Il n’y a donc aucune divergence sur le fait que le « cœur » visé est le cœur conscient, et que « prêter l’oreille » signifie l’écouter avec attention, se tourner vers le rappel (1) et dégager son ouïe pour lui.
Les avis divergent, en revanche, sur le terme « témoin » : on recense quatre opinions.
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La première y voit le sens de « vision », c’est-à-dire la présence. C’est l’opinion la plus solide, et aucune autre ne sied au verset.
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La deuxième l’entend comme « témoin » au sens de « témoignage » (2). Selon cette lecture, trois explications sont proposées :
- il atteste de la véracité du message par la foi qu’il porte en lui ;
- il fait partie des témoins appelés à témoigner contre les gens au Jour de la Résurrection ;
- il détient de la part de Dieu un témoignage confirmant la prophétie de l’Envoyé de Dieu ﷺ, conformément à ce qu’il a appris des Écritures révélées.
L’interprétation correcte est la première, car la parole : « et il est témoin » constitue une proposition circonstancielle ; la conjonction « et » y est la wāw de la circonstance : il prête donc l’oreille dans cet état. Cela implique qu’au moment même où il prête l’oreille il soit présent et attentif, ce qui relève (3) de la vision intérieure et de la présence.
Si, en revanche, l’on entendait par là un témoignage rendu dans l’au-delà ou dans ce monde, le fait de le lier à l’acte de « prêter l’oreille » n’aurait plus de sens ; le propos deviendrait alors : « Il y a là un signe pour quiconque possède un cœur… »