Et Sa parole : « ou prête l’oreille tout en étant témoin » signifie qu’il dirige son ouïe vers ces récits empreints d’exhortation, qu’il les fixe dans son audition (1) ; tel est le fait de « jeter » l’écoute sur elles. C’est dans ce sens qu’Il dit : « J’ai fait descendre sur toi un amour venu de Moi » [Tâ Hâ : 39], c’est-à-dire : Je l’ai fermement établi sur toi.
Quant à Sa parole : « et il est témoin », certains exégètes ont expliqué qu’elle signifie : il assiste, tourné vers la chose, sans s’en détourner ni penser à autre chose que ce qu’il entend (2).
Qatâda a dit : il s’agit là d’une allusion aux Gens du Livre ; c’est comme s’Il disait : ces leçons sont un rappel pour quiconque possède de l’intelligence et médite l’affaire, ou pour celui qui les aura entendues des Gens du Livre et en aura attesté la véracité, sachant qu’elles figurent dans la Torah (3) et dans les autres Écritures des Enfants d’Israël.
Ainsi, « témoin » (shahîd) se rapporte, selon la première explication, à la vision immédiate, et selon la seconde, à l’attestation.
Az-Zajjâj (4) a dit : le sens de « pour qui possède un cœur » est : pour celui qui oriente son cœur vers la compréhension. Ne vois-tu pas que, dans le verset : « Sourds, muets, aveugles » [Al-Baqara : 18], il est question de gens qui n’ont pas écouté d’une oreille attentive et désireuse de se laisser guider ; ils ont donc été assimilés à ceux qui n’entendent pas, comme l’a dit le poète :
« Sourd à ce qui le contrarie, mais tout ouïe pour ce qui lui plaît. » (5)