Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

sollicitude à leur égard ; car le Très-Haut a indiqué que Ses signes – qu’ils soient récités et entendus ou bien visibles et constatés – ne servent de rappel qu’à celui qui possède un cœur. Celui qui est dépourvu d’un cœur attentif à Allah ne tire profit d’aucun signe, même si tous défilaient devant lui ; la succession des signes pour lui ressemble au lever du soleil, de la lune et des étoiles pour l’aveugle. S’il a, en revanche, un cœur, il est semblable à l’homme voyant : lorsque les choses visibles passent devant lui, il les aperçoit.

Cependant, le détenteur d’un cœur ne peut en bénéficier qu’à deux conditions :
• Premièrement : le rendre présent et l’engager comme témoin de ce qui lui est adressé ; si le cœur demeure absent, errant dans les souhaits, les passions et les chimères, il n’en retire aucun avantage.
• Deuxièmement : une fois le cœur présent et attentif, il n’en profitera qu’en prêtant l’oreille et en s’absorbant tout entier dans l’exhortation et la guidance qui lui sont proposées.

Il y a donc ici trois éléments :

  1. la bonne santé, l’intégrité et la réceptivité du cœur ;
  2. sa convocation, son rassemblement et la prévention de sa divagation et de sa dispersion ;
  3. l’attention de l’ouïe, l’écoute appliquée et la pleine orientation vers le rappel (1).

Allah – exalté soit-Il – a réuni ces trois points dans ce verset.

Ibn ʿAṭiyya (2) a dit : « Le “cœur” désigne ici l’intellect, puisqu’il en est le siège ; le sens est : pour celui qui possède un cœur lucide dont il tire profit. »

Et il ajouta : « Ash-Shiblî a dit : un cœur présent auprès d’Allah, qui ne Se distrait de Lui pas même l’espace d’un clin d’œil. »

(1) Les manuscrits H et N lisent «al-mudhakkir»; cette leçon demeure recevable. (2) Al-Muharrar al-wajiz, vol. 13, p. 568.
مراعاتها؛ فإنه سبحانه ذكر أنَّ آياته المتلوَّة المسموعة والمرئيَّة المشهودة إنما تكونُ تذكرةً لمن كان له قلب؛ فإنَّ من عَدِمَ القلبَ الواعي عن الله لم ينتفع بكلِّ آيةٍ تمرُّ عليه ولو مرَّت به كلُّ آية، ومرورُ الآيات عليه كطلوع الشمس والقمر والنجوم ومرورِها على من لا بصر له، فإذا كان له قلبٌ كان بمنزلة البصير إذا مرَّت به المرئيَّات فإنه يراها. ولكنَّ صاحبَ القلب لا ينتفعُ بقلبه إلا بأمرين: * أحدهما: أن يُحْضِرَه ويُشْهِدَه لما يُلقى إليه؛ فإذا كان غائبًا عنه مسافرًا في الأماني والشهوات والخيالات لا ينتفعُ به. * فإذا أَحْضَرَه وأَشْهَدَه لم ينتفع إلا بأن يلقي سمعه ويصغي بكلِّيَّته إلى ما يُوعَظُ به ويُرْشَدُ إليه. وها هنا ثلاثةُ أمور: أحدها: سلامةُ القلب وصحتُه وقبولُه. الثاني: إحضارُه وجَمْعُه ومنعُه من الشُّرود والتفرُّق. الثالث: إلقاءُ السمع وإصغاؤه والإقبالُ على الذكر (١). فذكرَ اللهُ تعالى الأمورَ الثلاثة في هذه الآية. قال ابن عطية (٢): «القلبُ هنا عبارةٌ عن العقل؛ إذ هو محلُّه، والمعنى: لمن كان له قلبٌ واعٍ ينتفعُ به». قال: «وقال الشِّبلي: قلبٌ حاضرٌ مع الله لا يغفلُ عنه طرفةَ عين.
(١) (ح، ن): «المذكر». وهي محتملة. (٢) في «المحرر الوجيز» (١٣/ ٥٦٨).

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