Miftāḥ Dār al-SaʿādaIbn al-Qayyim

Cependant, il demeure recevable de dire qu’il est, à cet égard, un mandataire, comme le Très-Haut l’affirme : « Nous avons mandaté pour elle des gens. »

L’intention est que ce mandat ne concerne que ceux qui l’assument par la science et par l’action, en luttant contre ses ennemis, en la défendant, en écartant la déformation des extrémistes, les prétentions des imposteurs et les interprétations des ignorants.

Il s’agit en outre d’un mandat de miséricorde, de bienfait, de réussite et d’élection particulière, non d’un mandat dicté par un besoin, à l’image d’un homme qui confie ses affaires à autrui durant son absence parce qu’il dépend de lui.

C’est pourquoi certains Anciens ont commenté la parole : « Nous avons mandaté pour elle des gens » en disant : « Nous l’avons accordée pour subsistance à des gens » (1). De là, on ne qualifie pas celui à qui elle a été octroyée (2) et qui en a bénéficié par miséricorde de « mandataire d’Allah ».

Il en va autrement de l’appellation « allié (walî) d’Allah » issue de la walâya : l’amour et la proximité. De même que l’on dit « serviteur d’Allah » ou « Son bien-aimé », on dit « Son allié ». Allah, exalté soit-Il, se fait l’allié de Son serviteur par bienfaisance, consolation et miséricorde, tandis que la créature s’allie à un semblable pour se fortifier et se multiplier par cette alliance, en raison de sa faiblesse et de son besoin. Quant au Tout-Puissant, le Riche par excellence, — gloire à Lui — Il ne prend personne pour allié par faiblesse ni par nécessité.

Allah le Très-Haut dit : « Et dis : “Louange à Allah qui ne s’est pas attribué d’enfant, qui n’a point d’associé dans la royauté, et qui n’a point d’allié par faiblesse. Proclame Sa grandeur d’une manière souveraine.” » [al-Isrâ’ : 111]. Ainsi, Il ne nie pas de façon absolue l’existence d’un allié ; Il nie seulement qu’Il ait un allié motivé par la faiblesse. Ailleurs, Il affirme qu’Il a des alliés : « En vérité, les alliés d’Allah n’éprouveront ni crainte ni tristesse » [Yûnus : 62], et : « Allah est l’allié de ceux qui croient » [al-Baqarah : 257]. Il s’agit donc d’une alliance de miséricorde.

(1) Abu Ubayda le rapporte dans Majaz al-Qur’an, vol. 1, p. 200. (2) (H, N) : « ruziqa bihā » (« il en fut pourvu »).
ولكن يسوغُ أن يقال: هو وكيلٌ بذلك؛ كما قال تعالى: ﴿وَكَّلْنَا بِهَا قَوْمًا﴾. والمقصودُ أنَّ هذا التوكيلَ خاصٌّ بمن قام بها علمًا وعملًا، وجهادًا لأعدائها، وذبًّا عنها، ونفيًا لتحريف الغالين وانتحال المبطلين وتأويل الجاهلين. وأيضًا؛ فهو توكيلُ رحمةٍ وإحسانٍ وتوفيقٍ واختصاص، لا توكيل حاجةٍ كما يوكِّلُ الرجلُ من يتصرَّفُ عنه في غيبته لحاجته إليه. ولهذا قال بعض السَّلف: ﴿فَقَدْ وَكَّلْنَا بِهَا قَوْمًا﴾ يقول: «رزقناها قومًا» (١)؛ فلهذا لا يقالُ لمن رُزِقَها (٢) ورُحِمَ بها: إنه «وكيلُ الله». وهذا بخلاف اشتقاق «وليِّ الله» من الموالاة؛ فإنها المحبةُ والقُرب، فكما يقال: عبد الله وحبيبُه، يقال: وليُّه، والله تعالى يوالي عبدَه إحسانًا إليه وجبرًا له ورحمة، بخلاف المخلوق فإنه يوالي المخلوقَ لتعزُّزه به وتكثُّره بموالاته؛ لذلِّ العبد وحاجته، وأمَّا العزيزُ الغنيُّ ــ سبحانه ــ فلا يوالي أحدًا من ذلٍّ ولا من حاجة. قال الله تعالى: ﴿وَقُلِ الْحَمْدُ لِلَّهِ الَّذِي لَمْ يَتَّخِذْ وَلَدًا وَلَمْ يَكُنْ لَهُ شَرِيكٌ فِي الْمُلْكِ وَلَمْ يَكُنْ لَهُ وَلِيٌّ مِنَ الذُّلِّ وَكَبِّرْهُ تَكْبِيرًا﴾ [الإسراء: ١١١]، فلم يَنْفِ الوليَّ نفيًا عامًّا مطلقًا، بل نفى أن يكون له وليٌّ من الذُّل، وأثبتَ في موضعٍ آخر أنَّ له أولياء، بقوله: ﴿أَلَا إِنَّ أَوْلِيَاءَ اللَّهِ لَا خَوْفٌ عَلَيْهِمْ وَلَا هُمْ يَحْزَنُونَ﴾ [يونس: ٦٢]، وقوله: ﴿اللَّهُ وَلِيُّ الَّذِينَ آمَنُوا﴾ [البقرة: ٢٥٧]، فهذه موالاةُ رحمةٍ
(١) قاله أبو عبيدة في «مجاز القرآن» (١/ ٢٠٠). (٢) (ح، ن): «رزق بها».

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