Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

az-Zubayr (1) aimait débattre avec Ibn ʿAbbâs ; il se retenait donc de lui transmettre sa science. ʿUbayd Allâh ibn ʿAbd Allâh ibn ʿUtba, en revanche, usait de tact lorsqu’il l’interrogeait, si bien qu’Ibn ʿAbbâs le combla d’un savoir abondant (2).

Ibn Jurayj déclara : « Je n’ai pu recueillir de ʿAṭâʾ la science que j’en ai recueillie qu’en faisant preuve de douceur à son égard » (3).

L’un des Pieux Prédécesseurs disait : « Lorsque tu t’assois auprès d’un savant, sois plus désireux d’écouter que de parler » (4).

Allah — exalté soit-Il — a dit : « Il y a là un rappel pour quiconque a un cœur ou prête l’oreille en étant pleinement présent » (Qâf, 37).

Réfléchis donc aux trésors de science que recèlent ces paroles, à la façon dont le fait d’y prêter attention ouvre au serviteur les portes du savoir et de la guidée, et à la manière dont elles se ferment à qui les néglige et manque de

(1) Les manuscrits portent cette lecture, mais il s’agit d’une méprise : le nom correct est Abou Salama b. ‘Abd al-Rahman, comme l’indiquent « al-‘Ilal » et les sources déjà citées. Parce qu’il polémiquait avec Ibn ‘Abbas, il fut privé d’une large part de son savoir. Voir : Ibn Sa‘d, al-Tabaqât, 5/250 ; Ibn ‘Abd al-Barr, al-Tamhîd, 7/60-61 ; al-Mizzî, Tahdhîb al-kamâl, 19/75, etc. On rapporte qu’il disait : « Si j’avais été plus conciliant avec Ibn ‘Abbas, j’aurais acquis beaucoup de science auprès de lui. » Rapporté par al-Dârimî (412, 568) et d’autres. (2) L’expression « gharra al-tâʾiru farakhah » signifie : « l’oiseau nourrit son petit avec son bec » (Lisân al-‘Arab, racines gh-r-r et z-q-q). Cette tournure est absente des manuscrits Q, T, D et altérée dans Ṭ et plusieurs autres sources. Elle est tirée d’un ḥadith attribué au Prophète (chaîne non authentique) selon lequel il « gorgeait ‘Alî de science comme l’oiseau gorge son petit ». Rapporté par Aḥmad, Faḍâʾil al-ṣaḥâba, 1153, et Ibn ‘Asâkir, Târîkh Dimashq, 42/170. (3) Ibn ‘Abd al-Barr, al-Jâmi‘, 1/423, 519. (4) Ibn ‘Abd al-Barr, al-Jâmi‘, 1/521 ; al-Qâlî, al-Amâlî, 2/188.
الزبير (١) يحبُّ مُمَاراةَ ابنَ عباس فكان يَخْزُنُ علمَه عنه، وكان عبيدُ الله بن عبد الله بن عتبة يَلْطُفُ له في السؤال فيَغُرُّه بالعلم غَرًّا (٢)». وقال ابن جريج: «لم أستخرج العلمَ الذي استخرجتُ من عطاء إلا برفقي به» (٣). وقال بعضُ السَّلف: «إذا جالستَ العالم فكن على أن تسمع أحرصَ منك على أن تقول» (٤). وقد قال الله تعالى: ﴿إِنَّ فِي ذَلِكَ لَذِكْرَى لِمَنْ كَانَ لَهُ قَلْبٌ أَوْ أَلْقَى السَّمْعَ وَهُوَ شَهِيدٌ﴾ [ق: ٣٧]. فتأمَّل ما تحت هذه الألفاظ من كنوز العلم، وكيف تفتحُ مراعاتُها للعبد أبوابَ العلم والهدى، وكيف ينغلقُ بابُ العلم عنه من إهمالها وعدم
(١) كذا في الأصول. وهو وهم. وإنما هو أبو سلمة بن عبد الرحمن، كما في «العلل» والمصادر السابقة. وقد كان يماري ابنَ عباس، فحُرِم بذلك علمًا كثيرًا. انظر: «الطبقات» لابن سعد (٥/ ٢٥٠)، و «التمهيد» (٧/ ٦٠، ٦١)، و «تهذيب الكمال» (١٩/ ٧٥)، وغيرها. وصحَّ عنه أنه كان يقول: «لو رفقتُ بابن عباس لأصبتُ منه علمًا كثيرًا». أخرجه الدارمي (٤١٢، ٥٦٨) وغيره. (٢) غَرَّ الطائرُ فرخَه: أطعمه بفمه. «اللسان» (غرر) و (زقق). والعبارة مهملة في (ق، ت، د)، وتحرفت في (ط) وكثير من المصادر، وهي مقتبسةٌ من حديثٍ مرفوع لا يصحُّ إسناده أنه ﷺ كان يغرُّ عليًّا بالعلم غرًّا، أخرجه أحمد في «فضائل الصحابة» (١١٥٣)، وابن عساكر في «تاريخ دمشق» (٤٢/ ١٧٠). (٣) أخرجه ابن عبد البر في «الجامع» (١/ ٤٢٣، ٥١٩). (٤) «الجامع» لابن عبد البر (١/ ٥٢١)، و «الأمالي» للقالي (٢/ ١٨٨).

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