en ces termes : « Je détiens un savoir que tu ne détiens pas » (Coran 27, 22). Si l’oiseau se permit pareille audace, c’est uniquement grâce au savoir ; sans le pouvoir qu’accorde la science, jamais une simple huppe – si faible – n’aurait pu s’adresser de la sorte à Salomon, si puissant, si ce n’est portée par l’autorité de la connaissance.
On raconte dans la même veine la célèbre anecdote suivante : un jour, un savant fut interrogé sur un point de droit et répondit : « Je l’ignore. » L’un de ses élèves déclara aussitôt : « Moi, je connais cette question. » Le maître se mit en colère et voulut le châtier. L’élève reprit : « Ô maître, tu n’es pas plus savant que Salomon fils de David, quelque soit l’étendue de ta science, et je ne suis pas plus ignorant que la huppe. Or celle-ci dit à Salomon : “Je détiens un savoir que tu ne détiens pas”, et il ne la blâma ni ne la rudoya. » (1)
146ᵉ point : quiconque obtient un fragment de la noblesse d’ici-bas ou de l’au-delà ne l’obtient que par la science.
Réfléchis à ce qu’Adam reçut : la préférence qui le distingua des anges et l’aveu qu’ils lui firent lorsque Dieu lui enseigna tous les noms ; puis la manière dont il put, grâce aux paroles qu’il apprit de son Seigneur, se relever de sa faute et compenser la perte du séjour au Paradis par quelque chose qui, pour lui, valait mieux encore. (2)
Vois également Joseph : sa prise de pouvoir sur la terre, sa puissance et sa grandeur lui vinrent de la science de l’interprétation du songe, puis de sa connaissance des moyens lui permettant d’arracher son frère à ses autres frères d’une façon qu’ils reconnussent eux-mêmes et qu’ils sanctionnassent. L’affaire déboucha sur la noblesse, une issue heureuse et la perfection d’un état auquel il parvint grâce au savoir, comme le suggère la parole divine : « Ainsi avons-Nous disposé pour Joseph ; il n’aurait pas pu retenir son frère selon la loi du roi sans que Dieu ne le veuille. Nous élevons en degrés qui Nous voulons, et au-dessus… » (Coran 12, 76)