Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

de noblesse, et il élève l’esclave au point de l’asseoir dans les assemblées des rois. Il en est ainsi, selon le hadith authentique (1) rapporté par az-Zuhrî, d’après Abû Ṭufayl : Nâfiʿ ibn ʿAbd al-Ḥârith rencontra ʿUmar ibn al-Khaṭṭâb à ʿUsfân — ʿUmar l’avait alors nommé gouverneur de La Mecque — et ʿUmar lui demanda : « Qui as-tu désigné pour diriger les habitants de la vallée ? » — « J’ai placé Ibn Abzâ à leur tête », répondit-il. — « Et qui est donc Ibn Abzâ ? » — « L’un de nos affranchis », répliqua-t-il. ʿUmar s’étonna : « Tu mets un affranchi à leur commandement ?! » Nâfiʿ expliqua : « Il récite le Livre d’Allah et maîtrise la science des parts successorales. » ʿUmar conclut : « Votre Prophète ﷺ a certes dit : “Allah élève, par ce Livre, des groupes de gens et en abaisse d’autres.” »

Abû l-ʿÂliya rapporte : « Je venais trouver Ibn ʿAbbâs alors qu’il était assis sur son lit (2), entouré de membres de Quraysh. Il prenait ma main et me faisait asseoir près de lui sur le lit ; les Qurayshites échangeaient alors des clins d’œil à mon sujet (3). Ibn ʿAbbâs s’en aperçut et dit : “Telle est la science : elle accroît la noblesse du noble et fait asseoir l’esclave sur les lits d’apparat (4).” »

Ibrâhîm al-Harbî relate encore : « ʿAtâʾ ibn Abî Rabâḥ était un esclave noir appartenant à une femme de La Mecque ; son nez ressemblait à une grosse fève.

Le commandeur des croyants Sulaymân ibn ʿAbd al-Malik vint trouver ʿAtâʾ avec ses deux fils ; ils s’assirent auprès de lui alors qu’il priait. Quand il eut achevé sa prière, il se tourna vers eux et ils n’arrêtèrent pas de l’interroger sur… »

(1) Ṣaḥīḥ Muslim, no 817. (2) Al-Dhahabī rapporte dans Siyar (4/208) : « Il s’agissait du lit (ou siège) de la résidence du gouverneur, lorsque Ibn ʿAbbās l’occupait au nom de ʿAlī. » Autrement dit : le gouvernorat de Bassora. (3) Variante manuscrite : le codex T lit « fatataghâmaz » (« ils se faisaient des signes »), tandis que N propose « fataghâmazanī » (« ils m’ont fait des signes »). (4) Rapporté par al-Bayhaqī dans Al-Madkhal, p. 398, et par d’autres. Le manuscrit N ajoute : « et l’esclave s’assied sur les lits des rois ».‎
شرفًا، ويرفعُ العبدَ المملوك حتى يُجْلِسَه مجالسَ الملوك، كما ثبت في «الصحيح» (١) من حديث الزهري، عن أبي الطفيل، أنَّ نافع بن عبد الحارث لقي عمر بن الخطاب بعُسْفان ــ وكان عمر استعمله على أهل مكة ــ فقال له عمر: من استخلفتَ على أهل الوادي؟ قال: استخلفتُ عليهم ابن أبزى، فقال: ومن ابن أبزى؟ فقال: رجلٌ من موالينا، فقال عمر: استخلفتَ عليهم مولى؟! فقال: إنه قاراءٌ لكتاب الله عالمٌ بالفرائض، فقال عمر: أما إنَّ نبيَّكم ﷺ قد قال: «إنَّ الله يرفعُ بهذا الكتاب أقوامًا ويضعُ به آخرين». قال أبو العالية: كنتُ آتي ابنَ عباس وهو على سريره (٢) وحوله قريش، فيأخذُ بيدي فيجلسني معه على السرير، فتَغامَزُ بي (٣) قريش، ففَطِنَ لهم ابنُ عباس فقال: كذا هذا العلم، يزيدُ الشريفَ شرفًا ويُجْلِسُ المملوكَ على الأسرَّة (٤). وقال إبراهيم الحربي: كان عطاءُ بن أبي رباح عبدًا أسود لامرأةٍ من أهل مكة، وكان أنفُه كأنه باقلَّاة. قال: وجاء سليمانُ بن عبد الملك أميرُ المؤمنين إلى عطاء هو وابناه، فجلسوا إليه وهو يصلي، فلمَّا صلى انفتلَ إليهم، فما زالوا يسألونه عن
(١) «صحيح مسلم» (٨١٧). (٢) قال الذهبي في «السير» (٤/ ٢٠٨): «هذا كان سرير دار الإمرَة، لما كان ابنُ عباس متولِّيها لعليٍّ ﵄». يعني: إمارة البصرة. (٣) (ت): «فتتغامز». وفي (ن): «فتغامزني». (٤) أخرجه البيهقي في «المدخل» (٣٩٨)، وغيره. وفي (ن): «ويجلس المملوك على أسرة الملوك».

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