Et voici Moïse, l’interlocuteur du Tout-Miséricordieux : il jeta les Tablettes où se trouvait la parole d’Allah, que Celui-ci avait écrite pour lui, et les projeta à terre (1) au point qu’elles se brisèrent. Il frappa l’Ange de la mort à l’œil et le lui creva (2). Il adressa des reproches à son Seigneur, la nuit de l’isrâ’ (l’Ascension nocturne), au sujet du Prophète ﷺ, et déclara : « Un jeune homme, envoyé après moi, fera entrer au Paradis davantage de gens de sa communauté que n’y entreront des miens. » (3) Il saisit encore la barbe d’Aaron et le tira vers lui (4), alors qu’il était un prophète d’Allah. Or rien de tout cela n’a diminué en quoi que ce soit son prestige auprès de son Seigneur, qui continue de l’honorer et de l’aimer ; car la mission que mena Moïse, l’ennemi qu’il affronta, la patience dont il fit preuve et les vexations qu’il endura pour Allah sont d’une portée telle que de semblables incidents ne peuvent les entamer, ni ternir son visage (5), ni abaisser son rang (6).
C’est là une vérité connue de tous et ancrée dans la nature humaine : celui qui possède des milliers de bonnes actions se voit volontiers passer une, deux ou quelque autre faute comparable, au point que l’élan qui pousse à le punir pour son offense entre en concurrence avec celui qui pousse à le remercier pour son bienfait, et c’est alors l’élan de la gratitude qui l’emporte