Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

les rites du pèlerinage, alors même qu’il leur tournait le dos. Puis Sulaymân dit à ses deux fils : « Levez-vous. » Ils se levèrent et il ajouta : « Mes enfants, ne relâchez jamais vos efforts dans la quête du savoir, car je n’oublierai jamais l’humiliation que nous avons subie devant cet esclave noir. »

Ibrâhîm al-Harbî poursuit : « Muḥammad ibn ʿAbd al-Raḥmân al-Awqaṣ (1) avait le cou enfoncé dans le torse, tandis que ses épaules ressortaient comme deux pointes de lance (2). Sa mère lui dit un jour : “Mon fils, quelle que soit l’assemblée où tu paraîtras, tu seras la cible des moqueries et des railleries ; applique-toi donc à l’étude, car c’est elle qui t’élèvera.” Par la suite, il exerça la fonction de qâḍî de La Mecque pendant vingt ans.

« Lorsqu’un plaideur s’asseyait devant lui, il se mettait à trembler jusqu’à ce qu’il se lève.

« Un jour, une femme passa près de lui alors qu’il répétait : “Ô Allah, affranchis mon cou du Feu.” Elle lui lança : “Mon neveu, quel cou as-tu donc ?!” (3) »

Yahyâ ibn Aktham rapporte encore : « Le calife Hârûn ar-Rashîd me demanda : ‘Quelle est la plus noble des dignités ?’ — ‘Celle que tu occupes, ô commandeur des croyants’, répondis-je. — ‘Connais-tu quelqu’un de plus éminent que moi ?’ — ‘Non’, dis-je. — ‘Pourtant, moi, je le connais : c’est l’homme assis dans un cercle qui dit : “Untel nous a rapporté d’Untel, remontant au Messager d’Allah ﷺ.”’ Je repris : ‘Ô commandeur des croyants, serait-il meilleur que toi, alors que tu es le cousin du Messager d’Allah et l’héritier du pouvoir des musulmans ?’ — ‘Oui, malheureux ! Cet homme est meilleur que moi, car son nom est associé à celui du Messager d’Allah ; lui ne mourra jamais. Nous, nous mourrons et disparaîtrons, alors que les savants demeureront tant que durera le monde.’ (4)

(1) Al-Makhzumi al-Qurashi (m. 169 H). Sa biographie figure dans Tarikh Dimashq, 54/102 ; Akhbar al-qudat de Waki, 1/264 ; et d’autres sources. (2) Al-zujj : la pointe métallique fixée à l’extrémité inférieure de la lance. Voir Lisân (entrée « zjj »). (3) Le texte intégral (récit d’Atâ et de l’homme au cou difforme) a été rapporté d’al-Harbi par al-Khatib dans Al-Faqih wa-l-mutafaqqih, 1/140. (4) Cité par al-Khatib dans Sharaf ashab al-hadith, p. 219.
مناسك الحجِّ وقد حَوَّل قفاه إليهم، ثمَّ قال سليمان لابنيه: قُوما، فقاما، فقال: يا بَنِيَّ، لا تَنِيا في طلب العلم؛ فإني لا أنسى ذُلَّنا بين يدي هذا العبد الأسود. قال الحربي: وكان محمدُ بن عبد الرحمن الأوقص (١) عنقُه داخلٌ في بدنه، وكان منكباه خارجَيْن كأنهما زُجَّان (٢)، فقالت له أمُّه: يا بنيَّ، لا تكونُ في مجلس قومٍ إلا كنتَ المضحوكَ منه المسخورَ به، فعليك بطلب العلم فإنه يرفعك. فوَلِيَ قضاءَ مكة عشرين سنة. قال: وكان الخصمُ إذا جلس إليه بين يديه يَرْعُد حتى يقوم. قال: ومرَّت به امرأةٌ يومًا وهو يقول: اللهمَّ أعتق رقبتي من النار، فقالت له: يا ابنَ أخي، وأيُّ رقبةٍ لك؟! (٣). وقال يحيى بن أكثم: قال الرشيد: ما أنبلُ المراتب؟ قلت: ما أنت فيه يا أمير المؤمنين. قال: فتعرفُ أجلَّ منِّي؟ قلت: لا. قال: لكنِّي أعرفُه؛ رجلٌ في حَلْقةٍ يقول: حدثنا فلانٌ عن فلانٍ عن رسول الله ﷺ. قال: قلت: يا أمير المؤمنين، أهذا خيرٌ منك وأنت ابن عمِّ رسول الله ﷺ ووليُّ عهد المسلمين؟! قال: نعم، ويلك، هذا خيرٌ منِّي؛ لأنَّ اسمَه مقترنٌ باسم رسول الله، لا يموتُ أبدًا، ونحن نموتُ ونفنى، والعلماءُ باقون ما بقي الدهر (٤).
(١) المخزومي القرشي (ت: ١٦٩). ترجمته في «تاريخ دمشق» (٥٤/ ١٠٢)، و «أخبار القضاة» لوكيع (١/ ٢٦٤)، وغيرهما. (٢) الزُّجُّ: الحديدة التي في أسفل الرمح. «اللسان» (زجج). (٣) أخرج النصَّ بطوله (خبر عطاء، والأوقص) عن الحربي الخطيبُ في «الفقيه والمتفقه» (١/ ١٤٠). (٤) أخرجه الخطيب في «شرف أصحاب الحديث» (٢١٩).

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