a dépassé la mesure et panser la blessure ; il est semblable au médecin chevronné, familier de la maladie, de ses causes et de son remède : sous sa main, le mal se dissipe plus vite que sous celle de l’ignorant.

S’y ajoute encore la connaissance qu’il détient de l’ordre d’Allah, la certitude qu’il a en Sa promesse et en Sa menace, ainsi que la crainte révérencielle qu’il éprouve

(1) Cette citation est souvent reproduite sans référence précise ; la source la plus ancienne repérée se trouve dans Lataʾif al-Ichârât d’al-Quchayrî (m. 465), t. 1, p. 34. Abû al-Barakât al-Tikrîtî (m. 599) l’a ensuite versifiée dans sa notice biographique rapportée au vol. 7 de al-Mustafâd min Dhayl Târîkh Bagdâd. (2) Il s’agit d’un vers d’al-Mutanabbî, Dîwân, p. 241, appartenant à une pièce en rime fâʾiyya raffinée. La leçon retenue dans ce recueil et dans la majorité des sources est « alûf » (« des milliers »). (3) Les manuscrits N et Ḥ lisent : « bi-ahl ». (4) Dans le manuscrit Q, on a inscrit en minuscules entre les lignes, à titre de glose, le mot « ar-rujûʿ » (« le retour »).
العقوبة، كما قيل: وإذا الحبيبُ أتى بذنبٍ واحدٍ ... جاءت محاسنُه بألفِ شفيع (١) وقال آخر (٢): فإنْ يكنِ الفعلُ الذي ساءَ واحدًا ... فأفعالُه اللَّائي سَرَرْنَ كثيرُ والله سبحانه يوازنُ يوم القيامة بين حسنات العبد وسيئاته فأيهما غَلَبَ كان التأثيرُ له، فيَفعَلُ مع أهل (٣) الحسنات الكثيرة الذين آثروا محابَّه ومَراضِيه وغلَبَتْهم دواعي طبعهم أحيانًا من العفو والمسامحة ما لا يفعلُه مع غيرهم. وأيضًا؛ فإنَّ العالمَ إذا زلَّ فإنه يُحْسِنُ إسراعَ الفيئة (٤) وتداركَ الفارِط ومداواةَ الجرح، فهو كالطبيب الحاذق البصير بالمرض وأسبابه وعلاجه، فإنَّ زوالَه على يده أسرعُ من زواله على يد الجاهل. وأيضًا؛ فإنَّ معه من معرفته بأمر الله، وتصديقه بوعده ووعيده، وخشيته
(١) كثير الورود في المصادر دون نسبة، وأقدمها: «لطائف الإشارات» للقشيري (ت: ٤٦٥) (١/ ٣٤)، وضمَّنه أبو البركات التكريتي (ت: ٥٩٩) في أبيات، في ترجمته من «المستفاد من ذيل تاريخ بغداد» (٧). (٢) وهو المتنبي في ديوانه (٢٤١) من أبياتٍ فائيةٍ رقيقة. والروايةُ فيه وفي جمهرة المصادر: «ألوف». (٣) (ن، ح): «بأهل». (٤) كُتِبَ في (ق) بخطٍّ دقيق بين السطرين ــ تفسيرًا للكلمة ــ: «الرجوع».

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