Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim
  1. Bien comprendre ;
  2. Mémoriser ;
  3. Enseigner ;
  4. — qui en est le fruit — mettre la science en pratique et en respecter les limites.

Certains sont privés de cette grâce faute de bien interroger : soit qu’ils ne posent jamais de questions, soit qu’ils en posent sur des points secondaires alors que d’autres, plus essentiels pour eux, les concernent davantage. C’est le cas de celui qui s’enquiert de détails superflus dont l’ignorance ne nuit pas, et délaisse ce qu’il ne saurait se dispenser de connaître. Tel est l’état de nombre de pseudo-savants ignares (1).

D’autres en sont privés pour défaut d’écoute : la parole et la controverse leur paraissent plus agréables qu’une écoute attentive (2). Il s’agit là d’un mal caché (3) qui ronge la plupart de ceux qui recherchent la science ; il les empêche de progresser, même s’ils possèdent une bonne compréhension.

Ibn ʿAbd al-Barr rapporte d’un des Pieux Prédécesseurs qu’il disait : « Celui qui comprend bien mais écoute mal, son bien ne prévaudra pas sur son mal. » (4)

ʿAbd Allâh ibn Aḥmad mentionne, dans son ouvrage Al-ʿIlal (5) : « ʿUrwa ibn

(1) Var. mss. H, N : « al-mutaʿallimîn » (les apprenants). (2) Var. mss. H, N : « âthar ʿindahu wa-aḥabbu ilayhi min al-insât » (lui était plus cher et plus apprécié que le simple fait d’écouter). (3) Var. mss. Q, D : « kâ’ina » (présente/existante). (4) Jâmiʿ bayân al-ʿilm, 1/448, d’après Anas b. Abî Shaykh, un scribe éloquent exécuté par le calife al-Rachîd en 187 H pour zandaqa ; cf. Lisân al-Mîzân, 1/468. (5) Éd. 1/186. Il est vraisemblablement attribué à l’imâm Aḥmad par la voie de son fils ʿAbd Allâh. Aḥmad l’a également rapporté dans Faḍâʾil al-Ṣaḥâba, no 1869, et al-Khaṭîb l’a transmis, par une autre chaîne, dans al-Jâmiʿ, 1/317.
الثالثة: حُسْنُ الفهم. الرابعة: الحفظ. الخامسة: التعليم. السادسة ــ وهي ثمرتُه ــ: وهي العملُ به ومراعاةُ حدوده. فمن الناس من يُحْرَمُه لعدم حُسْن سؤاله؛ إمَّا أنه لا يسألُ بحال، أو يسألُ عن شيءٍ وغيرُه أهمُّ إليه منه؛ كمن يسألُ عن فُضوله التي لا يضرُّ جهلُه بها، ويدعُ ما لا غنى له عن معرفته. وهذه حالُ كثيرٍ من الجهَّال المتعالِمين (١). ومن الناس من يُحْرَمُه لسوء إنصاته، فيكونُ الكلامُ والمماراةُ آثَر عنده من حُسْن الاستماع (٢). وهذه آفةٌ كامنةٌ (٣) في أكثر النفوس الطالبة للعلم، وهي تمنعهم علمًا ولو كان حَسَنَ الفهم. ذكر ابنُ عبد البر (٤) عن بعض السَّلف أنه قال: «من كان حسنَ الفهم رديءَ الاستماع لم يَقُمْ خيرُه بشرِّه». وذكر عبد الله بن أحمد في كتاب «العلل» له (٥) قال: «كان عروةُ بن
(١) (ح، ن): «المتعلمين». (٢) (ح، ن): «آثر عنده وأحب إليه من الإنصات». (٣) (ق، د): «كاينة». (٤) في «جامع بيان العلم» (١/ ٤٤٨) عن أنس بن أبي شيخ. وهو بليغٌ كاتب، قتله الرشيد سنة ١٨٧ على الزندقة. انظر: «لسان الميزان» (١/ ٤٦٨). (٥) (١/ ١٨٦)، والأشبه أنه للإمام أحمد من رواية ابنه عبد الله. وأخرجه أحمد أيضًا في «فضائل الصحابة» (١٨٦٩)، وأخرجه عنه ــ من غير طريق عبد الله ــ الخطيبُ في «الجامع» (١/ ٣١٧).

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