Al-Muzanî rapporte : « Lorsque ash-Shâfiʿî rencontrait un vieil homme, il l’interrogeait sur le hadith et la jurisprudence ; s’il avait quelque chose à transmettre, il l’écoutait, sinon il lui disait : “Qu’Allah ne t’accorde aucun bien ni pour toi-même ni pour l’islam ; tu t’es perdu toi-même et tu as perdu l’islam.” »
Un jour, l’un des califes abbassides jouait aux échecs. Son oncle demanda la permission d’entrer ; le calife la lui accorda et recouvrit l’échiquier. Lorsque son oncle s’assit, il lui dit : « Mon oncle, as-tu récité le Coran ? » — « Non. » — « As-tu consigné quelque chose de la Sunna ? » — « Non. » — « T’es-tu penché sur la jurisprudence et les divergences des savants ? » — « Non. » — « As-tu étudié la langue arabe et l’histoire des peuples ? » — « Non. » Le calife ordonna alors : « Découvre l’échiquier. » Il reprit la partie et toute réserve qu’il avait pour son oncle s’évanouit. Son partenaire lui dit : « Ô Commandeur des croyants, vous le découvrez alors qu’il y a ici quelqu’un devant qui vous devriez vous contenir (1) ? » — « Silence, il n’y a personne avec nous ! (2) »
Cela s’explique par le fait que l’être humain ne se distingue des autres créatures que par la part de science, de raison et d’intelligence qui lui est propre. Lorsqu’il en est dépourvu, il ne lui reste que ce qu’il partage avec le reste du règne animal, à savoir la pure animalité. De tels individus ne suscitent chez les gens ni pudeur ni retenue : en leur présence, on ne se prive pas de ce dont on se garderait devant les personnes de vertu et de savoir (3).
Cent quarantième aspect : tout détenteur d’une marchandise autre que la science, lorsqu’il apprend que