Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

Il n’y a donc aucune divergence sur le fait que le « cœur » visé est le cœur conscient, et que « prêter l’oreille » signifie l’écouter avec attention, se tourner vers le rappel (1) et dégager son ouïe pour lui.

Les avis divergent, en revanche, sur le terme « témoin » : on recense quatre opinions.

  1. La première y voit le sens de « vision », c’est-à-dire la présence. C’est l’opinion la plus solide, et aucune autre ne sied au verset.

  2. La deuxième l’entend comme « témoin » au sens de « témoignage » (2). Selon cette lecture, trois explications sont proposées :

    1. il atteste de la véracité du message par la foi qu’il porte en lui ;
    2. il fait partie des témoins appelés à témoigner contre les gens au Jour de la Résurrection ;
    3. il détient de la part de Dieu un témoignage confirmant la prophétie de l’Envoyé de Dieu ﷺ, conformément à ce qu’il a appris des Écritures révélées.

L’interprétation correcte est la première, car la parole : « et il est témoin » constitue une proposition circonstancielle ; la conjonction « et » y est la wāw de la circonstance : il prête donc l’oreille dans cet état. Cela implique qu’au moment même où il prête l’oreille il soit présent et attentif, ce qui relève (3) de la vision intérieure et de la présence.

Si, en revanche, l’on entendait par là un témoignage rendu dans l’au-delà ou dans ce monde, le fait de le lier à l’acte de « prêter l’oreille » n’aurait plus de sens ; le propos deviendrait alors : « Il y a là un signe pour quiconque possède un cœur… »

(1) Les manuscrits D, H et N portent : «al-mudhakkar» (le masculin). (2) Le manuscrit Q lit : «min al-mushahada» (de la vision), lecture défectueuse. (3) D et N : «wa-hadha huwa min» (et cela provient de…), tandis que Q : «wa-hadha ahwan» (et cela est plus aisé).
فلم يُختَلف في أنَّ المراد بالقلب القلبُ الواعي، وأنَّ المرادَ بإلقاء السمع إصغاؤه وإقبالُه على الذكر (١)، وتفريغُ سمعه له. واختلف في الشهيد على أربعة أقوال: أحدها: أنه من المشاهدة، وهي الحضور. وهذا أصحُّ الأقوال، ولا يليقُ بالآية غيرُه. الثاني: أنه شهيدٌ من الشهادة (٢). وفيه على هذا ثلاثةُ أقوال: أحدها: أنه شاهدٌ على صحَّته بما معه من الإيمان. الثاني: أنه شاهدٌ من الشهداء على الناس يوم القيامة. الثالث: أنها شهادةٌ من الله عنده على صحَّة نبوَّة رسول الله ﷺ بما عَلِمَه من الكتب المنزَّلة. والصوابُ القولُ الأول؛ فإنَّ قولَه: ﴿وَهُوَ شَهِيدٌ﴾ جملةٌ حاليَّة، والواو فيها واو الحال، أي: ألقى السمعَ في هذه الحال. وهذا يقتضي أن يكون حالَ إلقائه السمعَ شهيدًا، وهذا من (٣) المشاهدة والحضور. ولو كان المرادُ به الشهادةَ في الآخرة أو في الدنيا لَمَا كان لتقييدها بإلقاء السمع معنى؛ إذ يصيرُ الكلام: إنَّ في ذلك لآيةً لمن كان له قلبٌ
(١) (د، ح، ن): «المذكر». (٢) (ق): «من المشاهدة». وهو تحريف. (٣) (د، ن): «وهذا هو من». (ق): «وهذا أهون».

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