Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

« et Nous Nous vengeâmes d’eux, alors que toutes deux se trouvaient sur une voie clairement tracée. » (Coran 15, 78-79), c’est-à-dire sur un chemin évident, que le voyageur ne saurait manquer. Or, jamais on n’appelle la route une « umma ».

  1. Le terme « umma » renferme en outre un sens supplémentaire : il désigne celui qui réunit en sa personne les qualités de perfection, tant dans la science que dans la pratique, au point d’en demeurer l’unique représentant. Il concentre des vertus dispersées chez les autres ; ainsi, parce que ces vertus sont rassemblées en lui et disséminées — voire absentes — chez autrui, il s’en distingue nettement.

Le mot « umma » suggère cette idée même : la consonne mīm redoublée indique, par son point d’articulation et sa répétition, la notion de rassemblement ; de même, la voyelle ḍamma qui vocalise l’initiale — la ḍamma étant issue du wāw, dont la prononciation se fait en rapprochant les lèvres —, et enfin la lettre tā’ finale qui marque l’unicité, comme dans ghurfa (« chambre ») ou luqma (« bouchée »). C’est dans ce sens qu’il est rapporté dans le hadith : « Zayd b. ʿAmr b. Nufayl sera ressuscité, le Jour de la Résurrection, comme une umma à lui seul. » (1)

Le rassemblement et l’union sont donc constitutifs du terme « umma ». C’est également pourquoi on appelle « umma » — au sens de communauté — les membres d’un même peuple : ils sont les hommes réunis autour d’une foi unique ou vivant à une même époque (2).

La deuxième [forme de louange] est Sa parole : « qānit-an li-Llâh » (entièrement dévoué à Allah). Ibn Masʿūd a dit : « al-qānit, c’est l’obéissant. » (3) Le qunūt (dévouement absolu) est expliqué de diverses façons qui, toutes, se ramènent à la persévérance dans l’obéissance.

(1) Ce récit est transmis par de nombreuses chaînes ; la meilleure est celle qu’Abu Ya‘la rapporte dans son Musnad, n° 973, que al-Haythami a jugée authentique dans le Majma‘ al-zawaʾid, 9/417, d’après Saʿid b. Zayd. Voir aussi : Musnad Ahmad, 1/189 ; al-Bazzar, n° 1331 ; al-Tayalisi, n° 231 ; Ibn Kathir, al-Bidaya wa-n-nihaya, 3/326. (2) Mss. Q et D : « sur une même religion et à une même époque » ou « sur une même religion ». (3) Extrait de la citation précédente expliquant le terme « umma ».
فَانْتَقَمْنَا مِنْهُمْ وَإِنَّهُمَا لَبِإِمَامٍ مُبِينٍ﴾ [الحجر: ٧٨ - ٧٩]، أي: بطريقٍ واضحٍ لا يخفى على السالك. ولا يسمَّى الطريقُ: أمَّة. الثاني: أنَّ «الأمَّة» فيه زيادةُ معنى؛ وهو الذي جمع صفات الكمال من العلم والعمل بحيث بقي فيها فردًا وحده، فهو الجامعُ لخصالٍ تفرَّقت في غيره، فكأنه بايَنَ غيره باجتماعها فيه وتفرُّقها أو عدمها في غيره. ولفظُ «الأمَّة» يُشْعِرُ بهذا المعنى؛ لِمَا فيه من الميم المُضعَّفة الدَّالَّة على الضمِّ بمخرجها وتكريرها، وكذلك ضَمُّ أوله؛ فإنَّ الضَّمة من الواو، ومخرجُها ينضمُّ عند النطق بها، وأتى بالتاء الدَّالَّة على الوَحْدَة كالغُرفة واللُّقمة، ومنه الحديث: «إنَّ زيد بن عمرو بن نفيلٍ يُبعثُ يوم القيامة أمَّةً وحده» (١). فالضمُّ والاجتماعُ لازمٌ لمعنى «الأمَّة»، ومنه سمِّيت «الأمَّة» التي هي آحادُ الأمم؛ لأنهم الناسُ المجتمعون على دينٍ واحدٍ أو في عصرٍ واحد (٢). الثاني: قوله: ﴿قَانِتًا لِلَّهِ﴾، قال ابن مسعود: «القانت المطيع» (٣). والقنوتُ يفسَّر بأشياء كلها ترجعُ إلى دوام الطاعة.
(١) رُوِي من وجوهٍ كثيرة. من أحسنها ما أخرجه أبو يعلى في «المسند» (٩٧٣)، وحسنه الهيثمي في «المجمع» (٩/ ٤١٧) عن سعيد بن زيد ﵁. وانظر: مسانيد أحمد (١/ ١٨٩)، والبزار (١٣٣١)، والطيالسي (٢٣١)، و «البداية والنهاية» (٣/ ٣٢٦). (٢) (ق، د): «على دين واحد وفي عصر واحد أو على دين واحد». (٣) جزءٌ من الأثر السابق في تفسير «الأمة».

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