Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

ou même de l’affrontement (1).

Quiconque médite l’appel lancé par le Coran constatera qu’il embrasse chacune de ces catégories sans exception, ainsi que le Très-Haut le dit : « Appelle au chemin de ton Seigneur par la sagesse, la bonne exhortation et discute avec eux de la manière la plus belle » (an-Naḥl, 16 : 125). Voilà ceux que l’on convie par la parole.

Quant aux gens du combat, ce sont ceux qu’Allah a ordonné de combattre jusqu’à ce qu’il n’y ait plus de fitna et que la religion soit entièrement vouée à Allah.

S’agissant enfin de celui qui a expliqué le verset en affirmant que l’expression « pour qui possède un cœur » désigne l’homme qui, grâce à sa nature première, se passe de la science du logicisme — parce qu’il est soutenu par une force spirituelle qui lui fait atteindre aussitôt le moyen terme —, si bien que, par la perfection de sa disposition innée, il n’a nul besoin d’observer les règles du syllogisme ; et que l’expression « prête l’oreille tout en étant présent » viserait celui qui ne dispose pas de cette force, de sorte qu’il doit apprendre la logique pour que, en la respectant et en y prêtant attention, il ne s’égare pas dans sa pensée ; et qui, de surcroît, interprète « Appelle au chemin de ton Seigneur par la sagesse » comme le syllogisme démonstratif, « et par la bonne exhortation » comme le syllogisme rhétorique, et « et discute avec eux de la manière la plus belle » comme le syllogisme dialectique : tout cela ne figure ni dans les exégèses des Compagnons, ni dans celles des Successeurs, ni chez aucun imam de l’exégèse, pas même, en vérité, dans les commentaires des musulmans. Il s’agit là d’une altération de la Parole d’Allah et d’une tentative de la plier à la terminologie des logiciens, dont la part de raison comme de foi est bien maigre (2).

(1) Le premier groupe renvoie aux gens du jidal (la controverse), le second à ceux du jilad (l’affrontement). Voir : As-Sawaʿiq al-Mursala, p. 1276 ; Al-Furusiyya, p. 83-84 ; Hidayat al-Hayara, p. 21. (2) Cette interprétation est mentionnée par Ibn Rushd dans Fasl al-Maqal, p. 17 ; Ibn Arafah la rapporte aussi dans son Tafsir, 3/56, en l’attribuant à Al-Ghazali dans Al-Iqtisad, mais je ne l’y ai pas trouvée.
أو جِلَاد (١). ومن تأمَّل دعوةَ القرآن وجدها شاملةً لهؤلاء الأقسام، متناولةً لها كلِّها؛ كما قال تعالى: ﴿ادْعُ إِلَى سَبِيلِ رَبِّكَ بِالْحِكْمَةِ وَالْمَوْعِظَةِ الْحَسَنَةِ وَجَادِلْهُمْ بِالَّتِي هِيَ أَحْسَنُ﴾ [النحل: ١٢٥]؛ فهؤلاء المدعوُّون بالكلام. وأمَّا أهلُ الجِلَاد، فهم الذين أمر اللهُ بقتالهم حتى لا تكون فتنةٌ ويكون الدِّينُ كلُّه لله. وأمَّا من فسَّر الآيةَ بأنَّ المرادَ بـ ﴿لِمَنْ كَانَ لَهُ قَلْبٌ﴾ هو المستغني بفطرته عن علم المنطق، وهو المؤيَّدُ بقوَّةٍ قُدسيَّة ينالُ بها الحدَّ الأوسط بسرعة؛ فهو لكمال فطرته مُسْتَغْنٍ عن مراعاة أوضاع المنطق، والمرادَ بمَنْ ﴿أَلْقَى السَّمْعَ وَهُوَ شَهِيدٌ﴾ من ليست له هذه القوَّة؛ فهو محتاجٌ إلى تعلُّم المنطق ليوجبَ له مراعاتُه وإصغاؤه إليه أن لا يزيغ في فكره، وفسَّر قولَه: ﴿ادْعُ إِلَى سَبِيلِ رَبِّكَ بِالْحِكْمَةِ﴾ أنها القياسُ البرهاني، و ﴿وَالْمَوْعِظَةِ الْحَسَنَةِ﴾ القياس الخَطابي، ﴿وَجَادِلْهُمْ بِالَّتِي هِيَ أَحْسَنُ﴾ القياس الجَدَلي= فهذا ليس من تفاسير الصحابة ولا التابعين ولا أحدٍ من أئمَّة التفسير، بل ولا من تفاسير المسلمين، وهو تحريفٌ لكلام الله تعالى، وحملٌ له على اصطلاح المنطقيَّة المبخوسة الحظِّ من العقل والإيمان (٢).
(١) فالنوع الأول: أهل الجدال. والثاني: أهل الجِلاد. وانظر: «الصواعق المرسلة» (١٢٧٦)، و «الفروسية» (٨٣، ٨٤)، و «هداية الحيارى» (٢١). (٢) ذكر هذا التفسير ابنُ رشد في «فصل المقال» (١٧) [ونقله ابن عرفة في تفسيره (٣/ ٥٦) عن كتاب "الاقتصاد" للغزالي، ولم أجده فيه].

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