Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim
  1. Ne pas mettre la science en pratique ; en effet, le fait d’agir selon elle conduit à la rappeler constamment, à la méditer, à l’observer et à y réfléchir, tandis que celui qui néglige de la traduire en actes finit par l’oublier.

L’un des pieux prédécesseurs disait : « Nous avions recours à la mise en pratique pour nous aider à mémoriser la science. » (1)
Un autre affirmait également : « La science appelle l’action ; si l’action répond, elle s’installe, sinon elle s’en va. »

Ainsi, la pratiquer est l’une des plus grandes causes de sa préservation et de sa stabilité ; la délaisser, c’est la perdre. Jamais la science n’a été attirée ni retenue par quoi que ce soit d’aussi efficace que l’action. Allah, le Très-Haut, dit : « Ô vous qui croyez ! Craignez Allah et croyez en Son Messager ; Il vous accordera une double part de Sa miséricorde et Il vous donnera une lumière avec laquelle vous marcherez. » [Al-Hadîd : 28]

Quant à Sa parole : « Craignez Allah, et Allah vous enseigne. » [Al-Baqarah : 282], elle ne relève pas du même registre ; il s’agit de deux propositions indépendantes : l’impérative, « Craignez Allah », et l’énonciative, « et Allah vous enseigne », c’est-à-dire : « Par Allah, Il vous enseignera ce dont vous devez vous prémunir. » Ce n’est pas là la conséquence de l’ordre ; si l’idée avait été de formuler une rétribution, le verbe serait venu au jussif, dépourvu de la conjonction wa : on aurait alors dit : « Craignez Allah, Il vous enseignera » ou : « Si vous Le craignez, Il vous enseignera », comme dans : « Si vous craignez Allah, Il vous accordera un discernement. » [Al-Anfâl : 29] – méditez-le donc ! (2)

144ᵉ point : Allah, glorifié soit-Il, a nié l’égalité entre le savant et celui qui ne l’est pas, tout comme Il l’a niée entre le mauvais et le bon, entre l’aveugle et le voyant,

(1) Sa chaîne de transmission, ainsi que celle du passage suivant, a déjà été analysée, p. 275. (2) Voir : Ibn Taymiyya, Majmuʿ al-Fatawā, vol. 18, p. 177 ; al-Shāṭibī, al-Muwāfaqāt, vol. 5, p. 283 ; al-Zarkashī, al-Burhān, vol. 4, p. 143.
السادس: عدمُ العمل به؛ فإنَّ العملَ به يوجبُ تذكُّرَه وتدبُّرَه ومراعاتَه والنظرَ فيه، فإذا أهملَ العملَ به نسيه. قال بعضُ السلف: «كنا نستعينُ على حفظ العلم بالعمل به» (١). وقال بعضُ السَّلف أيضًا: «العلم يهتفُ بالعمل، فإن أجابه حَلَّ وإلا ارتحل». فالعملُ به من أعظم أسباب حفظه وثباته، وتضييعُ العمل به إضاعةٌ له؛ فما استُدِرَّ العلمُ ولا استُجلِبَ بمثل العمل، قال الله تعالى: ﴿يَاأَيُّهَا الَّذِينَ آمَنُوا اتَّقُوا اللَّهَ وَآمِنُوا بِرَسُولِهِ يُؤْتِكُمْ كِفْلَيْنِ مِنْ رَحْمَتِهِ وَيَجْعَلْ لَكُمْ نُورًا تَمْشُونَ بِهِ﴾ [الحديد: ٢٨]. وأما قولُه تعالى: ﴿وَاتَّقُوا اللَّهَ وَيُعَلِّمُكُمُ اللَّهُ﴾ [البقرة: ٢٨٢]، فليس من هذا الباب، بل هما جملتان مستقلَّتان: طلبيَّة؛ وهي الأمرُ بالتقوى، وخبريَّة؛ وهي قولُه تعالى: ﴿وَيُعَلِّمُكُمُ اللَّهُ﴾، أي: والله يعلِّمُكم ما تتقون. وليست جوابًا للأمر، ولو أريد بها الجزاءُ لأُتِيَ بها مجزومةً مجرَّدةً عن الواو، فكان يقول: «واتقوا الله يعلِّمْكم»، أو: «إن تتقوه يعلِّمْكم»، كما قال: ﴿إِنْ تَتَّقُوا اللَّهَ يَجْعَلْ لَكُمْ فُرْقَانًا﴾ [الأنفال: ٢٩]، فتدبَّره (٢). الوجه الرابع والأربعون بعد المئة: أنَّ الله سبحانه نفى التسويةَ بين العالِم وغيره، كما نفى التسويةَ بين الخبيث والطيِّب، وبين الأعمى والبصير،
(١) تقدم تخريجه والذي يليه (ص: ٢٧٥). (٢) انظر: «مجموع الفتاوى» (١٨/ ١٧٧)، و «الموافقات» (٥/ ٢٨٣)، و «البرهان» للزركشي (٤/ ١٤٣).

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