Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

Ibn al-Aʿrābī (1) récita :
« Les choses sont toutes proches quand le décret les entraîne,
mais qu’aucun destin ne les scelle et les voici lointaines.

Interroge donc le juriste : tu deviendras juriste comme lui ;
qui cherche la science dans l’humilité en deviendra maître.

Médite la science à laquelle tu te voues (2) :
nul bien dans un savoir dépourvu de réflexion.

Il arrive qu’un homme se donne de la peine (3) tout en restant défaillant,
et que l’ardeur d’un autre, qui n’a pourtant pas failli, échoue.

Ont disparu les hommes dont l’exemple faisait autorité,
ainsi que ceux qui réprouvaient toute chose blâmable.

Me voilà demeuré parmi une génération où les uns se parent les autres,
pour qu’un nécessiteux (4) couvre un autre nécessiteux. »

La science comporte six degrés (5) :

  1. Bien questionner ;
  2. Bien écouter et prêter l’oreille.
(1) Uyun al-akhbar, t. 2, p. 123. Les quatre premiers vers sont cités dans Lubab al-adab, p. 361, sans indication d’auteur. Le premier et les deux derniers figurent dans Bahjat al-majalis, t. 1, p. 182 et 801, attribués à Abd Allah b. al-Mubarak, et à al-Hasan al-Isfahani dans Irshad al-arib, p. 875. Les deux derniers sont encore rapportés d’Abu al-Aswad al-Duʾali dans Irshad al-arib, p. 1473, ainsi que dans le Mustadrak de son Diwan, p. 397 ; de Murra b. Amr al-Khuzai dans Mujam al-shuara, p. 295 ; de al-Hakam b. Abdil al-Asadi dans al-Muʾtalif wa-l-mukhtalif, p. 161 ; et de al-Marar b. Hamuyya al-Hamdani dans al-Tadwin, t. 4, p. 83. Le premier seul est attribué à Abd Allah b. Yazid al-Hilali dans HamaSat al-Buhturi, p. 246. (2) Les manuscrits portent « tafti » ; la leçon adoptée, conforme à Uyun al-akhbar et Lubab al-adab, paraît plus correcte. (3) C’est-à-dire : il jouit de faveur et de subsistance, « jad » désignant la bonne fortune. (4) Expression décrivant une conduite blâmable, comparable à une nudité dévoilée. (5) La version originale se trouve dans Uyun al-akhbar, t. 2, p. 122 ; l’auteur l’a cependant adaptée.
وأنشدَ ابنُ الأعرابي (١): ما أقربَ الأشياءَ حين يَسُوقُها ... قَدَرٌ وأبعدَها إذا لم تُقْدَرِ فسَلِ الفقيهَ تكن فقيهًا مثله ... من يَسْعَ في علمٍ بِذُلٍّ يَمْهَرِ فتدبَّر العلمَ الذي تُعنى (٢) به ... لا خيرَ في علمٍ بغير تدبُّرِ ولقد يَجِدُّ المرءُ (٣) وهو مُقَصِّرٌ ... ويخيبُ جَدُّ المرء غير مُقَصِّرِ ذَهَبَ الرجالُ المقتدى بفِعَالهم ... والمنكِرون لكلِّ أمرٍ منكرِ وبقيتُ في خَلْفٍ يُزيِّنُ بعضُهم ... بعضًا لِيَدْفَعَ مُعْوِرٌ (٤) عن مُعْوِر وللعلم ستُّ مراتب (٥): أولها: حُسْنُ السؤال. الثانية: حُسْنُ الإنصات والاستماع.
(١) «عيون الأخبار» (٢/ ١٢٣). والأبيات الأربعة الأولى في «لباب الآداب» (٣٦١) دون نسبة. والأول والأخيران في «بهجة المجالس» (١/ ١٨٢، ٨٠١) لعبدالله بن المبارك، وللحسن الأصفهاني في «إرشاد الأريب» (٨٧٥). والأخيران لأبي الأسود الدؤلي في «إرشاد الأريب» (١٤٧٣)، ومستدرك ديوانه (٣٩٧)، ولمرة بن عمرو الخزاعي في «معجم الشعراء» (٢٩٥)، وللحكم بن عبدل الأسدي في «المؤتلف والمختلف» (١٦١)، وللمرار بن حمويه الهمداني في «التدوين» (٤/ ٨٣). والأول ــ وحده ــ لعبد الله بن يزيد الهلالي في «حماسة البحتري» (٢٤٦). (٢) في الأصول: «تفتي». والمثبت من «عيون الأخبار» و «لباب الآداب»، وهو أشبه بالصواب. (٣) أي: يكون ذا حظوةٍ ورزق. من الجَدِّ. (٤) قبيحُ السِّيرة، كأنه بادي العورة. (٥) أصلها في «عيون الأخبار» (٢/ ١٢٢). وتصرَّف فيها المصنف.

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