Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

est le double de celle infligée à l’esclave pour l’adultère, la calomnie ou la consommation de vin, du fait de la plénitude du bienfait accordé à l’homme libre.

Parmi les preuves qui appuient cette règle, il y a le hadith bien connu, authentifié par Abû Nuʿaym et d’autres, où le Prophète ﷺ a dit : « Les gens qui subiront le châtiment le plus dur au Jour de la Résurrection sont le savant à qui Allah n’a pas fait profiter son savoir. » (1)

L’un des Anciens a déclaré : « Il est pardonné soixante-dix péchés à l’ignorant avant qu’un seul ne soit pardonné au savant. » (2)

Un autre a ajouté : « Allah épargne aux ignorants ce qu’Il n’épargne pas aux savants. » (3)

Réponse : ce que vous venez d’énoncer est, certes, incontestable. Toutefois, il ressort également des principes de la Sharîʿa et de la sagesse que celui dont les bonnes actions sont abondantes et considérables, et qui exerce dans l’islam une influence manifeste, bénéficie d’une tolérance qui n’est pas accordée aux autres et d’une indulgence dont ils ne jouissent pas. En effet, la désobéissance est une souillure ; or, lorsque l’eau atteint les deux qullatayn, elle n’est plus entachée par l’impureté, alors qu’une faible quantité d’eau se trouve souillée par la moindre impureté qui y tombe. (4)

(1) Le hadith a déjà été cité et son caractère faible expliqué (p. 319). (2) Rapporté par Abu Nuaym dans al-Hilya (8/100) et par al-Bayhaqi dans al-Madkhal (p. 563), d’après al-Fudayl b. ‘Iyad. (3) Rapporté par al-Ramahurmuzi dans al-Muhaddith al-Fasil (p. 605), al-Khatib dans Iqtidaʾ al-‘Ilm al-‘Amal (p. 80), Abu Nuaym dans al-Hilya (9/222), al-Bayhaqi dans al-Madkhal (p. 565), al-Diyyaʾ dans al-Mukhtara (nº 1609) et d’autres, selon Anas b. Malik, hadith attribué au Prophète (marfuʿ). ‘Abd Allah b. Ahmad — dans les versions d’Abu Nuaym, d’al-Bayhaqi et d’al-Diyyaʾ — rapporte : « Mon père a dit : “Ce hadith est munkar (dénoncé) ; il ne me l’a transmis qu’une seule fois.” » (4) Il en va de même pour le hadith célèbre rapporté par les auteurs des Sunan ; malgré de nombreux débats sur sa chaîne, il est vraisemblablement authentique en version marfuʿ, opinion retenue par la majorité des spécialistes. Voir : al-Badr al-Munir (1/404) ; al-Ihsan d’al-Huwayni (2/13). Al-‘Alaʾi a rédigé un opuscule pour en défendre l’authenticité et en discuter les arguments.
لكمال النعمة على الحُر. ومما يدلُّ على هذا الحديثُ المشهورُ الذي ثبَّته أبو نعيمٍ وغيرُه عن النبيِّ ﷺ أنه قال: «أشدُّ الناس عذابًا يوم القيامة عالِمٌ لم ينفعه الله بعلمه» (١). وقال بعضُ السَّلف: «يُغفَرُ للجاهل سبعون ذنبًا قبل أن يُغفَرَ للعالِم ذنب» (٢). وقال بعضُهم أيضًا: «إنَّ الله يعافي الجهَّال ما لا يعافي العلماء» (٣). فالجواب: أنَّ هذا الذي ذكرتموه حقٌّ لا ريب فيه، ولكنَّ من قواعد الشرع والحكمة أيضًا أنَّ من كَثُرَت حسناتُه وعَظُمَت، وكان له في الإسلام تأثيرٌ ظاهر، فإنه يُحْتَمَلُ له ما لا يُحْتَمَلُ لغيره، ويُعفى عنه ما لا يُعفى عن غيره؛ فإنَّ المعصية خَبَث، والماءُ إذا بلغ قلَّتين لم يحمل الخَبَث (٤)، بخلاف الماء القليل فإنه يَحْمِلُ أدنى خَبَثٍ يقعُ فيه.
(١) تقدم تخريجه وبيانُ ضعفه (ص: ٣١٩). (٢) أخرجه أبو نعيم في «الحلية» (٨/ ١٠٠)، والبيهقي في «المدخل» (٥٦٣) عن الفضيل بن عياض. (٣) أخرجه الرامهرمزي في «المحدث الفاصل» (٦٠٥)، والخطيب في «اقتضاء العلم العمل» (٨٠)، وأبو نعيم في «الحلية» (٩/ ٢٢٢)، والبيهقي في «المدخل» (٥٦٥)، والضياء في «المختارة» (١٦٠٩)، وغيرهم من حديث أنس بن مالك مرفوعًا. قال عبد الله بن أحمد - في رواية أبي نعيم والبيهقي والضياء -: «قال أبي: هو حديثٌ منكر. ما حدَّثني به إلا مَرَّة». (٤) كما في الحديث المشهور الذي أخرجه أصحاب السنن، وفي سنده خلافٌ كثير، والأشبهُ صحته مرفوعًا، وعليه جمهور المحدثين. انظر: «البدر المنير» (١/ ٤٠٤)، و «الإحسان» للحويني (٢/ ١٣). وللعلائي جزءٌ في تصحيحه والكلام عليه.

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