Peu après, il tomba sur un autre groupe où un jeune homme chantait :
« Tandis qu’elles parlaient de moi, elles m’ont aperçu…
À la longueur d’un mille, mon noble coursier me portait.
— Reconnaissez-vous ce garçon ? — Oui, répondirent-elles,
nous le connaissons ; et la lune peut-elle rester cachée ? »
Il demanda : « Qui est-ce ? » — « ʿUmar ibn Abî Rabîʿa », dirent-ils. — « Laissez-lui le passage, qu’il s’en aille. »
Puis il rencontra encore un groupe ; parmi eux, un homme que l’on interrogeait : « J’ai lapidé avant de me raser ; je me suis rasé avant de lapider », et d’autres points sur lesquels ils hésitaient au sujet des rites du pèlerinage. Il demanda : « Qui est-ce ? » — « ʿAbd Allâh ibn ʿUmar. » Il se tourna alors vers la fille de Qaraza et dit : « Voilà, par ton père, la vraie noblesse ; par Allah, c’est la noblesse d’ici-bas et de l’au-delà. »
Sufyân ibn ʿUyayna a dit : « Les gens qui occupent le rang le plus élevé auprès d’Allah sont ceux qui se tiennent entre Allah et Ses serviteurs ; ce sont les prophètes et les savants. » (1)
Sahl al-Tustarî a déclaré : « Celui qui veut contempler les assemblées des prophètes n’a qu’à regarder les assemblées des savants : un homme vient et dit : « Ô Untel, que dis-tu d’un homme qui a juré sur son épouse ceci ou cela ? » Il répond : « Son épouse est répudiée. » Un autre arrive : « J’ai juré ceci ou cela. » Il répond : « Ton serment n’est pas rompu par cette parole. » Cela n’appartient qu’à un prophète ou à un savant ; reconnaissez-leur donc ce mérite. » (2)
Cent trente-neuvième aspect : les âmes ignorantes, privées de science, sont affublées du vêtement de l’humiliation ; les rabaisser et les déprécier se fait plus promptement à leur encontre qu’à l’égard d’autrui ; c’est là une réalité connue aussi bien des gens d’élite que du commun.