• Parmi elles : celle que rapporte Muḥammad ibn Jarîr al-Ṭabarî (1), selon Ibn Abî Karîma, d’après Muʿân ibn Rafâʿa al-Salâmî, d’après Abû ʿUthmân al-Nahdî, d’après Usâma ibn Zayd, d’après le Prophète ﷺ.
• Parmi elles également : la voie transmise par Ḥammâd ibn Zayd, d’après Baqiyya ibn al-Walîd, d’après Muʿân ibn Rafâʿa, d’après Ibrâhîm ibn ʿAbd al-Raḥmân al-ʿUdhri, lequel rapporte que le Messager d’Allah ﷺ a dit (2).
Al-Dâraqutnî rapporte : « Aḥmad ibn al-Ḥasan nous a informés ; Hâshim ibn al-Qâsim nous a informés ; Mathnâ ibn Bakr, Mubashshir et d’autres savants nous ont également informés ; tous déclarent : Muʿân ibn Rafâʿa nous a rapporté, d’après Ibrâhîm ibn ʿAbd al-Raḥmân, d’après le Prophète ﷺ (3). »
Autrement dit, la version conservée de cette chaîne est mursal – c’est-à-dire interrompue –, car cet Ibrâhîm n’a pas connu la compagnie du Prophète (4).
(1) Le même itinéraire de transmission est cité par al-Khatib dans Sharaf ashab al-hadith (53) et par al-‘Alaï dans Bughyat al-multamis (34). La chaîne est jugée munkar : Ibn Abi Karima est faible et plusieurs rapporteurs fiables la contredisent, puisqu’ils la transmettent de Ma‘an b. Rifa‘a, d’Ibrahim al-‘Adhri, sous forme mursal, comme on le verra. Al-‘Alaï a confondu Ibn Abi Karima avec un autre narrateur fiable et a, de ce fait, authentifié le hadith.
(2) Rapporté par Ibn Hibban dans al-Thiqat (4/10), Ibn ‘Adi dans al-Kamil (1/118), al-Khatib dans Sharaf ashab al-hadith (55), et d’autres. Ma‘an b. Rifa‘a fait l’objet d’un désaccord et, dans ce hadith, sa version est contredite : al-Walid b. Muslim – narrateur sûr, ayant déclaré l’audition – le transmet d’Ibrahim al-‘Adhri, d’un shaykh digne de confiance, du Prophète. Cette forme est citée par Ibn Waddah dans al-Bida‘ wa-n-nahy ‘anha (2) et par Ibn ‘Adi dans al-Kamil (1/147).
(3) Par cette même voie, le hadith est rapporté par Ibn ‘Asakir (7/38). Voir aussi al-Jarh wa-t-ta‘dil (2/17).
(4) Tel est l’avis correct : le hadith n’est conservé que sous cette forme mursal ; toutes les chaînes marfu‘ sont défectueuses et ne peuvent le renforcer. C’est la conclusion de plusieurs grands critiques – al-Daraqutni, al-‘Uqayli, Ibn Kathir, al-‘Iraqi, etc. ; cf. al-Muqni‘ d’Ibn al-Mulaqqin (1/246), al-Du‘afa’ (4/256), Mukhtasar ‘ulum al-hadith (1/283, al-Ba‘ith al-hathith), al-Taqyid wa-l-idah (116) et Mahasin al-istilah (289). La déclaration d’Imam Ahmad citée plus loin n’entre pas en contradiction : il n’a authentifié que la version passant par Ibrahim al-‘Adhri, non la forme marfu‘. Malgré son caractère mursal, Ibrahim al-‘Adhri reste inconnu, comme l’indique al-Dhahabi dans al-Mizan (1/45) ; on ne le trouve nulle part ailleurs, v. Bayan al-wahm wa-l-iham (3/40). Quant aux shaykhs dont il tient le récit – selon la version, plus solide, d’al-Walid b. Muslim – ils demeurent eux aussi non identifiés.