Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

Ibrâhîm dit un jour à Manṣûr (1) :
« Pose les questions que se permettent les sots, mais retiens les réponses avec la mémoire des esprits avisés. » (2)

Demander quoi que ce soit aux gens passe, en règle générale, pour un blâme, un défaut et une humiliation contraire à la murûʾa (noblesse morale) ; il n’en va ainsi que dans les domaines autres que la science. Dans la quête du savoir, en effet, l’interrogation constitue le cœur même de la perfection, de la murûʾa et de la dignité de l’homme, comme l’a dit l’un des savants : « La meilleure des qualités d’un homme est de questionner au sujet du savoir. » (3)

On a également dit : « Lorsque tu t’assois auprès d’un savant, interroge pour t’instruire, non pour chercher la controverse. » (4)

Rûʾba ibn al-ʿAǧǧâǧ rapporta ceci : « Je me rendis chez le généalogiste al-Bakrî (5). Il me demanda : “Qui es-tu ?” – “Je suis le fils d’al-ʿAǧǧâǧ”, répondis-je. – “Tu as été bref tout en te présentant. Ne serais-tu pas de ceux qui, si je me tais, ne m’interrogent pas, et qui, si je parle, ne comprennent rien ?” – “J’espère ne pas être de ceux-là”, répondis-je. Il poursuivit : “Quels sont les ennemis de la murûʾa ?” – “À vous de me l’apprendre”, dis-je. Il répondit : “Les mauvais cousins : lorsqu’ils voient quelque chose de bien, ils le passent sous silence ; lorsqu’ils voient quelque chose de blâmable, ils le colportent.” Puis il conclut : “La science connaît un fléau, un malheur et une disgrâce : son fléau est l’oubli, son malheur le mensonge qui s’y glisse, et sa disgrâce le fait de la divulguer à qui n’en est pas digne.” (6)

(1) Ibrâhîm désigne al-Nakhaʿî, et Manṣûr est Ibn al-Muʿtamir. (2) ʿUyûn al-akhbâr, vol. 2, p. 122 ; également dans Jamhurat al-amthâl, vol. 1, p. 79, et ailleurs. (3) ʿUyûn al-akhbâr, vol. 2, p. 123. (4) ʿUyûn al-akhbâr, vol. 2, p. 123 ; aussi cité dans al-ʿIqd, vol. 2, p. 224, et d’autres sources. (5) Daghfal b. Ḥanẓala b. Zayd, spécialiste des généalogies, considéré comme Compagnon ; mort en 70 H. Voir : al-Iṣâba, vol. 2, p. 380 ; Tahdhîb al-kamâl, vol. 8, p. 486. (6) ʿUyûn al-akhbâr, vol. 2, p. 118 ; également rapporté par Ibn ʿAdî dans al-Kâmil, vol. 3, p. 180, par al-Bayhaqî dans al-Shuʿab, vol. 4, p. 386, par Ibn ʿAbd al-Barr dans al-Jâmiʿ, vol. 1, p. 449, entre autres.
وقال إبراهيمُ لمنصور (١): «سل مسألةَ الحمقى، واحفَظ حِفظَ الأكياس» (٢). وكذلك سؤالُ الناس هو عيبٌ ونقصٌ في الرجل وذِلَّةٌ تنافي المروءة، إلا في العلم، فإنه عينُ كماله ومروءته وعزِّه، كما قال بعض أهل العلم: «خيرُ خصال الرجل السؤالُ عن العلم» (٣). وقيل: «إذا جلستَ إلى عالمٍ فسَلْ تفقُّهًا لا تعنُّتًا» (٤). وقال رؤبة بن العجَّاج: أتيتُ النسَّابةَ البكري (٥)، فقال: من أنت؟ قلت: أنا ابن العجَّاج، قال: قصَّرتَ وعرَّفت، لعلَّك كقومٍ إن سكتُّ لم يسألوني، وإن تكلَّمتُ لم يَعُوا عنِّي؟ قلت: أرجو أن لا أكون كذلك، قال: ما أعداءُ المروءة؟ قلت: تُخْبِرُني، قال: بنو عمِّ السُّوء؛ إن رأوا حسنًا ستروه، وإن رأوا سيِّئًا أذاعوه. ثمَّ قال: إنَّ للعلم آفةً ونكدًا وهُجْنة؛ فآفتُه نسيانُه، ونكَدُه الكذبُ فيه، وهُجْنتُه نشرُه عند غير أهله (٦).
(١) إبراهيمُ هو النخعي، ومنصورُ ابن المعتمر. (٢) «عيون الأخبار» (٢/ ١٢٢). وهو في «جمهرة الأمثال» (١/ ٧٩)، وغيره. (٣) «عيون الأخبار» (٢/ ١٢٣). (٤) «عيون الأخبار» (٢/ ١٢٣). وهو في «العقد» (٢/ ٢٢٤)، وغيره. (٥) دَغْفَل بن حنظلة بن زيد، عالمٌ بالنَّسب، يقال: له صحبة (ت: ٧٠). انظر: «الإصابة» (٢/ ٣٨٠)، و «تهذيب الكمال» (٨/ ٤٨٦). (٦) «عيون الأخبار» (٢/ ١١٨). وأخرجه ابن عدي في «الكامل» (٣/ ١٨٠)، والبيهقي في «الشعب» (٤/ ٣٨٦)، وابن عبد البر في «الجامع» (١/ ٤٤٩)، وغيرهم.

Entreprise

  • À propos
  • Tarifs
  • Pourquoi traduire ?

Support

  • Contactez-nous
  • Signaler un bug
  • Nous soutenir
  • Faire un don
  • Arène de combat IA

Suivez-nous

© 2026 Kutub. Tous droits réservés.
Conditions d'utilisationPolitique de confidentialitéCookies